Intrusion : « Un thriller kafkaïen sur Arte ! »

 

Primée dernièrement au festival fantastique de Luchon, la mini-série Intrusion arrive ce 28 mai sur Arte. Ce thriller kafkaïen plonge le spectateur dans un univers oppressant aux frontières de la folie. La réalisation soignée de Xavier Palud revisite le thème du double en trois épisodes haletants.

Philippe Kessler, un pianiste en vogue, voit soudain sa vie basculée lorsqu’il s’imagine faire des fausses notes lors de ses concerts. D’hallucinations auditives en hallucinations visuelles, le musicien perd pied. Ces phénomènes semblent être liés à la disparition dix ans plus tôt de son frère jumeau Marc. L’intrigue navigue savamment entre réalité et psychose en brouillant les pistes. Éminemment complexe, la trame ne se laisse pas saisir facilement.

Une béance mentale vertigineuse

A nouveau envahi par cette blessure mal cicatrisée, le héros tente de lutter contre ses propres délires. Le double disparu se révèle terriblement présent. Dans les reflets, dans le regard des autres, Philippe Kessler ne se reconnaît plus comme hanté par une entité qui n’est pas lui. En proie à l’abîme vertigineux et terrifiant dévoilé par sa béance mentale, le héros n’a plus l’impression de vivre sa vie. Il semble dépossédé de son existence par un souvenir, par la culpabilité ou par le fantôme de son frère.

Un Black Swan dans l’univers de la musique classique

La mise en scène laquée de noir est un bijou esthétique froid et lisse. Comme dans le film Black Swan de Darren Aronofsky, lorsque les premiers doutes sur la réalité s’immiscent dans l’esprit du personnage, tout bascule. On se souvient notamment des jeux de miroirs lors des répétitions des danseuses de ballet.

Une esthétique lisse et sourdement monstrueuse

La mini-série Intrusion décline la même esthétique apparemment lisse et sourdement monstrueuse. En effet, dans l’ombre des coulisses le double terrifiant est à l’affût. Si Black Swan symbolisait la métamorphose de l’héroïne par le cygne noir, terrible et magnifique, Intrusion met en scène les hallucinations et le basculement du héros avec le même sens symbolique. La beauté sombre mime le double qui possède peu à peu le héros. Jonathan Zaccaï incarne avec brio ce héros tourmenté qui ne sait plus où il est en est.

Entre fantastique et paranoïa

Les interrogations fusent dès le premier épisode. Le héros est-il devenu schizophrène ? Est-il en réalité Marc, ce frère jumeau, et sa vie de pianiste n’est-elle qu’un délire ? Ou bien traverse-t-il tout simplement une grave phase de dépression ? Entre fantastique et paranoïa, ce thriller se révèle efficace et très prenant. Il maintient le suspense jusqu’au bout en préservant une fin inattendue.

« Unheimliche » : l’ inquiétante étrangeté

Intrusion maintient le doute en permanence sur les perceptions du personnage. Est-ce la réalité ou des hallucinations ? Dans cette fable sombre, l’onirisme côtoie la psychose. Magnifiquement interprété par un Jonathan Zaccaï inquiétant à souhait, le héros donne à voir une intériorité qui engendre une immersion exigeante et passionnante. A découvrir sans réserve ce 28 mai sur Arte !

The Missing : « Un polar où la sensibilité côtoie la tragédie familiale sur France 3 »

Diffusée par BBC One, l’excellente série britannique, The Missing, arrive tous les jeudi soir sur France 3. Brillamment réalisé et très prenant, ce polar explore le drame d’une famille confrontée à la disparition de leur unique enfant.

Lors de vacances en France dans la bourgade fictive de Chalons du Bois, Tony Hughes, incarné par l’acteur irlandais, James Nesbitt et sa femme Emily (Frances O’Connor) doivent faire face à la disparition de leur garçon de quatre ans. Le père, lors d’un moment d’inattention, le perd de vue. C’est un soir de 2006, un soir de coupe du monde. Les rues sont en liesse car la France vient de battre le Brésil en quart de final.

Une famille dévastée

La disparition d’Oliver sonne en même temps la fin du couple parental. Le père brisé par la culpabilité se noie dans l’obsession de son fils comme il se noie dans l’alcool. La prouesse de la série est de donner à voir avec pudeur la détresse d’une famille confrontée au silence de la police qui ne l’informe qu’au compte-goutte et au harcèlement de la presse. Avec sensibilité et en évitant le pathos à outrance, The Missing délivre une leçon d’humanité. L’intrigue se répond avec finesse lorsqu’elle fait coïncider la trame narrative de 2006 avec celle qui a lieu huit ans plus tard. Alors que les recherches sur le petit Oliver ont été arrêtées, son père découvre avec l’aide d’un ancien policier à la retraite un nouvel indice qui va relancer l’enquête.

Une fresque poignante et terrifiante

Tout en lenteur, mais jamais ennuyeux, The Missing égrène la descente aux enfers d’un père alors que son ex-femme est parvenue à refaire sa vie en Angleterre. Si leur fils est porté disparu, le père s’est volatilisé en même temps en n’étant plus que l’ombre de lui-même. Les acteurs principaux portent cette fresque à la fois poignante et terrifiante. Se raccrochant à un mince espoir, Tony Hughes est épaulé par un policier français (Tcheky Karyo) qui se penche à nouveau sur l’enquête. Huit ans après, la mère, le père et le policier se retrouvent hagards et vieillissants pour connaître enfin la vérité. Entièrement tournée en Belgique, la série marie les paysages austères du Nord à la détresse du père errant.

La quête éternelle du père

En huit épisodes très subtils, l’intrigue se déploie en maintenant un dénouement inattendu et des effets de surprise efficaces à chaque fin d’épisode. La disparition tragique de l’enfant coïncide avec le début de l’enfer juridique et médiatique pour des parents qui vont aussi devoir affronter cela. Traversant ces épreuves avec courage, le couple parental se distend cependant inexorablement. C’est que l’on comprend peu à peu que la quête de Tony Hughes ne prendra jamais véritablement fin. En somme, la disparition de son fils a fait de lui un spectre qui revient hanté les lieux où son fils a disparu. Sa vie s’est arrêtée en 2006. Beauté des images et finesse d’écriture font de cette série puissante et sensible la belle surprise à découvrir ce jeudi soir 14 avril sur France 3 ! A voir absolument !

« Mr Pickles, la série animée malsaine et déjantée qui s’apparente à un Sodome et Gomorrhe télévisuel »

Sur la chaîne américaine Adult Swim, coutumière des shows sulfureux, la série animée Mr Pickles n’est pas passée inaperçue. Pastiche cru et hyper gore de Lassie et de Rintintin, elle met en scène une famille ordinaire les Goodman qui vivent sans le savoir avec un chien démoniaque qui enchaîne les horreurs. Cette série déjantée est à prendre pour ce qu’elle est : une collection de tableaux sadiques et horrifiques sans de véritables liens scénaristiques entre eux. Comme un Sodome et Gomorrhe télévisuel, Mr Pickles est une fresque infernale qui oscille entre le malsain et le déjanté. Pour les plus de dix-huit ans.

Voyage au bout de l’Enfer

Mr Pickles, le chien des Goodman adore les cornichons. Cet adorable chien passe en réalité son temps à révérer le Diable lors de rites sacrificiels et à éviscérer des gens pour le plaisir. Si South Park est une série animée également coutumière de la vulgarité et des scènes d’orgies sataniques, de plus ou moins mauvais goût, comme dans le « Noël des petits animaux de la forêt», elle le fait de manière sporadique. Au contraire, Mr Pickles, composée de dix épisodes, repose entièrement sur l’exhibition d’une cruauté sans retenue. Trash au possible et voisine des slashers cinématographiques, Mr Pickles ne fait pas dans la dentelle. Comme dans le théâtre de la cruauté au XVIe siècle où les crimes s’enchaînent sur le plateau au point de paraître cocasses tant il y a de cadavres, la série animée joue sur le plaisir coupable du spectateur à contempler une fresque sanglante.

Sexe, boucherie et difformités

Dans cette perspective, le chien gentillet, membre de la famille modèle des séries acidulées, se transforme en un monstre de perversité obsédé sexuel, boucher et « forniqueur invétéré ». Si l’overdose est proche et qu’elle n’est pas sans susciter le malaise, c’est que les créateurs de la série, Will Carsola et Dave Stewart, déversent de manière ininterrompue des vomissures et des ignominies en proposant une galerie de personnages affreux. La famille Goodman nage au milieu des autres habitants de la bourgade: obèse accroc à la mayonnaise, la peau cireuse et tombante, ou encore voisine hystérique et dégénérée en la personne de l’envahissante Linda. Tous sont difformes et monstrueux comme le jeune maître monstrueusement aveugle et niais de Mr Pickles. Les difformités physiques côtoient les déviances morales les plus affreuses.

Une relecture hallucinée du Jugement Dernier de Jérôme Bosch

De ce fait, si la niche de Mr Pickles se révèle l’antre de la Bête maléfique, seul le grand-père inaudible essaie de révéler ce terrible secret. L’antre immense recèle des cadavres et abrite des disparus tourmentés en permanence. Cette vision de l’Enfer n’est pas sans rappeler plusieurs peintures de Jérôme Bosch : La Messe Noire ou encore L’Enfer musical avec au centre le célèbre Homme-Arbre. Comme ces hallucinations démoniaques et esthétisées, la série animée Mr Pickles est une plongée au sein d’une humanité qui a inexorablement chuté. Elle propose une relecture hallucinée du triptyque de Jérôme Bosch intitulé Le Jugement Dernier. Dès lors, la ville elle-même est une nef des Fous car elle est peuplée de décérébrés.

Un conte cynique et absurdement noir

Misant sur une chaîne ininterrompue de transgressions, allant de la zoophilie, à l’éviscération en passant par les expérimentations insoutenables, Mr Pickles se vautre dans le vice et dans le sang. Le second degré incarné par le générique tonitruant où un chanteur de Heavy Metal félicite Mr Pickles par un « good boy » endiablé, donne le top départ de 45 minutes d’horreur traitées par un second degré qui n’empêche pas la gêne. Aussi, est-on partagé entre la surprise provoquée par des scènes originales et le malaise du à la répétition incantatoire. Cette fable extrêmement noire sur la nature humaine sombre souvent dans une vomissure absurde. Cette anti-comédie assume ses déviances pour susciter un rire étrange, sorte de ricanement incrédule. C’est qu’il faut regarder Mr Pickles comme une variation autour du cauchemar éveillé. Les personnages sont en cela hallucinants et hallucinés. Nul besoin de faire sens pour cette série. Ce n’est pas son but. Précisément, elle exhibe la modernité comme une absurdité infecte. La devise punk « no future » s’accole parfaitement à cette série animée, sorte d’American Dad trash et gore. Malsaine et cynique, la série assume de mettre en scène un suppôt de Satan sous l’apparence d’un chien invincible et malicieux.

Un éloge du rire sardonique

La représentation du sang et de la cruauté n’est pas neuve, Mr Pickles le fait de manière trash pour caricaturer avec outrance les séries familiales acidulées et les dérives de notre époque. Le meilleur ami de l’Homme devient ici son pire ennemi. Comme dans une messe noire, Mr Pickles inverse tous les codes. Clairement, le contre-pied vise autant à choquer qu’à surprendre. Le rire n’intervient pas forcément devant la crudité de certaines scènes. Reste que l’on ne peut enlever à Mr Pickles de représenter un carnage avec cynisme et avec second degré pour mettre à distance une horreur démesurée. Comme dans Titus Andronicus de Shakespeare où le héros éponyme traverse les tourments les plus atroces et finit par rire de ses malheurs, l’outrance de la cruauté amène un rire sardonique. On ne rit pas de bon cœur devant Mr Pickles, on est maltraité par cette série, sidéré et estomaqué par certaines scènes violentes et gore. C’est le seul but de Mr Pickles. Pour les estomacs bien accrochés et à prendre au troisième degré. Âme sensible s’abstenir. Pour les plus de dix-huit ans.

Vidéos : Top 15 des séries US actuellement incontournables !

Mon top personnel et donc subjectif des séries US incontournables en ce moment. Voici mon classement des 15 séries cultes ou en passe de le devenir, de la première à la quinzième place. En lien mes critiques précédentes.

1. True Detective: OCS City

 

2. Fargo: Netflix France

3. Hannibal: Canal + Séries

4. Penny Dreadful : Netflix France

5. Banshee: Canal + Séries

6. American Horror Story: Ciné + Frisson

7. Daredevil: Netflix France

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8. The Knick: OCS City

9. Hell on Wheels: OCS Choc

10. Vikings: Canal +

11. Marco Polo: Netflix France

12. Better Call Saul: Netflix France

13. Kingdom: OCS

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14. The Walking Dead: OCS Choc

15. Game of Thrones: OCS City

Fear the Walking Dead : « Au chevet des zombies »!


Prévu pour cet été, le spin-off de «The Walking Dead» livre peu à peu de nouveaux indices sur sa trame. Voici ceux qui lèvent une partie du mystère.

La chaîne américaine AMC est peu loquace sur son show événement de six épisodes. Dave Erikson, le créateur et producteur de la série a cependant donné quelques indices sur cette série estivale très attendue. Fear the Walking Dead traitera davantage de l’épidémie virale qui a causé l’apparition des zombies. L’intrigue se passe alors que Rick, le shérif héros de The Walking Dead, est dans le coma (il se réveille lors de la première scène de The Walking Dead).

La série relate donc les événements survenus lorsque qu’il n’était pas conscient. L’histoire suit une famille recomposée, plongée dans le marasme de l’écroulement des institutions impuissantes face à la propagation de la pandémie. Malheureusement, il n’y aura pas de révélation sur les origines de la maladie. La série horrifique exploite une atmosphère angoissante et qui anticipe les massacres et la survie présents dans The Walking Dead. En choisissant de relater des moments de vie quotidienne avant la catastrophe mondiale, Fear The Walking Dead s’inscrit dans un nouveau traitement du mythe des zombies.

Le film Maggie avec Arnold Schwarzenegger, qui sort fin mai, raconte notamment comment un père va tout faire pour soigner sa fille du « zombisme ». Il s’agit de lui éviter une quarantaine qui apporte une mort assurée du patient, quitte à mettre en danger le reste de la population qui n’a pas encore été infectée. Dans cette veine, la série appréhende l’horreur intérieure de proches contraints de tuer des membres de leur famille qui ne sont pas encore tout à fait transformés en zombies. Cette lente dégringolade dans l’horreur absolue possède des prémices plus terrifiantes encore. Fear the Walking Dead dépeint le moment charnière où le monde « normal » bascule dans une terrifiante étrangeté. Face aux hésitations des personnages qui ne savent si la maladie est réversible ou bien s’il s’agit d’un empoisonnement, la tension devient croissante car les cas se multiplient.

Enfin, cette nouvelle série sur les zombies devrait coïncider chronologiquement avec The Walking Dead mais aucune rencontre entre les personnages de ces productions n’est prévue pour l’instant. Reste que le casting se compose de Cliff Curtis (Gang Related) qui joue Travis, un professeur divorcé, de Kim Dickens (Deadwood) qui incarnera sa femme Madison. On retrouve Alycia Debnam Carey (The 100) et Frank Dillane dans les rôles de ses enfants, Alicia et Nick. Elizabeth Rodriguez (Orange is the New Black) complète le casting. Robert Kirkman insiste sur le fait que les zombies vont revenir aux premiers plans de cette nouvelle série qui s’intéressera notamment au passage de l’humain au zombie en montrant les différentes phases de la pathologie. Enfin, l’action se déroule en Californie et non en Géorgie comme dans la série d’origine. Dans la bande-annonce, un homme à la radio enjoint les habitants à rester chez eux et à se soigner s’ils ne se sentent pas bien. Très prometteuse, la série suscite déjà beaucoup de curiosité, à scruter !

Texas Rising : « History revient aux origines de la guerre du Mexique dans une fresque épique! »


La chaîne américaine History propose Texas Rising depuis le 25 mai. Cette cette mini-série de 10 heures a été produite spécialement pour les commémorations de la conquête du Texas face aux Mexicains. Série historique soignée et western enthousiasmant, Texas Rising nous plonge dans la naissance tumultueuse de l’État du Texas. 

Texas Rising relate le combat pour l’indépendance du Texas et la création d’un État. Elle fait notamment la part belle à la naissance des fameux Texas Rangers. En 1836, le général Sam Houston affronte le général Santa Anna, chef des forces mexicaines. Roland Joffé (The Mission) dirige Texas Rising. Relatant de manière sombre et sanglante l’avènement d’un des plus importants états des futurs États-Unis, la série nous plonge dans un univers chaotique. le Texas est pris en tenaille entre les Comanches qui refusent de quitter leurs terres ancestrales et les Mexicains, menés par Santa Anna, qui défendent ce qu’ils estiment être aussi leur nouvelle conquête. Résolument épique, la série présente des confrontations entre des personnages sanguinaires et sans scrupule. On l’aura compris, il n’y a ni bon, ni méchant dans cette lutte à mort.

Produite par Leslie Greif et écrite par Tedd Man, à l’origine de l’excellent Hartfields and McCoy, cette série historique de qualité relate notamment l’épopée de Sam Houston, le gouverneur de l’État du Tennessee qui finira par remporter la victoire. Un casting de qualité donne du souffle à cette fresque historique et épique. On retrouve notamment Bill Paxton, Brendan Fraser, Jeremy Davies, Ray Liotta, Olivier Martinez et Christopher McDonald. En outre, la série bénéficie d’une bande-son remarquable dont le premier titre « Take Me To Texas » a été composé par Brandy Clark. On pourra toujours regretter les traits d’humour qui ne font pas mouche et la tendance de la série à représenter les héros de manière trop monolithique, il n’empêche les images sont superbes. Cette mini-série rééxplore les mythes de Fort Alamo et des Rangers en proposant une fresque élégante, sobre et violente comme à la grande époque des westerns spaghettis. A ne pas manquer!

Between : « Le thriller survivaliste et fantastique de Netflix »

Disponible dès le 22 mai sur la plateforme Netflix France, la nouvelle création de Michael McGovan s’intitule Between. Cette série de six épisodes est un thriller haletant fondé sur le décompte des cadavres dans la bourgade de Pretty Lake. Sur le modèle d’Under the Dome et s’inspirant notamment de la nouvelle de Stephen King, Les Enfants du maïs, la série repose sur une ambiance glaçante. Isolée du monde extérieur, la petite ville est aux prises avec une inexplicable épidémie. Toute la population est décimée sauf les jeunes gens âgés de moins de vingt-et-un ans. Désemparés, ceux-ci se séparent en deux clans. Les premiers veulent trouver un remède à la maladie et sauver le plus grand nombre, les seconds veulent instaurer la désorganisation et l’anarchie. L’absence d’adultes et le désespoir justifient, à leurs yeux, les jeux les plus malsains et les plus monstrueux. Les jeunes survivants devront donc faire leur choix. Sur un mode plus sombre que la série The 100, ce thriller ne laisse aucun répit au spectateur. La tension et la peur s’insinuent partout car certains des survivants ne sont pas dignes de confiance et peuvent se révéler pires que l’épidémie.

Entre complot d’état et paranoïa, les explications de la pandémie trouvent des relais plus ou moins farfelus parmi les survivants. Tous les fantasmes peuvent naître dans un endroit où les institutions ont été détruites. La série ne se réduit pas simplement à un show survivaliste car elle ménage des effets de surprise convaincants. Pretty Lake se révèle le théâtre d’une sorte d’expérimentation psychologique grandeur nature. Même si Between ne révolutionne pas le genre des thrillers survivalistes, il se révèle tout de même un divertissement agréable !

Vidéos : Les 5 nouvelles séries américaines les plus prometteuses !

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1/ Minority Report (FOX)

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Dix ans après les événements relatés dans le film éponyme, la série se déroule lors de la disparition de la société Précrime qui exploitait des humains mutants et leurs visions pour prévoir des crimes. A présent libres, les précogs essaient de reprendre une vie normale. Malheureusement, Dash est persécuté par ses incessantes visions. Il rencontre Lara Vega, une détective, qui pourrait l’aider à utiliser son don à bon escient. On doit le scénario de cette série événement à Max Bornstein.

2/ The Frankenstein Code (FOX)

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Rob Kazinsky (True Blood) incarne une créature de Frankenstein nouvelle génération dans cette série qui revisite le mythe. Plus précisément, il est ramené à la vie dans un corps plus jeune. Dans son ancienne vie, il était Pritchard, un policier à la retraite corrompu et malhonnête. Son retour à la vie sonne comme une seconde chance. Reste à savoir quelle voie il empruntera entre le Bien et le Mal.

3/ Blindspot (NBC)

NBC propose dans sa nouvelle grille des programmes, la nouvelle création de Martin Gero. Blindspot relate la découverte dans un sac au milieu de Times Square d’une jeune femme recouverte de tatouages. Jaimie Alexander incarne cette héroïne amnésique. Rapidement, Kurt Weller, un agent du FBI joué par Sullivan Stapleton, découvre que chaque tatouage donne un indice sur un crime non-résolu. Démarre alors une course contre la montre pour connaître la véritable identité de la jeune femme et comprendre ce qui lui est arrivé.

4/ Wicked City (ABC)

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En 1982, dans les quartiers chauds de Los Angeles, un crime a été commis en 1982. Scénarisée par Steven Baigelman, cette nouvelle série policière suivra l’enquête de détectives et de journalistes qui traquent un tueur en série. Celui-ci tue des femmes à Sunset Trio, haut-lieu de la drogue et du rock’n roll. Dans cette ambiance électrique et survoltée, les investigations s’annoncent longues et semées d’embûches pour les jeunes enquêteurs.

5/ Of Kings and Prophets (ABC)

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Nouvelle création d’Adam Cooper et de Bill Collage (Exodus), cette série épique et aux faux-airs bibliques nous entraîne dans l’histoire des ambitions d’un roi assoiffé de pouvoir. Le vieux roi fait appel à un prophète fourbe et calculateur pour qu’il le conseille. Seul un jeune berger, innocent et honnête, peut sauver la situation. Sur fond de guerres, de trahisons et de tractations politiques, Of Kings and Prophets s’annonce comme une saga spectaculaire.

« Kingdom, une ode brute au combat, cet été sur OCS tv »

Kingdom - Frank Grillo  - série de MMA

L’excellente série Kingdom diffusée depuis octobre dernier sur la chaîne américaine Direct tv arrive cet été en France sur OCS tv. Une très bonne pioche qui relate un drame familial dans le milieu du MMA (Mixed Martial Arts). Ce sport de combat mêle attaques des pieds et des poings de combattants enfermés dans une cage.

Un ancien champion de MMA, Alvey, met tout son cœur à faire fonctionner une salle de combat à Venice Beach en Californie. Avec sa compagne Lisa, il fait vivre tout un quartier déshérité et gangréné par la drogue en permettant aux jeunes d’échapper aux gangs. Ryan, son ancienne étoile montante, revient en quête d’échappatoire et de rédemption alors qu’il vient tout juste de sortir de prison. Il aimerait suivre les pas de Nate, le fils d’Alvey qui se bat pour tenir la route, au contraire de son frère, Jay. Cet ancien combattant a raccroché. Il vit de larcins, se drogue, boit, participe à des sales coups. Cependant, ce bad boy fantasque cache un lourd secret. Il n’a jamais pardonné à son père d’avoir abandonné sa mère junkie, obligée de se prostituer pour payer sa dose.

Avec sobriété et justesse, Kingdom esquisse le paysage disloqué d’une famille en déshérence. Magnifiquement filmées, les scènes de combat sont vibrantes de sincérité et d’émotion. Elles symbolisent la volonté farouche des personnages de se libérer de leur milieu crasse soumis aux dealers. La scène d’ouverture plonge d’emblée le spectateur dans cette lutte effrénée et perdue d’avance. Alvey met chaos deux malfrats, déclenchant sans le vouloir des représailles terribles. La guerre est déclarée.

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Dans cette série magistrale et fine, les combats sont multiples. Nate se bat pour la reconnaissance de ses pairs mais aussi pour obtenir la fierté de sa famille. Jay lui se bat pour sa mère en ne pouvant éviter sa propre déchéance. Ryan, le repris de justice, veut se racheter une conduite en reprenant le combat. Tous veulent se libérer de leurs addictions, de leurs peurs, de leurs démons. Si les corps sont sculptés et obéissent à une discipline draconienne, les âmes sont fragiles. C’est que la salle de combat n’est pas seulement un exutoire, elle est aussi un refuge. Son existence même est un pied de nez aux gangs, un signe de résistance.

Emprunter la voie du bien par la lutte, c’est l’objet de la série Kingdom. Extrêmement sombre, noire, pessimiste et grave, elle est une ode brute au combat. L’univers viril retranscrit la dureté d’une Amérique intemporelle. Tout se gagne par ses propres moyens, sans compter sur quiconque. Ceux qui s’écroulent comme Jay sont condamnés à la descente aux enfers. Cette série formidable a déjà été renouvelée pour deux saisons que l’on retrouvera à l’automne 2015 et en 2016. A déguster cet été sur OCS tv !

Drôle et tendre, Grace and Frankie fait mouche sur Netflix !

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Netflix propose une nouvelle comédie de treize épisodes qui aborde avec tendresse et humour l’histoire de deux couples de plus de 70 ans qui se déchirent. C’est Martha Kauffman (Friends) à qui l’on doit cette nouvelle production qui met en scène avec originalité des acteurs et actrices âgés. Sans misérabilisme mais avec un grain de folie qui fait mouche, Grace et Frankie sont confrontées à la révélation de leurs maris respectifs: ils entretiennent une liaison amoureuse depuis plus de vingt ans et ont décidé de se marier.

Sortir du placard à plus de 70 ans et s’offrir une nouvelle vie alors que l’on a déjà fondé une famille trente ans plus tôt, tel est le canevas de départ de cette production qui sort des sentiers battus. L’intrigue repose sur les allers-retours entre le duo improbable formé par Grace et Frankie qui ne se supportent pas et les deux amoureux Robert et Sol. Le quatuor formé par Martin Sheen (Robert), Sam Waterston (Sol), Grace (Jane Fonda) et Frankie (Lily Tomlin) est absolument savoureux. Alors que les premiers filent le parfait amour dans des scènes de la vie ordinaire, leurs futures ex-épouses sont au bord de la crise de nerfs.

Une improbable et touchante amitié née entre les deux femmes délaissées. Ces nouvelles Thelma et Louise du quatrième âge enchaînent les situations cocasses qui font plus sourire que rire aux éclats. Cependant, leurs oscillations entre dépression et volonté de remonter la pente coûte que coûte sont un régal. Leurs enfants ne sont pas en reste puisqu’ils ne savent comment réagir face à cette nouvelle situation.

Cette comédie transpose avec ironie le « coming out » dans deux familles américaines types, l’une bourgeoise, l’autre hippie et ses conséquences drôles ou plus tristes qu’il présuppose. Confrontées à cette nouvelle, les épouses se réfugient dans une amitié féminine consolatrice tandis que leurs enfants ne savent quel parti prendre. Abordant sans ambages la sexualité des plus de 70 ans, la série s’inscrit clairement dans un fait de société, celui du vieillissement de la population. L’espérance de vie plus longue donne lieu à un traitement des vieux jours non plus comme des moments de paix à deux mais comme un bouleversement inattendu.

Il est aussi pertinent de voir comment la comédie aborde la place des personnes âgées. Lors d’une scène particulièrement drôle, Grace et Frankie sont magistralement ignorées par un vendeur qui préfère servir une jeunette. Invisibles, les deux femmes se mettent à hurler à tue-tête avant que Grace ne se répande en invectives. La scène se termine dans la voiture où Frankie révèle qu’elle ne s’est pas gênée pour voler un paquet de cigarette. Puisqu’elle n’existe plus, elle peut faire ce qu’elle veut.

Dans un souffle optimiste revivifiant, Grace et Frankie martèle que la vie ne se termine pas à 70 ans et que les nouveaux départs peuvent aussi attendre le nombre des années. Cette fable moderne est une ode à la vie. Somme toute, comme leurs maris, les deux femmes commencent de vivre une deuxième fois au crépuscule de leur vie. Cette comédie n’est pas comparable à Transparent car elle n’a pas les mêmes ambitions. Plus légère et drôle, elle n’a pas la gravité du show d’Amazon qui met en scène un professeur de fac qui révèle sa transsexualité à sa famille après des années passées à se cacher. Dans Grace et Frankie, le rire n’est jamais triste. Résolument légère, la production transforme la séparation comme une chance à saisir pour les deux femmes. Les deux héroïnes vont vivre différemment. Ce n’est pas si souvent que l’amitié féminine est représentée avec autant d’acuité et c’est un vrai régal ! Jane Fonda et Lili Tomlin forment un duo drôle et attachant. A regarder sans modération dès à présent sur Netflix!

The Knick : « Soderbergh explore les débuts de la chirurgie avec maestria ! »

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Le 8 août dernier Cinemax lançait l’ambitieuse série médicale de Soderbergh. Alors que la nouvelle saison est attendue cet automne, on revient sur cette série atypique qui dissèque autant les arcanes de la médecine que celles de ses personnages tourmentés. Steven Soderbergh délivre avec maestra une fresque glauque et immersive dans le New-York sale et putride des années 1900. Loin des bleuettes d’Urgences ou de Grey’s Anatomy, la série propose un réalisme historique qui renouvelle le genre.

Un tempo oppressant

Tout au long des épisodes, la musique électronique de Cliff Martinez fait merveille. C’est à lui que l’on doit la bande originale du film Drive. Éminemment lancinante, elle accompagne le sang des patients s’égouttant dans des bocaux. Ce rythme mime à la fois les battements de cœur des médecins lors d’opérations au stade expérimental et l’angoisse de l’assistance. Portée par Clive Owen (Sin City, La Mémoire dans la peau), la série donne à voir la médecine comme un territoire inexploré. Les possibles sont permanents, les innovations thérapeutiques aussi. C’est dans ce tourbillon que le docteur John Thackery exerce. Après le suicide de son mentor, le docteur Christiansen, il devient chef du service de chirurgie du Knick. Agissant comme un pionnier de la chirurgie, Thackery est aussi brillant que fragile. Ses fulgurances, qui permettent des avancées majeures, sont assorties de séances de shoot dans une fumerie d’opium.

«Quoique ce soient des folies, il y a pourtant de la suite là-dedans »

Ténébreux et génial, John Thackery relève autant de l’artiste maudit que du médecin. Dans l’hôpital Knickerbocker, les opérations ont lieu devant un parterre de collègues et d’étudiants. L’assistance est médusée, le spectateur aussi. Véritable spectacle dans le spectacle, la mise en abyme est flagrante quand les soignants évoquent l’hôpital comme un « cirque ». Les facettes sont multiples. Tant les égos surdimensionnés lancés de manière éperdue dans la course à la découverte historique, que les corps charcutés sur les tables d’opération, participent du spectacle scientifique. Alors que Thackery tente d’anesthésier un patient en lui injectant de la cocaïne entre deux vertèbres, il cite Shakespeare en réponse à la nouvelle recrue, Algernon Edwards, qui le tient pour fou : « Though this be madness, yet there is method in’t ». Cet aparté de Polonius dans Hamlet résume l’audace qui caractérise le héros, nouveau Docteur Jeckyll. Dans son exploration médicale, il crée ses propres instruments chirurgicaux et les teste sans scrupule sur ses patients condamnés. C’est que chaque victoire momentanée sur la mort se paye au prix fort.

Des personnages tourmentés

Cette série très sombre expose sans fard les opérations chirurgicales, les plaies purulentes et les blessures à vif. Les corps arcboutés de douleur tranchent avec l’ambiance légère et romantique des séries médicales traditionnelles. En s’ouvrant sur une césarienne manquée, la fiction met en scène une chirurgie balbutiante. Tenant de la méthode européenne, Algernon Edwards (Andre Holland) se révèle un allié précieux de Thackery. Cornélia Robertson (Juliet Rylance) incarne une philanthrope idéaliste, fille du principal donateur de l’hôpital. Chacune des blessures intérieures du trio suscite un vif intérêt.

New-York, miroir aux alouettes

En ce début de XXe siècle, la chirurgie n’est pas la seule à subir des mutations profondes. Les industries foisonnantes fracassent plus souvent les rêves des ouvriers qu’elles ne les exaucent. La course au progrès ne doit pas être entravée, quitte aux sacrifices nécessaires. Ainsi, chaque opération qui échoue permet de perfectionner une méthode qui réussira ultérieurement. Déjà, on installe pour la première fois l’électricité dans les couloirs de l’hôpital. Le New-York des années 1900 est un personnage à part entière dans cette série. Les décors soignés abritent un matériel chirurgical que l’on pourrait trouver dans un cabinet de curiosités. La ville tentaculaire absorbe et broie des migrants venus l’Europe entière, attirés par la promesse d’une vie meilleure. Sans concession, la série montre une réalité moins reluisante où les nouveaux arrivants s’entassent dans des gourbis crasseux propices aux épidémies. La reconstitution impeccable des rues fiévreuses dépeint la dualité d’un temps tiraillé entre traditions religieuses et progrès scientifiques.

Un monde sans pitié : drogue, gore et gros sous

Ce New-York en pleine croissance exhale des bas-fonds putrides. De ces derniers suintent la mesquinerie, la misère, les compromissions et le malheur. Thackery fréquente assidument des lieux de perdition où il se noie dans la cocaïne et l’opium. Lupanars, fumeries d’opium sont esquissées par des images hallucinatoires. Les ambulanciers patibulaires, les nonnes narquoises et les inspecteurs corrompus composent un panorama sinistre. Personne ne s’embarrasse de patients qui ne peuvent payer les soins. La « santé » financière de l’hôpital prime car la santé est un business comme un autre. La violence est partout. Aussi bien dans les rues de New-York que dans les couloirs de l’hôpital qui se révèle un havre de paix illusoire.

Une esthétique sombre et envoûtante

L’une des infirmières, jouée par la fille de Bono, accompagne le docteur Thackery dans sa chute. Elle-même sombre dans la drogue. Cette spirale infernale menace les personnages comme une épée de Damoclès. Tantôt le héros s’ingénie à préserver les apparences, tantôt sa démence éclate avec fureur. Clive Owen incarne un héros moderne : froid, intransigeant et vulnérable. The Knick concilie avec brio une esthétique sombre et envoûtante avec le réalisme sanglant des chairs béantes sur les tables d’opérations. Cette série rend compte des débuts de la chirurgie en n’épargnant rien de ses horreurs morales. The Knick évoque donc avec maestria ces temps troublés où des pionniers de la chirurgie se défient pour parvenir à des découvertes retentissantes. La série de Soderbergh s’impose comme une fiction incontournable du genre médical. C’est un régal, à découvrir de toute urgence, si ce n’est déjà fait !

Bates Motel : « La saison 3 met en scène la psychose de manière éminemment dérangeante !»

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Depuis 2013, la série Bates Motel est diffusée sur la chaîne américaine A&E. Narrant l’adolescence trouble de Norman Bates, le tueur psychopathe du célèbre film d’Hitchcock, la série entre enfin dans le vif du sujet avec une saison 3 qui suit les errements du héros en proie au délire. Le dernier épisode de ce nouvel arc narratif est diffusé ce soir, l’occasion de faire le bilan de cette excellente saison.

Malgré les digressions parfois observées dans les deux premières saisons, Bates Motel se centre avec brio sur la folie du personnage principal dans ce nouvel arc narratif. L’inexorable avancée de la pathologie et l’aveuglement coupable de Norma rendent compte de la tragédie qui va se jouer. L’enjeu est d’arriver à la scène finale, terriblement sidérante, du film Psychose où l’on retrouve le cadavre momifié de Norma. Assumant enfin son statut de prequel du chef-d’œuvre d’Hitchcock, la série met en scène un héros qui devient de plus en plus agressif. Ses crises et ses absences nombreuses inquiètent son entourage. Sa mère tente de le faire examiner par un psychiatre. Dylan et son propre frère, avec qui elle s’est momentanément réconciliée, la préviennent de l’imminence du danger. Tous craignent que la violence larvée en Norman ne se déchaîne sur elle.

D’autant plus que le héros perçoit souvent une image machiavélique de sa mère qui lui susurre des aberrations. Présentés avec retenue dans un décor sombre et soigné, les délires de Norman instaurent une atmosphère éminemment troublante. On le sent de plus en plus incontrôlable. En outre, on assiste pour la première fois au travestissement de Norman. Dylan sait désormais qu’il se prend pour Norma lors de ses crises de folie. La tragédie repose sur l’impuissance des personnages qui ont conscience de l’imminence de la catastrophe sans pouvoir l’arrêter. Fonctionnant comme un compte à rebours terrifiant, la saison 3 lance de manière convaincante le dernier arc narratif de la série.

Éminemment dérangeante, la relation mère/fils va en se détériorant. Norma est coupable, sans l’avoir voulu consciemment, de la transformation monstrueuse de son fils. Le basculement dans la folie s’opère sous les coups de boutoirs d’une mère possessive, intrusive et culpabilisante. Les scènes où le fils et la mère dorment ensemble distillent une secrète horreur où l’on perçoit que l’inceste non-dit se précise de plus en plus. Norman finira même par avouer à sa mère qu’il la désire. Elle-même victime d’inceste, son aveuglement coupable et sa manière de fuir les problèmes signe son arrêt de mort imminent.

Ainsi, la fuite en avant se poursuit dans un motel de plus en plus morbide où Norman se réfugie dans la taxidermie. Merveilleusement reconstitué, le motel labyrinthique aux meubles dépareillés est une mise en abyme de la folie du héros. Freddie Highmore et Vera Farmiga sont époustouflants dans cette troisième saison. Ils n’en font jamais trop. Reste que dans cette série, l’horreur n’est pas exhibée comme dans American Horror Story dans une course effrénée vers le gore, au contraire elle est instillée dans les personnalités respectives de la mère et du fils, clairement aliénés tous les deux.

Sur le modèle du film Psychose, la série suggère la violence et la psychose et instaure une terreur latente qui envahit peu à peu les couloirs de l’inquiétant motel. La gestation du monstre s’accélère avant sa naissance éclatante. On assiste dans un mélange de répulsion et de curiosité à l’inéluctable transformation de Norman. La série ressemble à la descente aux Enfers qui résulte d’une vie familiale délétère et d’un cadre terriblement mortifère. La saison 3 annonce la fin terrifiante, à voir !

Proof : « Qu’y a-t-il après la mort ? Un thriller médico-paranormal intrigant ! »

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Le 16 juin, la chaîne américaine TNT propose une nouvelle série inspirée directement des expériences de mort imminentes. Non sans évoquer le film Au-delà de Clint Eastwood, la série est portée par Jennifer Beals (The L Word) qui incarne le Docteur Carolyn Tyler, dévastée par la mort de son fils. Dans cette série mystérieuse et qui promet d’être palpitante, l’héroïne part en quête d’une réponse à la question insoluble pour l’humanité: « La mort est-elle la fin définitive ou y a-t-il quelque chose après? ».

Traumatisée par la perte de son enfant, Carolyn Tyler doit faire face également à son divorce et à la maladie de sa fille. Dans sa quête, l’héroïne rencontre un étrange millionnaire, Ivan Turing, (Matthew Modine vu dans Weeds) qui la persuade d’enquêter sur les cas de réapparitions après la mort, de communication avec l’au-delà et d’expériences de mort imminente. Celui-ci est convaincu qu’il est possible de trouver la preuve déterminante qui révolutionnera totalement la perception de la mort par les êtres humains.

Joe Morton (Scandal) incarne, quant à lui, le Docteur Charles Russell, le chef de l’hôpital où travaille l’héroïne et qui l’aide occasionnellement. Edi Gathegi (Justified) joue le rôle de Zed, un interne qui collabore à la mission obsédante de l’héroïne: découvrir le secret de la mort. Enfin, Peter Van Owen, un voyant auteur d’un best-seller sur la question l’aide également dans ses investigations.

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Les morts peuvent-ils communiquer d’une manière ou d’une autre avec les vivants ? L’environnement scientifique est totalement dérouté par la question paranormale soulevée par les cas répertoriés par l’héroïne. Ce point aveugle de la connaissance humaine suscite à la fois terreur, interrogations et superstitions. Le millionnaire passionné par ces questions propose à l’héroïne de financer ses recherches sur le sujet.

Dans cette nouvelle série, Kyra Sedgwick qui avait quitté son rôle de Brenda Leigh Johnson dans la série The Closer est co-productrice. On doit le scénario de Proof à Rob Bragin. S’annonçant déjà comme une série fascinante et originale, Proof installe le paranormal au cœur du réel. La souffrance causée par la disparition d’un proche et l’espoir fou de le retrouver font de cette production une fiction médicale et surnaturelle profondément humaine. A découvrir à partir du 16 juin sur la chaîne américaine TNT !

Qui sont les acteurs révélations de la série Gotham ?

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1/ Cory Michael Smith : Edward Nigma/ L’Homme-Mystère

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Cory Michael Smith est un Edward Nigma très convaincant dans Gotham. Il fait une apparition remarquée dans le film Camp X-Ray en 2014. Agé de 28 ans, il est aussi le Docteur Kevin Coulson dans la mini-série Olive Kitteridge. La fin de la première saison de Gotham voit son basculement dans la folie après le meurtre d’un officier de police. Il devient réellement L’Homme-Mystère dans la saison 2.

2/ Robin Lord Taylor : Oswald Cobblepot/ Le Pingouin

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Dans la saison 2 de Gotham, Le Pingouin prendra une nouvelle dimension puisqu’il dirigera désormais la pègre de la ville. Agé de 36 ans, l’acteur Robin Lord Taylor a fait une brève apparition dans The Walking Dead où il incarnait Sam. Il est aussi Ajax dans Person of Interest. Il est surtout connu pour ses rôles dans plusieurs films, notamment Would You Rather et Quand tombe la nuit.

3/ Cameron Monaghan: Le Joker

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Seulement entraperçu dans la première saison de Gotham, Cameron Monaghan incarne un futur Joker aux limites de la folie furieuse. L’acteur est surtout connu pour son rôle de Ian Gallagher dans la série Shameless. Agé de 21 ans, il apparaît en 2014 dans le film The Giver et joue Asher. Il est annoncé dans un rôle récurrent dans la nouvelle série de Ridley Scott, Mercy Street, qui relatera les aventures de deux infirmières durant la guerre de Sécession. Il incarnera Tom Fairfax. Il apparaîtra de manière récurrente dans la saison 2 de Gotham.

4/ Anthony Carrigan : Victor Zsasz

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Peu connu du grand public, Anthony Carrigan a fait des apparitions restées confidentielles dans les séries The Forgotten dans le rôle de Tyler et dans Parenthood où il incarnait Cory Smith. Il incarne un charismatique et inquiétant Victor Zsasz dans Gotham.

5/ Charlie Tahan : Jonathan Crane/ l’Epouvantail

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Né le 11 juin 1998, il incarne William Woolf dans Un hiver à Central Park. On le retrouve aux côté de Will Smith dans Je suis une légende, dans le rôle d’Ethan. Dans la nouvelle série de M. Night Shyamalan, Wayward Pines il est Ben Burke. Seulement âgé de seize ans, la carrière de l’acteur est en plein boom.

6/ Clare Foley : Ivy Pepper/ Poison Ivy

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Connue pour avoir jouée dans le film d’horreur Sinister en 2012, Clare Foley incarne la future Poison Ivy dans Gotham. Agée de 13 ans, elle apparaît aussi dans le film Les Winners.