Série Dark Matter : « Perdue dans l’espace, la matière noire des souvenirs! »

Disponible sur Syfy France le 16 juin, la nouvelle série Dark Matter est le nouveau space-opera proposé par Joseph Malozzi et Paul Mullie, scénaristes de la franchise Stargate. Composée de treize épisodes, cette production n’est pas sans rappeler les films Pandorum et, dans une moindre mesure, Lost in space. Analyse d’une série de science-fiction ambitieuse et enthousiasmante.

Inspirée du comic book du même nom, Dark Matter (Matière Noire) se révèle une plongée troublante au cœur de l’équipage d’un vaisseau spatial dérivant dans l’espace. Les personnages sont désignés par des numéros de un à six dans l’ordre de leurs réveils car ils n’ont plus aucun souvenir. Qui sont-ils ? Pourquoi ont-ils embarqué ? Vers quelle destination ? Telles sont les premières interrogations qui innervent ce premier épisode très dense.

Un mystérieux équipage

A bord du vaisseau, l’atmosphère oppressante et son architecture évoque le Nostromo de Ripley. Sur ce point, Syfy a d’ailleurs mis en ligne les croquis du script. En outre, l’humour décalé de cet équipage hétéroclite n’est pas sans rappeler l’Alien de Jean-Pierre Jeunet. A bord, la vie des inconnus s’organisent peu à peu pour survivre et découvrir ce que cache ce vaisseau-fantôme. Même si leurs identités restent un mystère, les personnages ne tardent pas à découvrir quelles sont leurs facultés, qu’elles soient scientifiques, informatiques ou physiques. Rapidement, ils découvrent un androïde qui, en se connectant à l’ordinateur central du vaisseau, leur dévoile qu’ils sont des mercenaires chargés d’éradiquer une colonie minière.

En quête de rédemption

Bénéficiant d’une diffusion mondiale, Dark Matter abrite un casting de qualité pour incarner des personnages hauts-en-couleur. On retrouve notamment Roger Cross (The Strain), Mélissa O’Neil, Zoie Palmer (Lost Girl) et Jodelle Ferland. Quatre ans après l’arrêt de la franchise Stargate, David Hewlett (Rodney McKay dans Stargate Atlantis) apparaît dans un rôle récurrent. Il incarne Talbor Calchek, l’agent de liaison de l’équipage. Dans l’intrigue, la rédemption est centrale. En effet, il s’agira pour les six personnages (2 femmes et 4 hommes) de déterminer s’ils vont accomplir leur mission ou venir en aide aux habitants.

Une architecture labyrinthique

Avec dynamisme Dark Matter mêle parfaitement thriller et science-fiction et révèle de nouveaux mystères au fur et à mesure de l’intrigue. Ainsi, les membres de l’équipage découvrent une étrange porte qu’ils ne peuvent ouvrir. Avec eux, on scrute les recoins sombres et caverneux du vaisseau spatial, en s’attendant à voir surgir tôt ou tard un « Alien ». Plus précisément, le mérite de Dark Matter est d’exploiter avec adresse l’atmosphère inquiétante du vide intersidéral. Et à la différence de Defiance, de The 100 ou de Falling Skies, la série s’éloigne de l’orbite terrestre.

Un dédale mémoriel

Le vaisseau spatial symbolise le dédale mémoriel dans lequel sont perdus les membres de l’équipage. La perte de leurs souvenirs entre en résonance avec l’absence de direction du vaisseau. Perdus spatialement et temporellement, la désorientation des personnages sourd à travers l’intrigue prometteuse. Que vont-ils découvrir sur eux-mêmes, sur leurs destinations, sur leurs pertes de mémoire ? La porte close marque spatialement le seuil qu’ils ne parviennent pas à franchir. Les six mercenaires vont devoir ainsi faire le deuil de ceux qu’ils étaient avant. Leur réveil cryogénique s’apparente, en cela, à une seconde naissance. La quête d’identité se fond alors dans la volonté de l’équipage de retrouver sa route.

La matière noire: l’oubli et l’espace

Parallèlement au vide intergalactique, l’oubli symbolise aussi cette mystérieuse « matière noire » que l’équipage ne parvient pas à ressaisir. Tentant de redevenir maîtres de leurs destins, les six personnages devront faire cause commune pour déjouer la menace que le vaisseau-fantôme abrite. Entre action, tensions politiques et trahisons, Dark Matter se révèle un huis-clos spatial efficace et plus dynamique qu’Ascension. Refusant toute idée de franchise, les scénaristes ont d’ors et déjà indiqué que le fil de l’intrigue connaîtra un dénouement définitif lors de l’épisode final.

Un contexte politique trouble: « Un Westeros spatial? »

On suit donc avec plaisir cette aventure spatiale car la conceptualisation, notamment de la base spatiale et du vaisseau est une réussite. En outre, l’univers colonisé par l’humanité, au fur et à mesure que les planètes étaient découvertes, recèle des mystères insondables auxquels seront confrontés les personnages. Comme une traînée de poudre, l’exploitation des ressources de chaque planète entraîne des bouleversements irréversibles et des conflits fratricides. Corrompues et malfaisantes, les autorités galactiques ourdissent des plans machiavéliques pour réaliser un but mystérieux que seuls les six pourront contrecarrer. Alliant humour et gravité, Dark Matter ne sombre jamais dans la caricature. Avec Killjoys, Syfy annonce donc ses ambitions pour l’été en proposant deux séries enthousiasmantes. Dark Matter est à découvrir sur Syfy France dès le 16 juin !

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UnReal : « La série qui exhibe avec brio les rouages de la télé-réalité !»

Diffusée par la chaîne américaine Lifetime, la série UnReal dévoile les coulisses sordides d’une émission de télé-réalité du type The Bachelor. En multipliant les personnages complexes et les situations explosives, UnReal est une véritable réussite. La prestation de Shiri Appleby qui incarne Rachel Goldberg est savoureuse. Analyse d’une des très bonnes séries à suivre dès maintenant.

Dans une villa à Los Angeles, une équipe tourne une nouvelle saison de l’émission Everlasting. Le prince charmant de service accueille ses prétendantes sur le perron de son « palais ». La mécanique semble parfaite, sans le moindre accroc. Pourtant la productrice de l’émission ne tarde pas à faire entendre sa gouaille railleuse et autoritaire. La scène ne lui convient car le célibataire n’est pas assez charmeur à son goût.

Manipulation et artificialité

L’artificialité du programme repose sur les interventions incessantes de cette chef d’orchestre peu commode. Comme une chorégraphie, les techniciens s’affairent autour des participantes. Elles sont venues là pour trouver l’amour. C’est le discours officiel. En réalité, elles deviennent des actrices malgré elles, manipulées par Rachel Goldberg, qui est là pour rendre le programme passionnant.

Exhiber les rouages de la télé-réalité

Très vite, les mécanismes de la télé-réalité sont disséqués de manière savoureuse. Tous les coups sont permis pour que les participantes donnent ce que le public veut voir. Rachel doit susciter les retournements de situation qui constitueront les temps forts du show. Dans une tonalité impitoyable, on voit la torture mentale s’abattre sur des candidates choisies précisément pour leurs névroses. C’est que chacune doit tenir son rôle. La méchante de service doit en mettre plein la vue, comme la bimbo mexicaine et la mère dépressive.

Une héroïne ambigüe

Rachel est la meilleure dans son job. Pourtant, la saison précédente a été marquée par sa crise de nerfs alors que le mariage entre les « amoureux » avait lieu. A la fin de l’émission, Rachel détruit le mécanisme de l’émission pour révéler à la candidate la supercherie. Heureusement pour Rachel, faire éclater la vérité a fait exploser l’audimat. Elle repart donc une nouvelle fois dans cet univers qui l’écœure : celui du mensonge et de la manipulation. En tous cas, le « Bachelor » comme les candidates font confiance à Rachel qui entre d’emblée dans leur intimité grâce à des informations transmises par oreillettes. Particulièrement ambigüe, l’héroïne oscille entre empathie et cruauté.

Un envers du décor sordide traité avec subtilité

Les coups bas et le passé des prétendantes, exhibé de manière horrible, contribuent vite à fissurer la parfaite image du programme. La réalité sordide des coulisses se déversent peu à peu sur le tournage. A force de chantages ou de manipulations, les acteurs malgré eux obéissent aux injonctions qu’on leur donne. Comme une exhibition malsaine de plus en plus trash, le show vire à l’infect. Le « conte de fées » se transforme alors en cauchemar. Sexe, beuveries, disputes et crises de larmes, voilà ce que veut voir le public. La dictature de l’audimat déshumanise rapidement l’émission.

Les ravages d’une mécanique dévastatrice

Reste que le cynisme ravageur de la série exhibe avec brio les blessures de chacun des personnages. Dès lors, l’émission n’est plus que la simple exhibition sordide des travers et des espoirs des uns et des autres. Nul respect de part des techniciens, ni de la directrice de la production, le temps c’est de l’argent. Dans cet univers sans foi ni loi, la belle histoire d’amour se transforme en cloaque putride. Si Rachel est de retour, c’est qu’elle poursuit le but de détruire de l’intérieur cette émission infernale. Elle trouve dans le « prince charmant », un allié inattendu pour faire cesser cette mécanique dévastatrice.

Une critique brillante et intelligemment menée

Brillamment interprétée, complexe, drôle et tragique, la série UnReal est un régal. C’est une fresque à la fois touchante et cruelle sur le phénomène « télé-réalité », du voyeurisme des téléspectateurs aux moyens peu ragoûtants de la production pour parvenir à ses fins, les séquences s’enchaînent. Le sadisme n’est jamais loin, notamment avec la productrice totalement amorale. Elle est la garante du fonctionnement de la machine « divertissement » et elle ne doit à aucun prix la laisser s’enrayer. Au milieu de ce cloaque où tous ont vendu leurs âmes, l’héroïne ne perd pas de vue sa mission qui confine au salut public. Véritable réussite, la série UnReal est à découvrir sans plus tarder !

Série Sense 8 : « L’universalisme sibyllin des Wachowski »

Les Wachowski se lancent dans les séries télévisées. Actuellement disponible sur Netflix, Sense 8 n’est pas sans rappeler le canevas du film Cloud Atlas. Parfois hermétique, la série frôle l’impénétrable et exige de la patience. Elle brouille le sens de son intrigue pour se concentrer sur l’osmose des cinq sens qui unissent huit personnes à travers le monde.

Tout commence par un tour du monde visuel. Des images se succèdent symbolisant les différents pays du globe avec leurs cultures. Très ambitieuse, la série se veut une fresque de la globalité. Huit personnes qui ne se connaissent pas se retrouvent mystérieusement en lien à travers la planète. S’approchant d’une télépathie sensorielle, leur don leur fait éprouver les sensations des uns et des autres. La révélation de leur nouveau pouvoir leur est donnée par l’apparition du sujet Zéro, leur mère symbolique qui se suicide alors qu’elle est sur le point d’être enlevée par l’organisation qui la traque.

Une visée encyclopédique

Cette vision va changer le quotidien de ces personnages ordinaires. Ces derniers vont alors se retrouver au cœur d’une conspiration mondiale qui cherche à contrôler et à détruire leur incroyable don. Plus ou moins charismatiques, les huit personnages incarnent chacun une culture ou une orientation sexuelle. Ces traits caractéristiques sont sensés représenter l’humanité dans toutes ses composantes. Comme un Atlas du monde, Sense 8 parcourt le globe en tout sens. De l’Inde, à l’Angleterre, en passant par la Namibie, le Mexique, les États-Unis, l’Allemagne et la Corée du Sud, Sense 8 mêle les cultures, comme les genres télévisés. En effet, en fonction des métiers des personnages, Sense 8 devient série policière, telenovela, docufiction ou encart publicitaire. Si l’on peut se réjouir d’être dérouté par un concept qui se veut original et novateur, il faut du sens. Et, c’est qui manque à cette nouvelle série sibylline. En outre, en matière d’originalité, Sense 8 tient d’Heroes et de Lost.

Une ode à Pan

C’est que la série est en réalité une ode à Pan, la divinité antique symbolisant l’univers, le Tout. Cloud Atlas avait l’ambition de traverser les époques, les lieux et les apparences en montrant comment les âmes pouvaient se reconnaître même réincarnées. Dans Sense 8, comme l’indique le synopsis, chaque épisode est la pièce d’un puzzle complexe. Pour avoir accès à Pan, c’est-à-dire voir la totalité, il faut patiemment le recomposer. En cela, les Wachowski se refusent à donner un sens préconçu à leur œuvre. C’est au spectateur de construire le sens de ce qu’il regarde. Cette inclusion du spectateur dans la fresque d’ensemble rend compte d’une volonté participative.

Une « pan-série »

La prise de risque est donc maximale pour la série. En effet, trop hermétique et trop sibylline, elle court le danger de rebuter. Les messages mystiques essaimés dans la trame sont autant d’indices curieux qu’il faut rassembler. A la fois pansexuelle, panculturelle, panraciale, pansociale et pansensitive, la série Sense 8 est une ode à notre monde moderne. Si les personnages sont tous connectés par les sens, leur lien n’est pas sans évoquer les réseaux sociaux et les nouvelles technologies. Tous connectés, tous surveillés, l’individualité existe-t-elle encore ? Comme l’indique le titre Sense 8, les huit individus ne font plus qu’un. Il y a là un hiatus quand on voit que les personnages sont individualisés à l’extrême et que leurs différences est mises en avant. C’est que le sens sous-jacent réside dans une contemplation de l’ouverture totale. En partageant leurs sens, les contours des individus s’estompent dans une communauté mondiale bienheureuse.

La fin du héros solitaire

En effet, malgré leurs caractéristiques, aucun des huit personnages ne prend le dessus sur les autres. C’est la fin du héros solitaire et l’avènement des héros. Dans Sense 8, la ligue des Heroes n’est pas volontaire mais contrainte par d’incroyables circonstances. Qu’est-ce que ce pouvoir implique pour le monde ? Pourquoi eux ? Quel rôle ont-ils à jouer ? Quel est le but de l’organisation ? Autant de questions qui restent en suspens car la série préfère soulever les interrogations plutôt que de les résoudre. En outre, les épisodes s’apparentent à un passage en revue des actions des huit personnages. Certes, certains communiquent à distance entre eux, mais l’interaction est momentanée. Désunis spatialement mais unis par leur don, les Sense 8 semblent être un prétexte pour célébrer une Humanité riche de ses différences et plus forte de ses variations.

Quelques stéréotypes et maladresses

Non sans maladresse, la série met en scène des personnages attaqués dans leur environnement quotidien. L’Atlas mondial devient ainsi par moment guide touristique avec des hauts-lieux sensés caractérisés la culture du pays et qui sombre dans les stéréotypes. Pour ne citer que certains d’entre eux, le père de l’héroïne indienne tient un restaurant, l’héroïne coréenne est cadre dans une grande entreprise, enfin l’héroïne transsexuelle et lesbienne vit à San Francisco et défile lors de la Gay Pride. Ces présupposés attendus ne vont pas dans le sens de l’originalité de la série. La globalisation s’instaure par des stéréotypes lisses à l’extrême qui ne se risquent pas au moindre contre-pied alors que la réalité repose sur l’inattendu. Paradoxalement, à vouloir représenter le monde dans ses complexités, Sense 8 les réduit au personnage attendu du show comme dans un encart publicitaire. Si la réalisation est soignée, l’ensemble reste parfois trop lisse. A découvrir cependant!

Hannibal: « Une saison 3 aux portes de l’Enfer ! »

La série de Bryan Fuller vient de démarrer pour une troisième saison sur la chaîne américaine NBC, l’occasion d’analyser les changements opérés dans ce nouvel opus. Effectivement, après la fin tragique de la saison 2, le célèbre psychopathe est en cavale en Europe accompagnée de sa psy Bedelia du Maurier incarnée par Gillian Anderson. La Belle est plus ou moins prisonnière de la Bête. Analyse.

Au final sanglant de la saison 2, Bryan Fuller introduit le nouvel opus d’Hannibal par une atmosphère contemplative et esthétisante. En cavale en Europe, on retrouve le Docteur Lecter à moto dans les rues de Paris. Il se rend à une soirée mondaine où il va rencontrer sa prochaine victime. Après la ville Lumière, Hannibal se rend à Florence. Le film Hannibal, où Julianne Moore incarnait Clarice Starling, revenait sur les mystérieux meurtres rituels commis par Lecter lors de séjours précédents. La série nous plonge à ce moment-là. Traqué, Lecter semble prévoir déjà sa future arrestation.

L’inspiration infernale de Lecter

Nul Will Graham dans ce premier épisode où Bedelia du Maurier incarne l’observatrice et participante passive des tueries de Lecter. Après Paris, Florence et ses rues servent de cadre magnifique aux inspirations cannibales du Docteur. La Renaissance, les Médicis, Dante, les cercles des Enfers galvanisent à nouveau Hannibal dans ses créations sanglantes. Il confiait pourtant à Bedelia ne pas voir recommencé à tuer depuis sa fuite. Mais, sous la fausse identité du Dottore Fell, Hannibal voit renaître sa veine créatrice.

Pygmalion et Galatée

Le mythe de Pygmalion joue à plein dans cette nouvelle saison. Si Hannibal n’a pas réussi à faire de Will un ami et un disciple, Bedelia semble étrangement plus perméable à comprendre son « art ». Dans cet épisode, les images léchées s’attardent avec complaisance sur les décors baroques. L’image est surchargée de références mythologiques. Dès lors, si Hannibal est Pygmalion, Bedelia est sa nouvelle Galatée, une statue paralysée par la terreur pour l’instant, mais à laquelle il va donner vie. Le conte est également très présent. La Belle et la Bête mais aussi Barbe-Bleue sont l’objet d’allusions insistantes. En tant qu’Ogre, Hannibal dévore aussi symboliquement les femmes qui l’approchent de trop près. Le personnage indique à plusieurs reprises que la suite sera un conte de fées.

La Divine Comédie de Dante: L’Enfer

En effet, peu à peu, une lente alchimie née entre la Belle et la Bête, au sens infernal du terme. La chair humaine est pour Hannibal un met ou une installation artistique. Avec raffinement, les gravures de l’Enfer de Dante Alighieri égrainent les tortures infligés aux pécheurs par les Démons.  C’est avec passion qu’Hannibal donne une conférence sur le sujet. En outre, la série travaille les seuils. Hannibal a basculé totalement à la fin de la saison 2 en laissant voir le monstre qu’il était. Comme dans La Divine Comédie où l’Enfer comporte une carte, la cavale d’Hannibal s’arrête momentanément à Florence qui pourrait symboliser la ville infernale de Dité où les péchés commis volontairement sont punis. Sauf qu’Hannibal, l’incarnation du Diable, n’est jamais inquiété.

Atrocités et raffinements

Comme dans un poème macabre, le héros distille ses fleurs du mal. La dimension artistique s’effeuille lentement : la lecture, les gravures, les recherches, la musique, la poésie et la gastronomie. Bedelia du Maurier fait les emplettes pour accompagner les plats d’Hannibal,  au menu: chianti et truffes blanches. Dans des flashbacks très réussi en noir et blanc, on retrouve le Docteur Abel Gideon, prisonnier de Lecter. Le malheureux est contraint de se dévorer lui-même. Lentement mis en pièces par Hannibal, il écoute avec complaisance les astuces du monstre pour rendre la viande savoureuse. Par effet de miroir, la menace plane alors sur Bedelia. Les mets de choix qu’elle déguste ne seraient-ils pas, en réalité, le moyen pour le Docteur de rendre succulente sa future victime?

L’esthétique comme seule valeur

Très contemplatif, le premier épisode de la nouvelle saison joue avec maestria avec les symboles. L’outrance baroque signale le nouveau départ du monstre comme les arts évoluent en différents mouvements. Si le point de vue de la narration change, les méthodes de Lecter aussi. En tant que Dottore Fell, il aspire à la tranquillité. Il mène Bedelia aux portes de ses enfers intérieurs. Dans cet au-delà du Bien et du Mal, seul l’aspect esthétique compte et remplit le vide moral. En somme, le Beau, même terrible et monstrueux, est la seule « valeur » tangible pour Hannibal.

Un conte symbolique

Esthétiquement superbe, la nouvelle saison d’Hannibal plonge symboliquement le spectateur en Enfer. La suite indique que Will Graham suit le démon à la trace. Bedelia du Maurier est une observatrice volontaire, car fascinée par la monstruosité de son patient. Elle attend de contempler son évolution complète au détriment de sa propre existence. Elle est prise au piège sans l’être. La métaphore filée de l’Enfer de Dante indique que celui qui accompagne le poète dans les tréfonds infernaux est Will Graham qui apparaîtra plus tard. Comme un Virgile familier de l’univers du monstre, il guidera plus tard le spectateur sur les traces du Diable. En cela, la conférence du Dottore Fell implique un dévoilement. Seule Bedelia voit le monstre tandis que l’assistance est médusée par la maestria intellectuelle de cet étranger.

Ce premier épisode envoûtant, où rien n’est laissé au hasard, promet beaucoup pour la suite. La confrontation entre Will et Hannibal s’annonce déjà d’anthologie avec Bedelia du Maurier et Jack Crawford en arbitres des élégances. En arrière-plan, Mason Verger ourdit aussi sa vengeance. Lecter reste le maître du récit, malgré le changement de point de vue. Once upon a time… susurre-t-il au Docteur Gideon en morceaux. Une fresque superbe, à déguster !

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Vidéos : Les 10 séries qui auraient mérité une seconde saison !

Alors que l’avenir de la série Constantine reste flou car on ne sait si elle sera  éventuellement produite par une autre chaîne, on voulait revenir sur les très bonnes séries annulées seulement après une saison. Petit passage en revue des séries qui auraient mérité de se poursuivre et dont la fin reste bâclée faute d’audience! Au programme regrets, nostalgie et bonheur de les découvrir si vous ne les connaissez pas encore!

1/ Dracula (NBC)

Adaptation modernisée et romancée des aventures de Dracula par Bram Stoker. Le comte Dracula vit à Londres en pleine Révolution Industrielle sous la fausse identité d’Alexander Grayson. Il cherche à venger la mort de sa bien-aimée des siècles auparavant par l’organisation secrète de l’ordre du Dragon qui combat les vampires. On retrouve les personnages traditionnels du mythe: Jonathan Harker, Mina Murray et même Van Helsing, le célèbre chasseur de vampires. Une ambiance soignée, des décors gothiques, une intrigue sanglante et un Jonathan Rhys-Meyers séduisant et charismatique contribuent à faire de cette série un très bon divertissement. Dommage qu’elle se soit terminée sans véritable fin. Les dix épisodes sous de faux airs de la série Tudors étaient très convaincants.

2/ Death Valley (MTV)

Totalement déjantée et magistrale d’humour noire, la série Death Valley se compose de douze épisodes jouissifs. La vallée de San Fernando est envahie par des créatures surnaturelles. Vampires, zombies et loups-garous se mêlent dans une ambiance foutraque, carnavalesque et décalée. Face à cette invasion, les policiers de l’UTF, un groupement chargé de lutter contre les non-morts, doivent endiguer le phénomène à la vallée avant qu’il ne se propage  sur tout le territoire des Etats-Unis. Cette comédie horrifique est un ovni original et déjanté qui méritait une suite.

3/ Flashforward (ABC)

Adaptation très réussie du roman du même nom de Robert J. Sawyer, la série n’aura duré que 22 épisodes. Au cours d’un black-out de 2 minutes et 17 secondes à travers le monde, chaque personne découvre son futur avec une vision. Palpitante, la série offre un scénario travaillé et parfaitement construit abordant intelligemment les problématiques du destin, de l’espace-temps et de la physique quantique. Très originale, l’intrigue pâtit cependant d’une fin décevante. Une suite aurait été bienvenue!

4/ Terra Nova (FOX)

Produite par Steven Spielberg et composée de treize épisodes, cette série plonge le spectateur dans un univers dévasté par la pollution. Nous sommes en 2149, la Terre se meurt sous les effets de la pression humaine. La végétation a disparu, la sécheresse est constante, la planète bleue est devenue un enfer. Une bienheureuse expérience a pour conséquence que des scientifiques parviennent par hasard à créer un vortex spatio-temporel (sans paradoxe temporel) s’ouvrant 85 millions d’années auparavant. C’est le Crétacé. L’environnement y est hostile et dangereux mais c’est la seule chance de survie pour une humanité en sursis. La famille Shannon fait partie de la dixième expédition de colons vers Terra Nova. Il leur faudra alors lutter contre les dinosaures mais aussi contre une colonie dissidente. A la fin de la première saison, de nombreuses questions restent sans réponse. La fresque était pourtant originale: des humains trouvant refuge à l’ère du Crétacé pour fuir un futur apocalyptique. La série méritait une exploitation plus importante de ses concepts originaux.

5/ Last Resort (ABC)

Composée de treize épisodes, la série suit l’équipage d’un sous-marin nucléaire qui a refusé de lancer un missile sur le Pakistan. Ils deviennent alors les ennemis des Etats-Unis et se réfugient sur une île qu’il déclare état indépendante en brandissant la menace nucléaire. Chaque membre d’équipages va devoir vivre loin de sa famille en étant les parias de leur propre pays. Avec une aussi bonne idée de départ, la série n’a malheureusement pas eu le temps de développer pleinement son potentiel!

6/ Cult (The CW)

Treize épisodes passionnants retracent le parcours de Jeff, un journaliste d’investigation et de Skye, assistante de production de la série à succès Cult. Un groupe de fans semble confondre réalité et fiction. En effet, ces fanatiques vouent un véritable culte à la série et reproduisent dans la réalité les crimes qui y sont commis. Dans une ambiance paranoïaque et oppressante, Jeff essaie de percer la disparition de son frère Nate. Virant à l’obsession, sa quête le porte à suspecter tout le monde. Trouble et malsaine, l’intrigue méritait une suite!

7/ Camelot (Starz)

Adaptation de l’œuvre de Thomas Malory, Le Morte d’Arthur, Camelot est une série qui retranscrit la destinée d’Arthur de manière beaucoup plus sombre que la série Merlin. Faisant la part belle à la rivalité qui oppose Arthur à sa demi-sœur, la fée Morgane, la série permet à Eva Green de faire montre de l’étendue de son talent. Elle est formidable dans le rôle de l’ambitieuse et froide magicienne, prête à tout pour reconquérir le pouvoir. Le jeune Arthur fait face aux maléfices de Morgane et doit prendre des décisions difficiles pour sauver un royaume en perdition. On retrouve tous les personnages du mythe: Ygraine, Guenièvre, les chevaliers de la Table Ronde dans un Camelot légendaire et inquiétant. Dommage qu’il n’y ait pas de seconde saison pour développer et améliorer ce mythe fondateur et palpitant que la version sombre sublimait.

8/ The River (ABC)

Huit épisodes seulement pour cette plongée fantastique en pleine Amazonie. Caméra à l’épaule, Oren Peli, l’un des créateurs de Paranormal Activity, transporte le spectacle dans une jungle inexplorée, malsaine et dangereuse. L’atmosphère mystique n’est pas sans rappeler celle du film Cannibal Holocaust. La série se présente comme un faux-documentaire où l’horreur va bientôt faire son apparition. Emmet Cole, un célèbre explorateur qui voyage à travers le monde avec femme et enfant, filme ses aventures et est célèbre dans tous les Etats-Unis. Chacun suit ses aventures à la télé avec assiduité. Très populaire et en quête d’exclusivités, il se lance à la recherche d’une magie ancestrale cachée dans les profondeurs de la jungle amazonienne. Il ne reviendra jamais de son voyage. Sa famille lance alors une expédition de secours pour le retrouver et parcourt les canaux mystérieux des affluents de l’Amazone. Dans une ambiance enfiévrée et inquiétante, la série maintient le suspense et introduit une dose de fantastique qui ne sombre jamais dans le ridicule. La peur, l’inquiétude et la surprise sont au rendez-vous. Vraiment dommage qu’il n’y ait pas de suite!

9/ Firefly

« Space western » de 14  épisodes, Firefly est une création sensationnelle de Josh Whedon. En 2517, l’humanité s’est installée dans un nouveau système solaire. On suit les aventures de l’équipage du vaisseau Serenity composé de renégats, de parias et de marginaux. Refusant d’avoir un maître, ils errent à travers l’espace et luttent contre l’Alliance. C’est une excellente série de science-fiction qui séduit d’emblée par ses personnages attachants, notamment  le commandant Malcolm Reynolds (Nathan Fillion). L’ambiance de solidarité, de gentillesse (non niaise) et de drôlerie dans l’équipage fait que l’on a l’impression d’en faire partie. Un film clôt les aventures esquissées dans l’unique saison. Firefly en aurait mérité bien plus!

10/ Mob City (TNT)

Mob City relate la lutte sanglante dans l’Amérique d’après-guerre entre le mafieux Mickey Cohen et la police. La reconstitution parfaite des années 40, tant sur le plan des costumes que des décors, donne un cachet indéniable à cette série. Une série sur la pègre qui aurait mérité un traitement plus long. Dommage.

The Whispers : « Une série de science-fiction conventionnelle où Spielberg fait du Spielberg »


Après Extant, Steven Spielberg produit une nouvelle série de science-fiction The Whispers diffusée sur la chaîne américaine ABC. Comme dans sa précédente production, on retrouve ses thèmes fétiches : une invasion extra-terrestre, des enfants et un environnement familial au bord de l’implosion. Replaçant les codes habituels du genre, The Whispers reste un divertissement sans grandes ambitions mais honnête pour tous ceux en quête d’une nouveauté science-fiction.

Des enfants meurtriers

Des enfants sont possédés par une mystérieuse entité dans tous les Etats-Unis et commettent des atrocités. Cette fois, ce ne sont ni des démons ni Satan lui-même qui possèdent les petites filles comme dans l’Exorciste, mais un être venu de l’espace. Poursuivant un mystérieux but, il manipule les enfants de manière à ouvrir un vortex au-dessus de la Maison Blanche pour que « les humains voient la lumière ». En effet, l’ami pas si imaginaire que cela des enfants dénommé Drill communique par l’entremise d’ampoules ou de néons. Claire Bennigan (Lily Rabe excellente dans American Horror Story) part à la poursuite de cet être mystérieux.

Un tissu d’invraisemblances

Récemment veuve, cet agent du FBI spécialisé dans le comportement des enfants, est une paria sur le retour. Cette grosse affaire est l’occasion pour elle de se remettre en selle. Les cas d’enfants en contact avec Drill semblent se multiplier. Au même moment, Wes son amant, lui apprend que l’on a retrouvé l’épave de l’avion de son mari en plein désert alors que son plan de vol se cantonnait au Cercle Polaire. D’invraisemblances en invraisemblances et de déjà-vu en déjà-vu, The Whispers avance malgré tout. Sans être trop exigeant, on finit par se laisser prendre au jeu des acteurs qui est plutôt bon. L’ennui gagne cependant devant l’absence d’originalité de The Whispers qui reprend sans les réinventer les thèmes de l’invasion extra-terrestre et des enfants meurtriers.

Une série de science-fiction conventionnelle

Malheureusement, The Whispers réutilise toutes les grosses ficelles de l’univers science-fiction. Cependant, le pilote se laisse regarder en jouant la carte du divertissement familial saupoudré d’un zeste de fantastique. On retrouve un personnage principal, pétri de bons sentiments, des enfants inquiétants juste ce qu’il faut et des scientifiques pas plus intrigués que cela de découvrir un vaisseau spatial en plein désert. Cette nouvelle série intéressera les aficionados des thèmes traités à la manière de Spielberg et qui sont réinvestis ici. Pourtant, on ne peut s’empêcher d’être saisi par l’ennui et par la lassitude dans ce premier épisode. Il faut espérer que la suite soit plus convaincante. En effet, pour l’instant, la série ne se signale pas par son originalité : entre un homme suspect couvert de tatouages mystérieux, le secret de famille de l’héroïne pas vraiment surprenant et les agissements d’un « alien » invisible déambulant dans les pavillons de l’Amérique bourgeoise, on n’est pas vraiment vernis. Naviguant dans ce premier épisode entre ridicule et déjà-vu, The Whispers ne s’avère pas plus palpitante que cela et est une adaptation pour le moment décevante de la nouvelle de Ray Bradbury, L’Heure H!

Série Aquarius : “Un thriller psychédélique dans l’Amérique des sixties”

Très attendue, la série Aquarius sonne le retour de David Duchovny sur le petit écran après l’arrêt de Californication. La nouvelle série de Mc Namara est une réussite non seulement parce qu’elle offre une plongée oppressante dans l’Amérique des sixties mais aussi parce qu’elle repose sur le psychopathe Charlie Manson, inquiétant et imprévisible à souhaits !

La nouvelle série de la chaîne américaine NBC s’appuie sur un duel à distance entre Sam Hodiak (incarné par un David Duchovny entre Fox Mulder et Hank Moody) et Charles Manson (le célèbre serial-killer incarné par Gethin Anthony). Nous sommes en 1967. Sam Hodiak, un ancien soldat devenu flic à Los Angeles, fait figure de dinosaure face à la nouvelle génération « love and peace ». Dès le pilote, le personnage qui représente l’ordre apparaît comme une étrangeté pour les hippies, au mieux comme un « totem », au pire comme la relique d’un monde autoritaire agonisant.

Une lutte entre deux mondes

Comme Netflix, NBC a choisi de mettre en ligne les treize épisodes tout de suite. L’originalité de la série est de confronter des univers antagonistes. Sam Hodiak est l’antithèse du détective hippie Doc Sportello de Thomas Pynchon apparu récemment sous les traits de Joaquin Phoenix dans le film Inherent Vice. L’arrière plan historique et social de l’Amérique des années soixante apparaît de manière subtile avec les manifestations et les images à la télé de la guerre du Vietnam. La hantise du gouvernement est de voir la contestation californienne contaminée les autres États.

L’envers du mode de vie « love and peace »

Sam Hodiak est contacté par Ken Karn. Sa fille Emma vient de disparaître. L’enquête doit rester officieuse. Avec l’aide de Brian Shafe, il s’infiltre dans ce monde marginal. D’emblée, Charles Manson apparaît comme un gourou, un manipulateur hors-pair de personnalités fragiles. Son rêve est de devenir plus célèbre que les Beatles. A la tête d’un harem hippie, la libération sexuelle s’apparente avec lui à de la prostitution et à du proxénétisme. La jeune Emma est une ingénue de seize ans et se révèle la proie idéale du prédateur. L’ambiance cool des fêtes, de la fumette et des coucheries laisse vite place au glauque. A vouloir renverser l’ordre, des règles souterraines se mettent en place où les plus forts et les plus malins comme Charles Manson et ses acolytes se repaissent des plus faibles. La loi du plus fort mais avec l’acquiescement des victimes : tel est le jeu sordide auquel s’adonne un psychopathe à la fois charismatique et repoussant.

Un monstre en quête de reconnaissance publique

La série commence par faire découvrir les prémices de la monstruosité avant que le serial-killer convainque ses fidèles de commettre des meurtres. Au-delà du destin noir de Manson, Aquarius est construit comme l’exploration d’une époque, de ses excès et de ses contradictions. La protection des plus influençables n’est en effet plus assurée. La bande-son est rythmée par les tubes de l’époque et accompagne habilement cette plongée psychédélique dans le monde hippie qui se voulait neuf et sans turpitude. Mais le sordide est là. De sorte que le flic intègre Sam Hodiak ressemble à une espèce en voie de disparition. L’époque est celle des policiers comme son collègue, mi-drogué, mi-policier, des hybrides parfois incontrôlables. Entre ces deux mondes qui se font face et qui s’influencent mutuellement, Sam Hodiak promène sa désinvolture. Ne semblant plus s’étonner de rien, il contemple sans ciller son époque évoluée. Duchovny joue parfaitement cette partition, entre le conservatisme du personnage et ses saillies déroutantes.

Des problématiques contemporaines

Dans un temps où la liberté souffle et où la transgression prime, l’autorité parentale est dépassée, l’autorité étatique remise en cause. Aussi, au-delà de la fresque réussie sur les sixties, Aquarius traite de problématiques contemporaines : les sectes, le harcèlement, l’emprise morale, les désillusions de la jeunesse et la contestation de l’ordre comme un rite initiatique et un passage obligé à l’âge adulte. La série mêle tout cela dans une ambiance inquiétante. La traque en train de se mettre en place s’avère passionnante. Aquarius est donc une belle découverte. A voir sans hésitation!

Game of Thrones (5.08) : « Jon Snow au cœur d’une bataille grandiose et épique »

Attention spoilers. Alors que la cinquième saison progressait pas à pas et flirtait avec le contemplatif, l’épisode 8 offre du grand spectacle avec une bataille épique entre les wildlings et les White Walkers à la tête de leur armée de morts-vivants. Récapitulatif de cet épisode dantesque !

Cersei Lannister, toujours dans sa geôle, subit les harcèlements des tenants de la Foi pour qu’elle avoue ses fautes. Affamée et assoiffée, elle en vient à lécher l’eau répandue sur le sol. La reine déchoit peu à peu tout en promettant la mort à ses geôlières. Pendant ce temps, Tyrion a une entrevue très prometteuse avec Daenerys qui l’accepte comme conseiller. Elle lui avoue vouloir détruire la roue qui relie les familles régnantes de Westeros les unes avec les autres autour de la conquête du Trône de Fer. Sansa découvre grâce à Reek que ceux qu’elle croyait morts ne le sont pas. Au même moment, Arya continue son apprentissage auprès du Dieu Multiface en apprenant à observer son environnement. Jon Snow, quant à lui, arrive à Hardome pour convaincre les wildlings de le suivre. Il en va de leurs vies.

Cet épisode magistral offre un spectacle dantesque avec la bataille finale. Jon Snow peine à convaincre les wildlings de s’allier à lui et à mener la guerre pour Stannis Baratheon, quand l’armée des morts-vivants attaquent les villageois. Comme un capitaine vulnérable, Jon Snow frôle la mort dans un duel avec un White Walker. Magnifiquement épique, le combat se déroule dans une tempête de neige qui précède l’arrivée pêle-mêle des morts sanguinaires.

Cette menace qui sourde derrière le Mur, Jon Snow la formule en confessant que ni les rois du Sud, ni la Garde de Nuit, ni les wildlings ne seront de taille. Avec ce discours de raison, il remporte une partie des adhésions. Alors que l’évacuation commence vers les navires, des bourrasques de neige annoncent le fléau invincible. Les wildlings et les membres de la Garde de Nuit s’activent pour faire tenir coûte que coûte le rempart de bois.

La bataille grandiose offre des moments de rares cruautés. Par exemple, des enfants morts-vivants dévorent une combattante à vif. Rarement une plongée dans une bataille aura été aussi prenante, la tension est palpable. Hurlements, corps démembrés par des êtres décharnés : tout contribue à montrer l’inhumanité. C’est que cette bataille n’est pas l’accroche d’une guerre, c’est un massacre. La résistance des wildlings ne tient pas longtemps. A couper le souffle, les images emportent vers de terrifiantes ténèbres. A la fois spectateur et acteur dans la bataille, Jon Snow est juché sur la proue d’une barque à la fin de l’épisode.

Il contemple la débâcle et frémit devant le chef des White Walkers qui se tient sur la rive. En silence, les morts massacrés reviennent à la vie sous les yeux effarés de Jon Snow. L’armée des morts se fait de plus en plus nombreuse et menaçante sur les rives. Plus largement, cette bataille magistrale, qui conclut avec brio cet épisode 8, annonce les velléités de conquête et de destruction totale des White Walkers. Cette menace terrifiante est traitée avec brio et marque de manière lancinante que la bataille autour du Trône de Fer semble face à ce fléau une vulgaire querelle de clocher. De quoi susciter un regain d’intérêt mérité pour cette cinquième saison!

Séries : Les 20 nouveaux génériques les plus envoûtants!

1.Transparent :

Un universitaire, la soixantaine, révèle à sa famille sa transsexualité. Ce qui va pousser chacun des membres de la fratrie à se dévoiler aussi. Les réactions varient entre rejet et acceptation.

2.Bloodline :

Quand le retour du frère maudit réveille des querelles enfouies dans une famille apparemment bien sous rapport. Lire la critique.

3.Outlander :

On suit les aventures de Claire, une infirmière marquée par les horreurs de la Seconde Guerre Mondiale alors qu’elle soignait des soldats britanniques. Après la fin du conflit, elle retrouve son mari, historien, qu’elle n’a que très peu vu ces cinq dernières années. Au cours d’une promenade sur la lande écossaise, elle s’approche des mégalithes autour desquels a eu lieu la cérémonie étrange. C’est alors que la jeune femme est inexplicablement transportée en 1743. Lire la critique.

4.Daredevil:

Le parcours initiatique de Matt Murdock (Charlie Cox), avocat aveugle, le jour, justicier, surnommé «le diable rouge», la nuit, luttant contre le crime à Hell’s Kitchen. Lire la critique.

5.Turn, saison 2:

Les premiers espions au service de l’Amérique pour qu’elle remporte son indépendance face aux Anglais.

6.Power:

Propriétaire d’une boîte de nuit, “Ghost” trempe aussi dans le trafic de drogues. Les ennuis commencent lorsqu’il souhaite arrêter les stupéfiants pour se consacrer au business de la nuit et à sa famille.

7.Manhattan:

Récit de la première création de la bombe atomique et des essais nécessaires pour faire basculer la Seconde Guerre Mondiale en faveur des États-Unis. Contre la montre pour remporter le conflit. Histoire se passe avant Hiroshima et Nagasaki et relate la vie quotidienne des familles de chercheurs enfermées en plein désert dans un endroit classé secret défense. Lire la critique.

8.Texas Rising:

Le combat entre Américains et Mexicains pour se départager le Texas. Lire la critique.

9.I Zombie:

Une jeune étudiante, Liv, souffre de zombisme. Pour survivre, elle est employée dans une morgue. En ingérant les cerveaux des cadavres, leurs souvenirs lui apparaissent. Elle peut ainsi collaborer avec un détective et résoudre des meurtres. Lire la critique.

10. The Man in the High Castle

Et si les Nazis et leurs alliés avaient remporté la Deuxième Guerre Mondiale et occupaient les Etats-Unis? Adaptation de l’uchronie de Philip K. Dick, la série relate le parcours d’un groupe de résistants.

11. The Missing

Un couple anglais en vacances en France, leur enfant disparaît. Les recherches du père et de la police sont retranscrites sur huit années. Lire la critique.

12.Bojack Horseman:

Gloire et déchéance d’une ex-star de sitcom Bojack. Ce dernier traîne sa dépression, son alcoolisme et son goût pour les drogues dures dans tout Hollywood. Lorsque son éditeur lui demande d’écrire ses mémoires, les ennuis s’accélèrent. Lire la critique.

13. Marco Polo:

Les aventures du jeune Marco Polo inspirées du Livre des Merveilles auprès du Grand Khan en pleine période de troubles dans cet empire entre Asie et Moyen-Orient. Lire la critique.

14. Dominion

Le combat des anges Michael et Gabriel sur Terre. Traquée, l’humanité a pu compter sur l’aide de l’archange Michel pour contrer les attaques incessantes de Gabriel et de son armée d’humains possédés par l’esprit d’anges démoniaques. Malgré l’aide du premier des Archanges, les Hommes ont perdu cette bataille. Ils se sont réfugiés dans des villes forteresses comme Vega. Lire la critique.

15.Wayward Pines:

Ethan Burke, un agent secret, se retrouve prisonnier d’une mystérieuse ville. Parmi les habitants se mêlent les membres d’une organisation étrange qui poursuivent des objectifs indéterminés. Lire la critique.

16. Better Call Saul:

Les aventures de l’avocat véreux Jimmy Mc Gill à Albuquerque avant qu’il ne devienne Saul Goodman, l’avocat des causes perdues et des mafieux. Lire la critique.

17. Deadline Gallipoli

L’histoire des premiers reporters de guerre durant le conflit des Dardanelles à travers plusieurs points de vue. Un nouvel hommage envers les disparus de la Grande Guerre. Lire la critique.

18. Gangland Undercover

Tirée d’une histoire vraie, la série relate l’immersion de Falco, un repris de justice, dans un gang de motards tueurs, trafiquants de drogues et sans limite. Lire la critique.

19. Poldark

Après son retour de la guerre d’Indépendance Américaine, Poldark revient sur ses terres en Angleterre. Il découvre ses biens délabrés et sa fiancée mariée. Poldark va devoir retrouver sa place parmi la communauté alors qu’on le croyait mort. Lire la critique.

20. American Horror Story Freak Show

Dans les années cinquante, Elsa Mars dirige l’un des derniers spectacles ambulants exhibant des monstres. Son affaire est sur le point de faire faillite alors qu’elle doit faire face à l’hostilité des habitants qui soupçonnent les freaks d’être de mèche avec un clown tueur semant les cadavres dans la bourgade de Jupiter. Lire la critique.