Vidéos: Séries, les 10 plus beaux génériques

Par les temps de pluie, rien de tel que de réécouter les meilleures bandes-son des séries du moment !

Doctor Who (saison 8):

Doctor Who revient pour une saison 8 avec un Docteur plus grisonnant en la personne de Peter Capaldi. C’est également l’occasion de relooker le générique culte composé par Ron Grainer.

Game of thrones (saison 4):

Réalisé par Angus Wall et sur la musique du compositeur Ramin Djawadi, le générique de Game of thrones est devenu la marque de la fabrique de la série, donnant lieu à d’innombrables reprises.

Mad Men (saison 7):

D’un graphisme impeccable grâce à Jérémy Cox, le générique de Mad Men est sublimé par la musique de RJD2 dont le titre, A Beautiful Mine, est utilisé ici pour « l’opening ».

American Horror Story (saison 3):

Crée par Kyle Cooper et sa compagnie Prologue, le générique « destroyed » et terrifiant annonce d’emblée la couleur. A nouvelle saison, nouvelles images et nouvelle instrumentation pour cette bande-son d’anthologie.

True Detective:

La série s’ouvre sur un titre lancinant du groupe de country alternative, The Handsome Family. Le morceau Far From Any Road conduit de manière envoûtante sur les chemins moites de la Louisiane.

Penny Dreadful :

Réalisé par le compositeur polonais Abel Korzeniowski, le générique nous plonge dans les méandres horrifiques d’un Londres victorien fantasmé. La magnifique “soundtrack” de la série est disponible depuis le 19 août.

True Blood (saison 7):

Rock et sensuel, le générique de True Blood a été crée par Digital Kitchen sur le titre Bad Things du chanteur américain Jace Everett. Dans les sinuosités du bayou, cette musique entremêle tristesse, lascivité et corruption.

Outlander:

Composée par Bear MC Creary, cette variation revisite la chanson celte Skye boat qui ensorcelle autant qu’elle enthousiasme. Elle illumine avec poésie et lyrisme les terres rudes des Highlands.

Orange is the new black (saison 2):

C’est la chanteuse et compositrice Regina Spektor qui signe le générique d’Orange is the new black avec son titre You’ve got Time. Décalée et sarcastique, il accompagne à merveille la galerie de personnages hauts en couleur de la série.

Intruders:

Le musicien auteur et compositeur américain, Bear Mc Creary, signe une fois de plus un générique magnétique. Sur des fresques de l’artiste Millie Brown, le générique est glaçant et nous immerge d’emblée dans une atmosphère délétère et malsaine.

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Série The Divide : « Au coeur des divisions raciales de la société américaine »

La chaîne WE TV vient de lancer une nouvelle série policière, The Divide. Dans la veine de la série Rectify, cette fiction se déroule au cœur du couloir de la mort et interroge toutes les facettes de la justice américaine. Ce thriller que l’on doit à Richard La Gravenese parvient d’emblée à intriguer. En effet, même si la trame de départ peut sembler convenue, la série possède d’intéressantes qualités qui lui permettent de se démarquer des stéréotypes du genre.

Christina Rosa, une héroïne jusqu’au-boutiste

La personnalité de son héroïne porte cette production. La jeune Christina Rosa (Marin Ireland : Homeland) est étudiante-avocate dans une association qui s’emploie à réviser les jugements des condamnés à mort. Dans cette optique, sa démarche s’inscrit dans une course contre la montre. Dès que l’ombre d’une preuve se profile, Clark Rylance (Paul Schneider), le chef de cette équipe de la dernière chance, et Christina mettent tout en œuvre pour reporter la date de l’exécution. Deux semaines avant l’injection létale d’un homme impliqué dans le massacre d’une famille noire, Christina tente de refaire le test ADN.

The Divide ou la hantise des divisions entre communautés

Directement calquée sur les travaux de l’Innocence Project qui travaille sur les dossiers litigieux dans lesquels des innocents sont victimes d’erreurs judiciaires, The Divide se compose de huit épisodes. D’emblée, le pilot nous plonge de manière tonitruante dans les arcanes du pouvoir de cette ville qui risque de se diviser entre les communautés. Dans la galerie des personnages, le procureur afro-américain de la ville, Adam Page, occupe une place prépondérante. Celui-ci est partagé entre son devoir et sa rivalité avec Clark, ancien camarade d’université. Ce dernier combat pour la justice mais non sans arrière-pensées, contrairement à la jeune Christina, parallèlement confrontée à l’exécution prochaine de son propre père. Sa fougue, sa verve et sa persévérance séduisent car elles cachent une vulnérabilité poignante. Ce qui n’empêche pas ses visites auprès de la victime qui a assisté au meurtre de sa famille d’être particulièrement dérangeantes. En effet, elle n’hésite pas à remettre en cause la parole du témoin de manière abrupte.

Traquer les erreurs judiciaires

The Divide met donc en scène les failles du système judiciaire américain. Elle élabore une fresque bien menée des conséquences pour la société et pour les familles d’une erreur judiciaire. Jusqu’au-boutiste, Christina mène la révision des procès tambour battant. Le rythme rapide et l’enchaînement des rebondissements garantissent à The Divide un excellent suspens. Alors que le dossier semblait clos, l’affaire recèle des replis où pourraient se cacher les coupables véritables. Christina remonte donc le cours des enquêtes pour réclamer, dans un premier temps, la suspension des exécutions, puis dans un second temps, l’acquittement.

Une atmosphère sombre et oppressante

En toile de fond de cette trame, la question raciale qui se fait lancinante et qui hante l’Amérique : une famille noire qui a vécu l’horreur a-t-elle accès à une justice équitable ? Lui rendra-t-on justice de manière aussi efficace qui si elle était blanche ? C’est la crainte de ce deux poids deux mesures qui sert de fil directeur à The Divide. A mi-chemin entre le thriller et la fresque sociétale, cette série éclaire de manière convaincante les fêlures secrètes de la société américaine. Ces dernières renvoient également aux souffrances des personnages, tous incarnés par des acteurs de qualité : Clarke Peters (Treme) ou encore Ann Dowd (Master of Sex).

Dans une ambiance au réalisme sombre, The Divide offre une exploration impeccable des arcanes d’un appareil judiciaire faillible. Elle constitue une série policière qui offre ainsi une alternative crédible à la décevante série Legends qui recycle les vieilles ficelles des productions d’espionnage. A suivre sans plus attendre !

Game of thrones: Les 15 répliques inoubliables d’Arya Stark en gifs

1. “Sorrow found me when I was young, sorrow waited, sorrow won”: « La peine m’a trouvée quand j’étais jeune, peine attendue, la tristesse a gagné ».

2. “She was no little girl in the dream; she was a wolf, huge and powerful, and when she emerged from beneath the trees in front of them and bared her teeth in a low rumbling growl, she could smell the rank stench of fear from horse and man alike”: « Elle n’était pas une petite fille dans son rêve; elle était un loup, grand et puissant, et quand elle sortit de sous les arbres en face d’eux et découvrit ses dents dans un grondement sourd, elle pouvait sentir la nauséabonde puanteur de la peur aussi bien du cheval que de l’homme ».

 

3. “Wolves never cry”: “Les loups ne pleurent jamais”.

4. « I’m the ghost in Harrenhal, she thought. And that night, there was one less name to hate »:

« Je suis le fantôme d’Harrendal », pensa-t-elle. Et ce soir-là, il y eut un nom de moins à haïr ».

5. “You’re the worst shit in the seven kingdoms”: “Tu es la pire merde des sept royaumes”.

6. “Then I wouldn’t get to insult anyone” : « Et puis, je ne voudrais pas finir par insulter quelqu’un ».

 

7. “I don’t wanna be a lady”: « Je ne veux pas être une femme ».

8. “She is my sister and therefore one half of me”: “Elle est ma soeur et par conséquent une moitié de moi-même ».

9. “Someday I’m going to put a sword through your eye and out the back of your skull”: “Un jour je  planterai une épée à travers ton oeil jusqu’à ce qu’elle sorte de l’arrière de ton crâne”.

10. “Sansa can have her sewing needles, I have a Needle of my own”: “Sansa peut garder ses aiguilles à coudre, j’ai ma propre Aiguille”.  

11. “Stick them with the pointy end”: “Plante-les avec le bout pointu” (Jon Snow).

12. “Swift as a deer. Quiet as a shadow. Fear cuts deeper than swords. Quick as a snake. Calm as still water.” : « Rapide comme un daim. Silencieuse comme une ombre. La peur est plus tranchante qu’aucune épée. Preste comme un serpent. Calme comme l’eau qui dort ».

13. “I dreamt a wolf howling in the rain, but no one heard his grief…”:“J’ai rêvé d’un loup hurlant sous la pluie mais personne n’entendait sa douleur…”.

14. “I killed a boy, a fat boy like you. I stabbed him in the belly and he died and I’ll kill you too if you don’t let me alone”: »J’ai tué un garçon, un gros garçon comme toi. Je l’ai poignardé dans le ventre et il est mort et je te tuerai aussi, si tu ne me laisses pas seule ».

15. “When the snows fall and the white winds blow, the lone wolf dies, but the pack survives”: »Quand les neiges tombent et que les vents opalins soufflent fort, le loup solitaire meurt, mais la meute survit  » (Ned Stark).

Animé Sword Art Online 2: Des guns et des gamers dans un feu d’artifice d’action!

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La seconde saison de Sword Art Online s’intitule Phantom Bullet. Fondé sur le « light novel » (des courts romans pour jeunes adultes) de Reki Kawahara, cet animé est une vraie réussite. On retrouve Kirito dans un nouveau jeu de combat, non plus dédié aux duels à l’épée dans un univers fantasy, mais aux armes à feu dans une ambiance résolument cyber-punk. Asuna apparaît par intermittences en hommage au duo qu’elle formait dans la première saison avec le héros. Alors que le premier arc explorait la complexité des liens amoureux et familiaux, le second met en lumière les relations amicales entre les personnages.

« Death gun » : quand la mort virtuelle devient réalité

Après être revenu du jeu virtuel dans lequel il était prisonnier, Kirito se connecte à nouveau à son Nerve Gear pour traquer « Death Gun », un mystérieux assassin. En effet, l’un des meilleurs joueurs de la plateforme, Zexceed, vient d’être retrouvé mort à son domicile. Sur son amusphere trônait Gun Gale Online (GGO). C’est que l’inexplicable s’est produit puisque lorsque son avatar a été détruit, ce joueur est également mort dans la réalité. Ce méchant détonnant chasse les meilleurs joueurs. Qui plus est, Kirito l’aurait rencontré dans la précédente saison. L’identité de cet autre survivant constitue la principale énigme de cet animé qui se déroule dans un univers plus sombre et plus violent.

Une frontière poreuse entre virtuel et réel

Dans ce second arc, la frontière entre la réalité virtuelle et le monde réel tend à s’estomper de plus en plus. Le héros et sa nouvelle co-équipière apparaissent tous deux plus à l’aise dans leurs vies virtuelles que dans le monde réel. Avec l’aide de Sinon, Kirito s’inscrit au tournoi « Bullets of the Bullets » dans le but d’attirer l’attention de « Death Gun ».

Sinon, une héroïne forte et fragile

Sinon est une jeune fille qui subit brimades et rackets de la part de ses autres camarades de classe. Traumatisée par un braquage durant lequel elle tue le malfrat, elle n’a jamais pu se remettre de ce cauchemar d’enfance qui revient la hanter dans la réalité. Dans le monde virtuel, elle est forte et ne ressent aucune peur. Comme Kirito qui défend l’hypothèse que les deux mondes interagissent entre eux, Sinon pense que l’aisance qu’elle acquerra dans le monde virtuel la rendra moins vulnérable.

Une bande-son jubilatoire

Sublimant cette deuxième saison, le thème d’ouverture « Ignite » est interprété par la chanteuse japonaise Eir Aoi. Il enflamme d’emblée cette intrigue explosive. C’est Luna Harune et son titre « Startear »qui a été choisi pour le thème final. A la fois sensible et cocasse, Sword art online fait son retour avec des scènes savoureuses sur l’avatar féminin de Kirito. Les situations burlesques s’enchaînent avant que la gravité de l’animé reprenne ses droits.

L’escrime avec des guns

Esthétiquement, Sword art online est toujours aussi soigné. On se passionne pour la personnalité complexe de Sinon qui préfèrerait vivre dans le monde virtuel de GGO. Les combats sont chorégraphiés de manière époustouflante. Grâce à son sabre laser, le héros ravit par ses pirouettes improbables et ses stratégies pour battre ses adversaires. Kirito possède en effet un armement hybride avec une épée et un pistolet mais il n’a rien perdu de ses réflexes et de sa science des déplacements. Ce deuxième opus est donc une digne suite du premier!

Animé Parasite : « L’extinction de l’humanité dans une fresque glaçante »

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L’année 2015 promet d’être prolifique pour redécouvrir l’excellent seinen (manga pour jeunes adultes) d’Hitoshi Iwaaki. Peu connu du grand public en France, les dix volumes du manga se sont écoulés à des millions d’exemplaires dans le monde entier. En octobre dernier, le studio Madhouse a proposé une adaptation animée de ce manga culte. En outre, en décembre la première partie du « film-live », Kiseijû : Sei no Kakuritsu, a été diffusée au Japon tandis que la seconde l’a été au début de l’année. En France, ce sont les éditions Glénat qui publient le manga.

« Ils ont faim de chair humaine »

Depuis des millénaires, l’humanité règne sans partage sur la planète Terre, exploitant ses ressources tant minérales, que végétales et animales. Par l’élevage, la société humaine a pourvu à ses besoins pour survivre. Mais, un jour d’étranges sphères extraterrestres, abritant des parasites, déferlent sur Terre. Rapidement, certains habitants sont infectés par ces entités venues d’ailleurs. Leur origine est inconnue. En prenant possession de leurs hôtes, elles massacrent méthodiquement toutes les personnes qu’elles croisent. La présentation donne le ton de cet animé horrifique : « They arrive in silence and darkness. They descend from the skies. They have a hunger for human flesh. They are everywhere. They are parasites, alien creatures who must invade – and take control of – a human host to survive” (“Ils arrivent silencieusement et dans les ténèbres. Ils viennent des cieux. Ils ont faim de chair humaine. Ils sont partout. Ce sont des parasites, des créatures extra-terrestres qui doivent envahir – en en prenant le contrôle – des hôtes humains pour survivre »).

Un héros hybride

Le héros Shin’ichi est un jeune lycéen dont le cerveau a miraculeusement été épargné, lors d’une infection. En effet, il a pu arrêter la progression de son parasite en garrottant son bras. Il va vivre alors une intrigante cohabitation avec cette créature qui a fusionné avec sa main droite. Baptisée Migy, cette entité octroie des capacités surhumaines à son hôte. A présent créature hybride, mi-humaine, mi-extraterrestre, Shin’ichi développe un attachement paradoxal pour cet être qui veut tout savoir sur l’humanité. A présent, investi d’une mission, le héros s’attache à sauver les humains qui n’ont pas été encore contaminés. Mais la progression des parasites est telle qu’elle met en péril la population humaine.

Alchimie entre gore et méditations sur l’humanité

La science fiction et l’horreur se mêlent dans cette histoire qui est véritablement passionnante. Bien que la parution des mangas se soit terminée en 1995, il n’en reste pas moins que la trame fourmille de réflexions distanciées sur le comportement de l’humanité, devenue au fil des millénaires, un super-prédateur incontesté et qui trouve là des rivaux voraces. La réussite de Parasite repose sur une savante alchimie entre des scènes crues, au gore assumé, et l’hypothèse dérangeante que l’humanité ne mériterait pas de survivre. En cela, l’arrivée des parasites ne représenterait plus qu’une évolution inévitable. Enfin les moments surréalistes de complicité et d’humour entre l’extra-terrestre et Shin’Ichi tempèrent la gravité de l’histoire par un peu de légèreté. Effectivement, ce tandem improbable va s’allier et partir en croisade contre les autres parasites qui constituent un péril immédiat pour l’humanité.

Les parasites : l’avenir de l’évolution

Sublimée par une animation de qualité, l’invasion démarre par l’éclosion des œufs qui laissent apparaître des vers qui pénètrent dans le corps humain pour contaminer le cerveau de l’hôte. Une fois cette phase accomplie, le besoin primaire de s’alimenter est l’obsession de ces ogres du troisième type. Habiles dans l’art du camouflage, les parasites peuvent se fondre dans la population en arborant différents visages. Leur comportement est purement instinctif, loin des tergiversations humaines.

Une invasion éclairée par différents points de vue

Parasite suscite l’intérêt par des personnages complexes. Satomi Murano, la meilleure amie du héros l’aide à surmonter sa nouvelle condition d’hybride. En outre, l’intrigue alterne habilement points de vue des parasites et contradictions humaines de manière à éclairer avec distance les événements. Il en résulte une inflexion philosophique qui rend cette histoire très intéressante. Les questions suscitées restent en suspens et succèdent à des scènes de combat ou de dévoration superbement réalisées mais parfois insoutenables.

Une intrigue résolument pessimiste sur les êtres humains

Les nombreux rebondissements captivent de bout en bout. En effet, l’action et le gore ne sont jamais gratuits et sous-tendent une observation d’ensemble des comportements humains. Cette distanciation fait tout le sel de cette histoire où le parti-pris est inexistant. Comme les yeux exorbités et globuleux des parasites, le regard et la subjectivité des spectateurs tiennent ici un rôle primordial. En cela, la trame subjugue car les massacres des parasites trouvent leur justification naturelle dans leur statut d’espèce conquérante et dominatrice, statut que l’humanité occupait précisément avant leur arrivée. Ce renversement des rôles marque que les prédateurs sont dorénavant des proies. Il permet également de mettre en perspective le manque d’empathie des humains envers les autres espèces.

Les parasites symboles d’une humanité excessive

Le visiteur spatial, Migy, se comporte comme s’il menait une étude scientifique de l’humanité. En ce sens, il en relève avec justesse les paradoxes, les contradictions et les incohérences. Pour ces parasites, l’Homme est une créature irresponsable et leur arrivée est donc un bienfait dans l’évolution de cette espèce. D’emblée, la trame surprenante séduit. Au fil de l’histoire, on assiste à l’évolution du héros et à la modification de sa perception des parasites. Finalement, leurs carnages peuvent-ils être comparés au bétail massivement abattu par les Hommes, à la surpêche, à la chasse excessive et à une extermination progressive des espèces menant à une Sixième grande extinction? En développant ces questions cruciales, Parasite recompose le paysage planétaire en soulignant de manière lancinante que l’espèce parasitaire serait, en réalité, l’Homme.

Une fresque éminemment dérangeante

Dès lors, la mission secrète de ces parasites serait de rétablir un équilibre entre l’Homme et son environnement naturel. Par conséquent, les extra-terrestres symbolisent, en creux, les avatars grimaçant et hideux d’une humanité prisonnière de ces excès. Ces super-prédateurs sont capables d’évoluer à l’infini. Pour accompagner leurs mutations, la bande-son sera composée par Ken Arai. Aux limites de l’insoutenable, Parasite, offre la fresque glaçante d’une humanité immodérée aux prises avec ses propres démons, symbolisés par les envahisseurs.

Mutations et chairs déformées

A ce propos, leur capacité de fusionner avec l’ADN de leur hôte n’est pas sans évoquer le chef-d’œuvre de John Carpenter, The Thing (1982). Dans une base de l’Antarctique, des scientifiques norvégiens découvrent un vaisseau spatial prisonnier des glaces. A son bord, une forme de vie métamorphe, capable d’imiter à la perfection l’ADN. Dès lors, les êtres infectés sont affreusement déformés, démantibulés, dans de répugnantes et d’atroce contorsions. La bande-annonce de l’adaptation cinéma du manga expose sans fard les mutations horribles des chairs. C’est Shota Sometani qui incarne Shin’ichi Izumi. D’ores et déjà, l’ensemble est à suivre absolument !

Série Hell on Wheels saison 4: « L’aube infernale du transcontinental »

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Les séries historiques sont actuellement en vogue sur les chaînes américaines. Alors qu’History bénéficie du succès de sa série Vikings, AMC vient de lancer la saison 4 de sa série Hell on Wheels (l’enfer sur roues en référence à la locomotive à vapeur). Cette série relate l’histoire d’un ancien soldat sudiste, Cullen Bohannon (Anson Mount) qui rejoint le chantier du chemin de fer reliant l’Est à l’Ouest du territoire américain. Pour ces damnés, attachés aux rails qu’ils doivent poser dans des territoires inhospitaliers, l’errance et la violence sont des évidences. Sans concession, cette série propose un regard réaliste et désenchanté sur le rêve américain.

Le progrès technique au service de la colonisation

Loin de l’énième fiction reposant sur des faits réels, pontifiante au possible, Hell on Wheels relate sans fard, depuis quatre saisons, une conquête de l’Ouest cauchemardesque. Lupanars, meurtres, maisons de jeux, suintement et fange : tous les détails dépeignent un no man’s land où la sauvagerie des hommes n’est jamais loin. Dans le Grand Ouest, la construction de ce chemin de fer est politiquement cruciale. En effet, celui-ci rendra effective une véritable union des Etats. De surcroît, pour le gouvernement central, les vastes espaces de l’Ouest, où vivent encore de nombreuses tribus indiennes, doivent être colonisés prioritairement par les nouveaux colons qui débarquent, chaque jour plus nombreux, sur les côtes américaines. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, on suit les aventures de cet ancien soldat qui a tout perdu et qui tente, pourtant, de prendre un nouveau départ. Il trouve en la protection d’une mormone et de son nourrisson une nouvelle raison de vivre.

A la conquête des espaces immenses

Superbement filmés, les paysages grandioses apportent le souffle épique nécessaire à la série. L’hostilité de ces nouveaux espaces que le poète Emerson célébrait notamment dans Nature (1836), souligne la fragilité et l’insignifiance des hommes. Comme les pionniers de l’époque, on est happé par ces territoires sauvages où seuls les Indiens et les loups vivent. En pénétrant dans des bourgades à peine sorties de terre, on sait d’emblée que l’appel du rail sous-tend la progression conquérante des chercheurs d’or et autres colons. Une galerie de personnages hauts en couleur se déroule sous les yeux du spectateur. On y retrouve une femme pasteur qui tente d’insuffler l’espoir et la croyance en Jésus Christ à une communauté perdue. Usuriers, banquiers, chefs de chantier peu scrupuleux, cow-boys ténébreux et indiens menaçants complètent le paysage hostile de ces nouveaux territoires.

La question de la civilisation

« L’homme est un loup pour l’homme ». En partant de cette fameuse formule du Léviathan, la série Hell on Wheels aborde la monstruosité en débutant comme une vendetta puisque le héros solitaire est déterminé à venger le meurtre et le viol de sa femme. Comme l’ordre est défaillant, Cullen Bohannon s’engage de plus en plus dans le chantier pour retrouver les assassins. Les saloons aux atmosphères tempétueuses, les règlements de compte faciles, les cadavres en cours de putréfaction abandonnés sur place dans l’indifférence générale,  la cupidité et l’avidité érigées en principes pour survivre : tous ces thèmes sont remarquablement abordés dans cette série. Paradoxalement, l’avancée technique la plus remarquable de son temps – le chemin de fer – ne sème autour d’elle que mort et destruction.

Des personnages féminins plus présents

Cette saison 4 se signale par la prééminence du débat religieux. Ce sont deux femmes qui l’incarnent : la pasteur et la mormone protégée par le héros. Elles partagent une défiance similaire avant de s’apprivoiser. Ce traitement ingénieux de la condition des femmes dans l’Ouest permet de jeter une lumière nouvelle sur ces âmes en perdition ou marginalisées qu’il faut faire à nouveau rentrer dans le troupeau. La ligne ferroviaire transcontinentale est elle aussi présentée sur les encarts publicitaires comme une avancée prodigieuse qui apportera la civilisation sur des terres dites sauvages. En réalité, la religion chrétienne et celle du progrès se rejoignent dans cette fresque noire car elles symbolisent, toutes deux, des idéalismes qui se fêlent et qui volent en éclats devant la dureté des sacrifices consentis par les forçats du rail. En cela, la pasteure et Thomas Durant (Colm Meaney), l’entrepreneur véreux du chemin de fer qui sacrifie des vies pour assouvir son avidité, s’emploient tous les deux à convertir leurs ouailles. Pour la première, il faut ramener les âmes à la lumière, pour le second, ce sont ses troupes de forçats qu’il faut convaincre du bien-fondé de cette entreprise titanesque.

Une épopée désabusée

La pluie incessante, la boue, l’humidité permanente des vêtements et la saleté concordent pour donner une vision d’un monde en gestation. On y croise, hagards, les derniers Indiens qui représentent l’ancien monde. Ils assistent impuissants à la confiscation de leurs territoires. Hell on Wheels aborde avec brio les désillusions du rêve américain. Comme une balafre au milieu de territoires inexplorés, la ligne ferroviaire est le signe d’une appropriation par l’Homme blanc d’une géographie qui appartenait aux Peaux-Rouges. Cette série très noire et mélancolique réfère également aux milliers de pionniers et de forçats oubliés qui sont restés au bord des rails lors de la construction du chemin de fer. Ce chantier pharaonique a non seulement été un scandale financier retentissant mais aussi un carnage en vies humaines. Pour ces décors majestueux, son casting soigné et les réflexions qu’elle suscite, la saison 4 de Hell on Wheels est toujours aussi excellente ! A suivre absolument !