Blood Blockade Battlefront : « Un animé fantasy et jazzy très réussi! »

Les studios Bones viennent d’adapter en animé le manga de Yasuhiro Nightow, Kekkai Sensen. Intitulé Blood Blockade Battlefront, cet animé, esthétiquement superbe, relate les combats des super-agents de l’organisation Libra. Dans un New-York futuriste, une faille dimensionnelle s’est ouverte, favorisant l’arrivée de créatures monstrueuses. Lors de cette catastrophe, la ville a été emprisonnée sous une bulle infranchissable. Contraints à la cohabitation avec ces êtres venus d’ailleurs, les habitants s’organisent. Trois ans après ces événements, de mystérieuses personnes tentent de détruire la bulle et de libérer les horreurs renfermées dans Jerusalem’s Lot.

Une fresque fantasy  et futuriste

Cherchant à retrouver sa sœur disparue, le jeune Leonard Watch intègre l’organisation Libra sous l’égide de son chef charismatique Klaus Von Reinhertz. Jouissant de dons précieux, Léonard devient un atout central dans la guerre secrète que mène l’organisation. Dans cette fresque fantasy et futuriste, les personnages hauts en couleur ne manquent pas. Zap Renfro, Sonic Speed Monkey, « Lucky » ou encore l’ennemi numéro un, Femt, le Roi de la Dépravation: tous possèdent des capacités hors-normes que l’on prend plaisir à découvrir lors de combats très réussis esthétiquement.

Une aventure dynamique et soignée

Dans une ambiance jazzy mâtinant l’histoire dramatique du héros, de second degré et d’humour, Blood Blockade Battlefront est une aventure dynamique, pleine de rebondissements, qui se laisse découvrir avec plaisir. Son succès repose sur son mélange entre légèreté et drame. Son univers jazzy et soigné la rend d’autant plus attachante que les capacités exceptionnelles des personnages ne portent pas seulement l’intrigue. On peut rappeler que Klaus Von Reinhertz a hérité du pouvoir que lui confère le « Brain Grid ». Zap Renfro maîtrise à la perfection le « Big Dipper ». Chain Sumeragi peut se rendre invisible. Léonard Watch, quant à lui, possède comme son nom l’indique, des yeux divins. Cet apprenti photographe maîtrise ainsi des capacités uniques qui font de lui une sorte d’Elu.

Un New-York réinventé

Ce New-York réinventé est désormais connu sous le nom de Jerusalem’s Lot. Il consiste en un melting pot surprenant qui mêlent créatures imaginaires, devenues bien réelles, et humains. L’anormalité et le surnaturel sont devenus la norme dans ce monde singulier. Chargée de maintenir l’ordre, la société secrète Libra est confrontée à un mystérieux ennemi qui souhaite la destruction de ce microcosme fragile. Entre Hellboy et Sin City, l’atmosphère de cette métropole brumeuse est délicieusement décalée et jazzy. De cette manière, la monstruosité s’efface au profit d’une plongée atypique et dépaysante dans un univers tonitruant où l’on prend plaisir à déambuler avec les personnages.

Une bande-son délicieusement jazzy

Au programme, magie, paranormal et drame personnel font de cet animé un excellent divertissement. On doit le générique d’ouverture « Hello, world ! » au groupe Bump of Chicken. Celui-ci introduit l’animé comme une ode à la vie dans toutes ses différences en optant pour un rythme endiablé résolument optimiste. Tout aussi excellent, Unison Square Garden propose un générique de fin jazzy et sucré avec le titre « Sugar Song to Bitter Step ». Véritables mises en bouche auditives, ces deux titres caractérisent cet animé détonant. Dans cet Ailleurs imaginaire, tous les coins de rues abritent des surprises.

Une inquiétante étrangeté jouissive

La trame fait la part belle à une action échevelée et à un surnaturel qui n’est pas sans sombrer parfois dans une inquiétante étrangeté. Disponible sur la plateforme de streaming ADN, Blood Blockade Battlefront est un animé rafraîchissant qui vaut le détour, tant par son ambiance, que par l’attrait de tous les personnages qui cohabitent dans cette cité. A découvrir absolument !

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The Heroic Legend of Arslân: “Entre réalisme historique et fantasy, un animé sublimé”

L’animé d’heroic-fantasy, The Heroic Legend of Arslân, est actuellement disponible en simulcast sur Wakanim. Cette excellente adaptation du manga de Yoshiki Tanaka, Les Chroniques d’Arslân, bénéficie d’une réalisation soignée et d’une esthétique séduisante.

Une Perse médiévale fantasmée

Au cœur d’une passionnante fresque aux colorations d’un Orient médiéval fantasmé, cet animé de qualité suit les pérégrinations du jeune prince Arslân, héritier de la couronne de Parse. Son père, le retoutable roi Andragoras, dirige d’une main de fer ce prospère royaume à la frontière entre l’Orient et l’Occident. Sous les assauts répétés des invasions lusitaniennes, le roi convoque le frêle Arslân pour sa première bataille. Lors de cette confrontation sans merci, la puissante armée de Parse est irrémédiablement défaite. La débâcle est cinglante, le royaume perdu. Se soustrayant à l’infamie ultime, être fait prisonnier par les vainqueurs, le jeune prince s’enfuit en compagnie d’individus loyaux et fidèles à Parse.

Quête identitaire et souffle épique

Ainsi débute l’errance du prince Arslân, obnubilé dès son plus jeune âge, par la nécessité de devenir un souverain équitable, puissant et respecté. Désormais sans royaume, la route initiatique du héros résonne comme une traversée du désert essentielle à sa maturité. Cette quête est double. Il s’agit à la fois de rassembler des troupes pour reconquérir le royaume perdu de Parse mais aussi de se former pour devenir un meneur. Dans cette aventure, Arslân est accompagné par les personnages traditionnels de l’univers heroic-fantasy. Ainsi, son entourage se compose de Darium, un chef de cavalerie qui excelle dans le maniement de l’arc, de Narsus, un stratège militaire hors pair, du ménestrel Ghib, de la prêtresse Farnaghis et enfin d’Alfrid. Tous sont ligués contre Hilmes, qui se proclame comme le nouveau maître de Parse car la capitale, Ecbatâna, est elle aussi tombée aux mains des Lusitaniens.

Des combats chevaleresques

Cette épopée guerrière retrace la destinée troublée d’un prince. Fini le jeune enfant puéril et gâté, place au récit d’apprentissage d’un prince en quête de sa couronne perdue. Les décors absolument magnifiques plongent d’emblée le spectateur dans cet univers médiéval et fantastique. Les aventures d’Arslân sont rythmées par des combats dantesques. The Heroic Legend of Arslân renouvelle de manière splendide le destin d’Arslân.

Un paria à la reconquête de son trône

On doit la sublime bande-son à Taro Iwashiro. L’opening rock ouvre l’animé sur la martialité et le caractère guerrier de sa trame. Comment devenir un bon guerrier, et par là un bon roi ? Parallèlement, l’ending se centre davantage sur les aventures périlleuses qui jalonnent le parcours d’Arslân et de ses compagnons. Curieusement, dans cette quête identitaire, le jeune héros semble trouver un équilibre momentané dans celui du paria contraint à l’exil et à la fuite. En effet, au sein de la Cour de Parse, Arslân n’avait jamais réellement trouvé sa place. Malhabile à l’épée, maladroit au combat et incapable d’humeur belliqueuse, le jeune prince chétif suscitait l’inquiétude de sa mère et le mépris affiché de son père, le roi Andragoras.

La dignité des vaincus

Contraints à l’errance, les vaincus repartent à l’assaut de leur gloire perdue. Esthétiquement somptueux, l’animé invite à la contemplation des nouvelles contrées visitées par la troupe de parias. Ce voyage esthétisant est un prétexte à la mise en scène de l’évolution d’un personnage qui n’a, a priori, aucunement l’étoffe d’un souverain. Dans un univers âpre et périlleux, Arslân devra prendre des décisions difficiles et agir en chef. Car il en va de la survie des derniers représentants de Parse.

Querelles religieuses, économiques et idéologiques

Si Lusitania et Parse s’affrontent, les objets du litige sont multiples. Il s’agit d’une guerre religieuse, économique et idéologique. Alors que Parse, dont le nom n’est pas sans évoquer la Perse Antique, est un royaume païen, prospère mais esclavagiste, le royaume de Lusitania révère le Dieu Yahldabôth (signifiant « Sainte Ignorance ») mais convoite les richesses de Parse. Par l’entremise d’un otage lusitanien, l’animé dévoile d’emblée les contradictions inhérentes aux idéologies guerrières et aux propagandes de chaque camp. Le Lusitanien prétend que leur guerre est juste car les Parses sont esclavagistes. La guerre serait une œuvre de libération. De plus, en les convertissant de force, les païens accéderaient enfin au bonheur en révérant un Dieu unique. Les limites de la liberté sont clairement posées d’emblée comme l’enjeu du destin d’Arslân.

Une ode au pragmatisme et à la rationalité

L’intolérance des deux bords conduit à l’inévitable : la cohabitation devient impossible et l’un des deux royaumes doit être détruit. Si Arslân rêve de reconquête, il se garde de la vengeance. Les deux camps ne sont ni totalement bons, ni totalement mauvais. Dans les interstices, se nichent les exactions perpétrées par les uns et les autres, évitant ainsi toute forme de manichéisme. En effet, Arslân fera des compromis avec son ennemi juré. Les impératifs politiques priment dans cette peinture de la reconquête. Enfin, si l’anticléricalisme point derrière la critique de Lusitania, c’est l’anti-esclavagisme qui disqualifie Parse. Rien n’est jamais acquis dans ce récit épique qui vaut le détour. Cette complexité est également l’apanage de la personnalité déroutante d’Arslân. Souffle historique, batailles épiques, aventures et rebondissements rendent cet animé très plaisant à suivre ! La version française du manga sera publiée par les éditions Kurokawa en mai prochain! A découvrir sans attendre !

Animé Tokyo Ghoul: « Un univers où la sensibilité côtoie la folie et la bestialité »

Tokyo Ghoul est un manga seinen de Sui Ishida qui mêle horreur et action. La première saison se compose de douze épisodes. En janvier dernier, la deuxième saison a commencé. Cette histoire tragique relate le destin de Ken Kaneki, un jeune étudiant mordu par une goule. Dans un Tokyo futuriste divisé en vingt et un arrondissements, ces créatures cannibales se cachent sous la forme d’êtres humains qu’elles ont contaminés. C’est également le récit d’un cercle de violence inéluctable entre humains et goules, chaque camp cherchant à venger ses morts.

Kaneki, un hybride fruit d’une expérimentation médicale

Grièvement blessé par Lise, une goule surnommée « la goulue », Kaneki va subir la transplantation d’une partie des chairs de cette créature pour pouvoir survivre. La saison 1 prend le temps de montrer tous les atermoiements du héros lorsqu’il se rend compte qu’il va devoir lutter contre l’envie irrépressible de dévorer des humains. C’est dans le vingtième arrondissement qu’il va intégrer un groupe de goules qui ne se nourrit que de cadavres de suicidés. L’évolution de Kaneki face à son statut d’hybride repose sur une double acceptation : accepter physiquement de se nourrir de chair humaine pour survivre et accepter spirituellement la présence de Lize. La première saison est le récit de cette double conversion et elle introduit magistralement une seconde saison qui s’annonce particulièrement prometteuse.

Contrôler sa gloutonnerie

Qui plus est, l’animé retranscrit parfaitement la dichotomie entre les préceptes de la mère du héros qui prônait l’altruisme, envers et contre tout, et ses réactions plus pragmatiques. Peu à peu, son jugement se colore de la gloutonnerie de Lize et de la cruauté qui sévit aussi bien chez les humains que chez les goules. Dans des épisodes particulièrement éprouvants, Kaneki apprend non sans douleur à contrôler sa soif de dévoration et ses métamorphoses. Dotées de pouvoirs extraordinaires, les goules représentent une menace pour l’humanité. Une organisation policière, le CGG, est chargée de maintenir l’équilibre. En effet, une population trop importante de goules signerait la destruction de Tokyo. Les inspecteurs Arima et Suzuya Juzo s’esquissent déjà comme des protagonistes majeurs de la seconde saison. Le premier est aussi glacial que le second est excentrique et perturbant lorsqu’il joue avec les sutures qui parcourent son épiderme.

Un conflit ouvert entre goules et humains

Tokyo Ghoul donne à voir des personnages complexes qui sont en perpétuelle évolution. Au terme de cette première saison, Ken Kaneki achève pour le meilleur et pour le pire sa métamorphose. Personnage à part entière, la ville de Tokyo et ses rues, où le danger peut surgir à tout moment, recèle une force dramatique essentielle. Oscillant entre le poignant et l’horreur, cet animé est à l’image de personnages toujours sur le point de perdre le contrôle. Cette tension permanente pour ne pas s’abandonner au plaisir d’un festin ignoble correspond à l’impératif de ne pas perdre totalement son humanité. En cela, les goules sont divisées en plusieurs organisations. Celle à laquelle appartient Kaneki, « l’Antique », défend la paix et le vivre ensemble entre humains et goules.

Aux frontières de la raison

Cette quête d’apaisement n’est pas toujours entendue par les autres goules et par les humains. Récit de l’acceptation des différences contre la vengeance et la peur, Tokyo Ghoul est un animé où la sensibilité côtoie la bestialité et la folie. Aux frontières de la raison, les humains comme les goules sont dévorés par une soif destructrice qui les apparente à des bêtes. Ken Kaneki va devoir trouver sa place au sein de la société des goules qui ont appris se mêler à la foule incognito.

Une bande-son entre fragilité et violence

Outre cette exploration de ce monde clandestin qui vit parallèlement à la société humaine, Tokyo Ghoul est une véritable réussite en ce qu’il ne se contente pas d’exhiber l’horreur. En effet, chaque personnage possède une histoire poignante qui est dévoilée au fur à mesure de l’intrigue, ce qui les rend particulièrement attachants. Dépliant les nuances des caractères, cet animé se révèle vite palpitant. Son générique d’ouverture est le titre « Unravel » interprété par le groupe japonais TK. Il mêle parfaitement la fragilité et la violence qui caractérisent les personnages. La bande-son de clôture est « The Saints » interprété par People In The Box. Malgré sa fin trop abrupte, Tokyo Ghoul aborde le cannibalisme sous un angle totalement différent de L’Attaque des Titans. Cet animé émouvant et captivant est à découvrir sans plus attendre !

Animé Berserk: une épopée sanglante et inoubliable!

Cet été aura été propice à l’univers de la saga culte, Berserk, puisque le 2 juillet paraissait le tome 37 chez Glénat. En outre, le 25 août dernier, Dybex sortait le coffret Blu-Ray, édition Saphir des 25 épisodes de l’animé de 1997 adapté des mangas de Kentaro Miura. Les images remastérisées promettent un spectacle d’anthologie. De plus, un livret de 28 pages complète les 3 dvd. Cette référence du seinen de dark fantasy a également été déclinée en trois films mais il est bon de revenir à la source de cet incontournable des animéthèques.

 Guts, le guerrier féroce

« Dans ce monde la destinée de l’Homme est contrôlée par une entité ou une loi transcendantale. Au moins l’Homme sait qu’il n’a aucun contrôle au-delà de sa propre volonté » : tels sont les mots glaçants qui ouvrent le générique de Berserk. Dans un univers médiéval, parfaitement reconstitué, un guerrier des ténèbres erre, hagard : c’est Guts. Dans chaque bourgade, il traque de mystérieux démons. Une étrange marque sur son cou le fait horriblement souffrir et semble être sa malédiction. C’est son destin qui va nous être conté dans un flash-back détonant.

Griffith, un Alexandre déchu

Jadis, armé de sa gigantesque épée Dragon Slayer, il écumait les forteresses pour offrir ses services au seigneur le plus offrant. Par la suite, il rejoint les Faucons, la troupe de mercenaires du charismatique Griffith. A la tête de cette redoutable armée, ce nouvel Alexandre enchaîne les batailles sanglantes et les victoires. D’une complexité rare et d’une violence spectaculaire, Berserk est une épopée mémorable. Signifiant en ancien norrois un « guerrier féroce », ce titre désigne la rage qui saisit Guts au plus fort du combat. Quête mystique et existentielle, cet animé relate avant tout l’histoire d’une ascension et d’une chute. Les liens au sein du trio Guts, Griffith et Casca sont d’une intensité tragique. Dans cette époque tourmentée, des créatures étranges se tapissent dans les recoins avant de dévorer les âmes. Promis à un brillant avenir, Griffith est un stratège et un bretteur hors-pair. C’est aussi un fin politique à l’ambition démesurée. Son rêve d’enfance est de fonder son propre royaume. Une mystérieuse amulette, le Béhélit pourpre, semble le garantir de toute blessure.

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Une épopée médiévale grandiose

D’une beauté époustouflante, les décors médiévaux, les détails des batailles et des armures, font de Berserk un bijou esthétique. Entre luttes pour le pouvoir et luttes fratricides, l’ambition de Griffith est au cœur de cet animé car elle met en question la relation particulière qu’il entretient avec Guts. Tour à tour, amis et rivaux, le guerrier noir a trouvé un seigneur qu’il estime et à qui il a pu prêter allégeance. Extrêmement sombre et déroutant, parfois bestial, cet animé phare concentre les superlatifs. La narration hors-norme offre un flash-back, empreint de gravité, pour raconter la grandeur et la décadence d’un brave qui a choisi de ne plus suivre son seigneur lorsqu’il a finit par sacrifier ce qu’il avait de plus précieux pour assouvir son désir le plus cher.

Les God Hans, panthéon infernal et corruption du pouvoir

Cet univers médiéval et fantastique abrite des créatures monstrueuses et sanguinaires comme Zodd. Chaque duel correspond à une scène qui reste gravée dans la mémoire. Rythmant l’intrigue, ces scènes-clés symbolisent les multiples crises qui préludent à la crise finale qui verra Griffith se transformer en Femto, nouveau Méphisto dont le casque rappelle celui du héros du film de Brian de Palma Phantom of the Paradise. Les corps mis en pièces dans des combats sans merci sous-tendent un scénario envoûtant dont on ne ressort pas indemne. Au faîte de la gloire, Griffith et ses compagnons d’arme sombreront dans des enfers qui figurent la corruption du pouvoir lorsqu’on s’en approche de trop près.

Au premier plan Voïd, Griffith/ Femto deviendra le cinquième God Hand @Dybex
Au premier plan Voïd, Griffith/ Femto deviendra le cinquième God Hand @Dybex

La cruauté infernale de l’ambition

De cette ode puissante, résulte un lyrisme sanglant qui explore la part sombre de l’âme humaine. La bande-son rugissante de Berserk entraîne le spectateur dans le tourbillon des passions. Chant de mort dédié autant à la liberté qu’au devoir, cet animé transporte dans les affres de la dévoration intérieure. Consumé par son ambition et par son désespoir, Griffith n’est plus qu’une enveloppe décharnée après ses années de captivité. Le rêve qu’il caressait est ruiné, et l’on ne peut s’empêcher d’avoir le cœur serré en revoyant les images du jeune garçon courant vers le château fortifié situé sur un promontoire. D’une cruauté infernale, la virtuosité de l’œuvre de Kentaro Miura est parfaitement rendue dans cet animé envoûtant.

De l’épopée sanglante à la tragédie de la solitude

Les démons font partie d’un panthéon qui n’est pas sans rappeler les dieux primitifs des œuvres de Lovecraft. Le mythe de Cthulhu influence ce fantastique macabre où le sang ruisselle. Griffith est un Alexandre déchu. Alors que le jeune macédonien avait rêvé d’un œuf qu’il roulait sur le sol et dont sortait un serpent, son futur précepteur, Aristote, avait réussi à lui livrer l’interprétation de ce rêve prémonitoire qui annonçait qu’il serait maître du monde. Dans Berserk, aucun sage n’est présent pour encadrer les velléités du conquérant, ni pour interpréter ses rêves. Il est seul. Griffith incarne cette solitude du chef d’armée. Ni Casca, ni Guts, pourtant ses plus proches compagnons, ne seront parvenus à le saisir totalement. Que ce soit sur les champs de bataille ou dans les salons cossus des châteaux, il échappe à tous et regarde le monde avec distance. En cela, Berserk est une œuvre polymorphe qui mêle la tragédie de la solitude à l’épopée sanglante.    

Forces, une bande-son martiale et grandiose 

En somme, l’idéalisme des débuts est rattrapé par les menées sourdes des intrigants et des fourbes. Pour réaliser son rêve, Griffith comprend qu’il va devoir perdre sa pureté morale et se commettre avec les perfides. A contrario, Guts refusera toujours d’abandonner ses principes moraux et de se souiller. Guerrier brave et fidèle par excellence, il est la représentation chevaleresque de l’homme solitaire qui choisit la voie opposée à celle de son seigneur. Susumu Hirasawa, chantre du genre « techno-punk », a composé le titre « Forces ». Détonation musicale, ce son épique immerge immédiatement dans cet univers martial. La sortie en Blu-Ray de cet animé est donc l’occasion de se replonger avec plaisir dans cette saga mythique ou de la découvrir si ce n’est déjà fait !

Monster : « Un animé d’exception qui effeuille les fleurs du mal »

Monster, animé adapté du passionnant manga de Naoki Urusawa, pourrait être adapté en série. L’intrigue d’exception de ce thriller à la qualité rarement égalée comporte un dénouement stupéfiant. Le Sugoi Japan, programme valorisant la culture japonaise dans les médias, relançait, dès le 14 août dernier, le mystère concernant une éventuelle adaptation du manga en série par la chaîne américaine HBO. Actuellement en pourparlers pour obtenir l’agrément d’Urusawa, Guillermo del Toro porterait le projet avec Steven Thompson, notamment co-scénariste de Sherlock et de Doctor Who. Pour obliger les Etats-Unis, l’intrigue serait transportée en Amérique et ne mettrait donc plus en scène un médecin japonais exerçant en Allemagne.

Idéalisme versus Cynisme

Kenzo Tenma, un brillant chirurgien à la carrière prometteuse, est confronté en 1985 à un dilemme lourd de conséquences. Idéaliste, il a toujours suivi aveuglément les directives de son mentor, le docteur Heineman dont il doit épouser la fille, Eva. Lorsque Johann Liebert, un jeune garçon blessé par balle à la tête est admis aux Urgences, Tenma décide de passer outre et de le sauver à la place du maire de Düsseldorf. Cynique, sa fiancée lui assène que « toutes les vies ne se valent pas ». Ce cas de conscience fera basculer sa destinée. Neuf ans plus tard, il découvre que celui qu’il a sauvé est un assassin méthodique.

Le passé à la lueur d’une lanterne magique

Urusawa narre brillamment l’errance d’un homme, accusé à tort des meurtres commis par son ancien patient. Johann Liebert, véritable Adonis blond, assume sa monstruosité. La scansion millimétrée de l’intrigue dévoile l’histoire tortueuse et sombre du tueur comme dans une lanterne magique. L’ancêtre du projecteur, rendu fameux par Proust dans La Recherche du Temps perdu, fait le sel de cet animé. Les nombreux flashbacks qui ponctuent la trame sont des archives que l’on projette comme autant de réminiscences horribles ou rassérénantes. Cette permanente oscillation mime les soubresauts d’un passé onduleux.

Le Monstre peut en cacher d’autres

Lorsque Tenma part à la recherche de Johann Liebert, son périple le conduit sur les traces du Monstre. Son passé morcelé est à reconstituer. En compagnie de la jeune Nina, la sœur jumelle de l’ange de la mort, Tenma s’interroge sur l’hypothèse fatidique qui le ronge. S’il ne l’avait pas sauvé, pas de cadavres semés tout au long de son parcours. Cette culpabilité lancinante est le fil rouge de cette intrigue qui fourmille de personnages complexes. En effet, le Monstre a été crée par d’autres monstres, des eugénistes qui souhaitaient former une nouvelle élite de la Nation à partir d’enfants sélectionnés. Le personnel de l’orphelinat et les militaires calculateurs constituent une faune sordide.

A la recherche du bien-aimé perdu

L’originalité de cet animé repose sur les multiples quêtes des personnages qui finissent par se rejoindre. Alors que Tenma poursuit l’insaisissable Johann, Nina tente d’échapper à l’atavisme pour dessiner sa propre route. Quant à son frère, il cherche son créateur, le Monstre initial. Enfin, Eva Heineman se révèle un personnage délicieusement nébuleux. Tant dans ses réparties caustiques, où ondoie son désespoir, que dans ses beuveries, des salons huppés aux gargotes, elle subjugue par sa cuirasse d’amertume qui se fêle, parfois, lors d’instantanés qui signalent qu’elle n’est pas sortie indemne de sa rupture avec Tenma. Répulsion et attraction se mêlent dans sa quête du bien-aimé perdu. Avec un sens substantiel de la nuance, Urusawa met en scène dans ses mangas une poursuite des insaisissables disparus. Qu’on les ait aimés ou détestés, ces êtres incarnaient un moment intense de son existence. Pour Eva, Tenma est l’ombre évanescente de ce passé heureux.

Des souvenirs fantasmagoriques

Urusawa jalonne l’intrigue d’images ou de scènes qui saisissent. Ainsi, si le scotch agrémenté d’une rondelle de citron particularise Eva Heineman, son ambiguïté envers Tenma et sa désespérance la rendent poignante. Ainsi, chaque personnage est exposé à ses propres limites, comme une transposition symbolique des frontières traversées par le héros pour ressaisir les traces de Johann. Chacun aspire à boire au Léthé pour enfin s’abandonner à l’oubli, mais la séduction du Monstre les retient. Alors que Nina cherche à vivre normalement, son frère caresse les moments les plus terribles de son enfance pour mieux effacer son passé dans le sang. En cela, Urusawa travaille les souvenirs  et leur présence mortifère.

Rassembler les petits cailloux blancs

Dans le générique de fin de l’animé, la chanson de David Sylvian, For the love of life, symbolise la berceuse qui console le Monstre de sa solitude. Délicate et sombre, la trame se tisse à la fois autour des exécutions de l’impassible Johann et des références à son passé qu’elle tend à mythifier. Urusawa invite donc à éclairer, à la lueur d’une lanterne magique, les zones d’ombre d’une enfance martyre. Comme les personnages, on suit les petits cailloux blancs semés par un Petit Poucet qui s’est mû en Ogre pour les dévorer à leur tour.

Il était une fois « Un monstre sans nom »

Les contes illustrés fourmillent dans Monster. C’est qu’Urusawa livre une variation du mythique croque-mitaine. En l’occurrence, le conte d’Emil Sebe, Obluda Kterà Nemà Jméno, illustre le destin du Monstre. Polymorphe, il s’est blotti dans le jeune garçon avant d’éclore. Qu’ils multiplient les fausses identités ou les noms d’emprunts, les monstres de l’animé sont condamnés à une errance initiatique. Ce sont des tueurs de grands chemins. Urusawa déroute car il renouvelle le canevas habituel des contes. Dans sa fable noire, le prince Tenma délaisse la princesse Eva et court après le Monstre, non pour le tuer mais pour le comprendre et le garantir de la mort.

Une pantomime du salut

Le trait de génie d’Urusawa point derrière la sublime abomination née des tortionnaires. L’implacable assassin aurait dû mourir à plusieurs reprises. Tenma le sauve car il a compris que son geste exorcisait la monstruosité de Johann et l’empêchait d’y sombrer lui-même. Le mystérieux lien qui les unit est le pendant d’une quête rédemptrice. Tenma, est-il responsable de tous ces assassinats ? Est-il un monstre à part entière ? La réponse finale lève le sort maléfique qui emprisonnait les protagonistes. Chacun solde donc son passé et se défait de ses propres monstres. Délicatement, Naoki Urusawa effeuille les fleurs du mal pour livrer une fable sur la condition humaine. Les personnages se débattent dans les rets de leur passé respectif sans parvenir à le formuler. De vicissitudes en lueurs d’espoir, cet animé fascine et ravit. On ne se lassera donc pas de voir ou de revoir l’inoubliable Monster.

Death Parade : « Un animé qui explore les arcanes de l’au-delà avec facétie »

« L’enfer, c’est les autres », écrivait Sartre pour saisir sa peinture d’un au-delà éminemment oppressant. Dans cette veine, l’animé Death Parade livre une fresque esthétiquement superbe du Purgatoire. Réalisée par Yuzuru Tachikawa, cette nouvelle production des studios Madhouse est une adaptation du film Death Billiards, sorti en 2013.

A pile ou face, risquer le sort de son âme

Diffusé le 9 janvier dernier sur la chaîne nippone NTV, le premier épisode intitulé « Sept fléchettes » plonge immédiatement le spectateur dans l’atmosphère. Les nouveaux « invités » se retrouvent dans un mystérieux bar sans le moindre souvenir de leur arrivée. Un serveur les accueille en les obligeant à participer à un jeu qui mettra leur vie en jeu. Or, il s’avère que les joueurs sont déjà morts. L’énigmatique barman est un arbitre déterminant si leurs âmes iront en Enfer ou au Paradis. Dans ce premier épisode, le jeu de fléchettes d’un genre très particulier mêle torture physique et mentale.

Les fléchettes ou la métaphore des fautes cachées

Dans Death Parade, l’arbitre reste en dehors des querelles qui éclatent entre les participants. Le jeu n’est que le prétexte à tester les réactions de ceux qui sont déjà morts pour déterminer la valeur de leurs âmes. Secrets de famille, doutes, confessions, terreurs et souffrances éclatent dans un décor soigné. L’arbitre est le témoin des secrets qui se font jour. La vérité échappe car on ne sait si les vérités assénées douloureusement ne sont pas aussi des mensonges pour blesser celui que l’on a aimé.

Un Purgatoire jazzy esthétiquement superbe

Ce mystérieux bar, improbable anti-chambre de l’au-delà, à la fois décalé et approprié car représentant un lieu de passage où l’on ne reste pas, c’est le Queen Dequim. Le jugement des âmes des morts en attente d’une seconde vie s’opère dans une ambiance jazzy et néo-gothique. Qu’ils soient graves, décontractés ou fantasques, les personnages qui hantent ce lieu composent un cercle haut en couleur. Dequim est le tenancier du bar et l’arbitre durant les jeux. Très respectueux et discret, il préside aux jugements des âmes des morts. Très hiérarchisé, l’au-delà se révèle une structure en étages où tout peut être observé. Deux ascenseurs permettent soit de monter au Paradis, soit de descendre en Enfer.

Quand les masques tombent : entre sadisme et introspection intérieure

Chaque épisode propose deux joueurs qui vont s’affronter. Dans le premier, Takashi concourt contre sa femme Michiko. Tensions et surprises apportent un rythme soutenu à cet animé détonant. Les rosaces sont autant d’yeux scrutant le passé des joueurs où se trouve déjà une partie de la réponse qui déterminera leur sort. Sur ce point, il n’est d’ailleurs pas anodin que le personnage s’approchant le plus de Dieu soit un vieillard dénommé Oculus. La trame originale représente des proches ou des amis faisant preuve de cruauté morale ou physique les uns envers les autres. Mais l’ensemble ne sombre ni dans le manichéisme, ni dans le gore. Les jeux d’ombre et de lumière de cet environnement ténébreux constituent l’écrin de ces anges de la mort un peu particulier.

Une bande-son lugubre et solennelle

Yuki Hayashi propose une bande-son lugubre et solennelle qui sublime cet animé envoûtant. En outre, les décisions des arbitres, parfois inattendues, renforcent leurs caractères étranges et imprévisibles. Le premier couple va faire l’expérience d’un premier jeu à la frontière entre le sadisme mental et l’introspection intérieure. Le premier épisode lance parfaitement Death Parade qui mêle avec brio grâce et gravité. A savourer !

Vidéos : Animés, les 7 nouveaux génériques les plus envoûtants !

Magic Kaito 1412: “Fulli Kimi no Matsu Sekai” (Lagoon)

Gundam G No Reconguista: “Futari No Mahou” (May J)

Durara!!x 2 Shou : “Headhunt” (Okamoto’s)

Death parade : « Flyers » (Bradio)

Yoru no Yatterman: “Kyokugen dreamer” (Screen Mode)

Aldnoah Zero saison 2: “&Z” (Sawano Hiroyuki)

Nanatsu No Taizai : “Seven Deadly Sins” (Man with a mission)

Et en bonus, un générique fait par un fan pour la saison 2 de Tokyo Ghoul [Fan Made] (Hello Sleepwalkers)

Fate Stay/ Night: « Une épopée guerrière et mélancolique pour la conquête du Graal! »

Adapté par le studio Deen (Fruit Basket), Fate Stay/ Night est un animé d’héroïc fantasy diablement épique. Tous les dix ans, sept maîtres magiciens s’affrontent avec leurs « Servants » pour conquérir le Saint-Graal afin d’exaucer leur vœu le plus cher. Dans cet univers de dark fantasy, les combats et les sortilèges sont esthétiquement superbes. La bande-son électrisante de Kenji Kawai à qui l’on doit celle de Ghost in the Shell rend poignants les moments cruciaux de l’intrigue. Fate/stay night est aussi une excellente occasion de découvrir l’ensemble de la série Fate.

Dans cet animé, le fatum désigne à la fois le destin des personnages et l’atavisme familial qui les lie à la pratique de la magie. Shiro Emiya est un orphelin recueilli par un mage chevronné. A sa mort, le jeune garçon se révèle inapte à maîtriser des sorts fondamentaux mais singulièrement talentueux dans l’analyse structurelle des objets. Comme tout héros de tragédie, Shiro n’échappera pas à son destin. Une nuit, il est rattrapé par la guerre qui oppose les sept meilleurs Mages pour l’obtention du Graal. Par inadvertance, il invoque le plus puissant des « Servants », Saber, qui est un avatar féminin du roi Arthur.

Mêlant habilement mythologie et légendes guerrières, Fate/Stay Night alterne entre gravités, romance impossible et comédie. Les serviteurs des magiciens sont les réincarnations de héros légendaires comme Hercule, la magicienne Circé ou encore Arthur. Cet animé explore les atermoiements de personnages fragiles sous leur force apparente. Shiro, celui qui semble le plus chétif, s’avère le seul à être capable à prendre des décisions parfois cruelles.

Véritablement très inspirée, la bande-son oscille entre souffle épique et mélancolie. En cela, le personnage principal est moins Shiro que Saber qui, par son côté martial et jusqu’au-boutiste, magnifie la relation qui l’unit à son Mage. Comme le Servant Archer, c’est bien les Serviteurs guerriers qui tiennent le premier rôle dans cet animé où les Mages sont davantage en retrait et sont plus prévisibles. Les personnalités tourmentées des héros légendaires confèrent une profondeur à l’intrigue que soulignent parfaitement les mélodies de Kenji Kawai.

Ce tournoi à mort n’est pas sans établir un parallèle entre les Servants et les chevaliers. Saber en est l’illustration. En tant qu’avatar du roi Arthur, elle incarne la bravoure et la persévérance. Cette nouvelle génération de mages ne sombre jamais dans le manichéisme. Tous obnubilés par la conquête du Graal, certains n’ont pas hésité à se tourner vers la magie noire pour parvenir à leurs fins. Héros du passé, les Servants sont habités par la mélancolie et la nostalgie quant à leur gloire disparue. Divisés en sept classes: Saber, Archer, Lancer, Caster, Assassin, Berserker et Rider, ils maîtrisent chacun une arme particulière.

Saber, une redoutable guerrière et épéiste hors-pair, illumine les féroces combats que se livrent les Mages. Particulièrement émouvant, le dernier épisode réécrit « Le Morte d’Arthur » de Thomas Malory, somme qui compile les aventures du roi Arthur et notamment sa disparition et, avec lui, celle de son épée Excalibur. Si l’on évoque les héros mythiques, leurs armes font tout autant partie de la légende. Transposant le souffle épique des batailles médiévales des chevaliers de la Table Ronde dans le monde moderne, Fate/ Stay Night garde l’essence même de la quête du Graal en postulant que la recherche de l’absolu représentée par la relique sacrée vaut mieux que sa possession même.

Des duels de chevaliers magiciens aux stratégies complexes, les affrontements mêlent merveilleux et bravoure guerrière. Par son scénario et ses personnages charismatiques, Fate Stay/ Night est un mélange plaisant de fééries, de légendes et de tragédie. A découvrir ou à revoir !

Animé Aldnoah Zero : « Une guerre interplanétaire grandiose et sanglante »

Ei Aoki et Gen Urobuchi (Black Lagoon) orchestrent brillamment cet animé détonant. En 1972, une mission lunaire découvre un mystérieux portail spatial qui permet de rentrer en contact avec Mars. Les habitants de la planète rouge sont d’anciens terriens qui possèdent une arme destructrice. Cette supériorité militaire les entraîne à envisager la conquête de la planète Terre. Après avoir détruit la Lune, leurs forteresses spatiales se positionnent en orbite malgré les intentions pacifistes de l’héritière de l’Empire, la princesse Asseylum Vers Allusia.

Inaho, l’anti-héros taciturne et mystérieux

Aldnoah Zero se distingue des autres « animés-méchas », comme Gundam Wing, par l’esthétisme futuriste et soigné des Méchas et des forteresses spatiales. Alliant parfaitement costumes désuets et modernité, les commandeurs des forteresses sont aussi cyniques qu’élégants. Ils fomentent l’assassinat de la future impératrice pour prétexter l’attaque de la Terre. Inaho, un jeune étudiant, fait partie des jeunes pilotes de Méchas formés depuis des années en vue de résister à l’invasion martienne. Taciturne et stratège hors pair, il semble avoir le secret pour contrer les plans des soldats de l’Empire Bars qui a déclaré la guerre à l’alliance terrestre.

Une bande-son éthérée et troublante

La bande-son d’Hiroyuki Sawano, à qui l’on doit notamment la musique de Blue Exorcist, sublime l’animé en proposant une mélodie éthérée. La pureté de l’infini spatial, qui affleure dans chaque image du générique, s’oppose aux noirs desseins de soldats martiens sûrs de leur supériorité.

Des décors spatiaux esthétiques et raffinés

Cette bande-son accompagne un décor raffiné et travaillé. Rien n’est laissé au hasard dans cet animé où chaque apparition de Méchas est un délice esthétique. Cependant Aldnoah Zero propose également une réflexion profonde sur l’impossible paix entre deux nations qui se détestent. En outre, il s’interroge sur la viabilité de la trêve alors que l’un des deux peuples possède « l’Aldnoah », une mystérieuse arme, à la fois artefact et symbole mystique. Cette menace est latente puisqu’elle évoque des souvenirs douloureux aux vétérans terriens qui se sont battus pour son obtention. Les guerres s’enchaînent donnant lieu à des batailles sanglantes.

Aldnoah : l’étrange artefact extraterrestre

La déroute et le désarroi des troupes décimées sont dépeintes sans voile. Les héros, amis de lycée, ne sont pas à l’abri de perdre l’un des leurs. Panique de la population et attente du miracle alternent. L’Aldnoah concentre toutes les interrogations sur sa véritable nature : énergie subspatiale ou entité extraterrestre ? Ce suspens persiste tout au long de la première saison. L’intrigue est prenante et rythmée grâce à des personnages traumatisés comme le lieutenant Marito, qui a sombré dans l’alcool et l’indifférence après le premier conflit entre la Terre et Mars. De même, Slaine Troyard, un terrien à l’histoire trouble qui a été sauvé par la princesse martienne, mâtine l’histoire d’un calme souverain et inquiétant.

Une lecture métaphysique du sacrifice au combat

Les scènes apocalyptiques fusionnent parfaitement avec l’univers Méchas et rendent cet animé très prenant. Visuellement très abouti, il immerge d’emblée dans une atmosphère de fin du monde où les Terriens n’ont a priori aucune chance contre un ennemi qui leur est technologiquement supérieur. Fable sur l’abnégation, le courage et les choix personnels, Aldnoah Zero renouvelle le genre des combats méchas en s’inscrivant dans une optique politique et métaphysique. Au-delà de la confrontation pour la conquête d’un nouveau territoire, le conflit repose sur l’impossible entente entre deux peuples aux mœurs différentes.

Une guerre interplanétaire entre David et Goliath

La paix retrouvée entre les deux planètes est donc le point de mire de cet animé martial. Oscillant entre la désespérance et la proximité entre les ennemis, l’intrigue met en scène des protagonistes qui combattent sans merci tout en essayant de comprendre leurs adversaires pour mieux les contrer. Entre jeux de dupes, trahisons, menées secrètes et conjurations, c’est au plus haut niveau des commandements respectifs de la Terre et de Mars que pourra se résoudre la situation. Le jeune Inaho et ses compagnons, tantôt désinvoltes, tantôt redoutables, signalent le changement de leur statut. De lycéen à celui de soldats, l’innocence est terminée, place aux combats et à la résistance. Chorégraphiés avec brio, les duels entre Méchas sont jouissifs. A découvrir sans tarder !

Animé Terra formars : « La conquête de Mars entre horreur glaçante et drame poignant»

L’adaptation animée de Terra formars, l’excellent manga de science-fiction écrit par Yu Sasuga et Kenichi Tachibana, propose un univers sombre et grave que l’on trouvait dans les mangas parus chez Kazé.

Une tragédie planétaire: « La Terre se meurt »

L’intrigue repose sur une tragédie individuelle et universelle car au début du XXIe siècle, la Terre est surpeuplée et ses ressources deviennent insuffisantes pour nourrir toute la population. Face au désastre imminent, l’humanité décide d’envoyer plusieurs missions vers Mars en vue de la « terraformer », c’est-à-dire de modifier son environnement pour qu’il devienne viable pour les humains. Du lichen a été envoyé sur la planète rouge pour absorber le gaz carbonique et des cafards y ont été implantés car ils ont la faculté d’absorber la lumière du soleil. Cinq cents ans plus tard, en 2577, la terraformation est presque achevée. L’U-Nasa décide alors d’envoyer une mission de six astronautes pour acter de la réussite de l’opération. On ne reverra jamais les membres de la mission Bugs-1 décimés par les cafards qui ont muté. Ils sont devenus des géants humanoïdes tout en conservant leurs capacités d’insectes.

Des affrontements gores et spectaculaires

Pour inverser la situation, une nouvelle mission est dépêchée sur Mars en 2599. Cette fois-ci, une centaine de personnes compose l’équipe logistique qui encadre les quinze humains génétiquement modifiés, formés spécialement pour détruire les cafards et capturer des spécimens. Les combats gores et spectaculaires ancrent résolument Terraformars dans l’action. Sur ce point, on peut rapprocher la physionomie pataude et indéterminée des cafards de l’espace aux Géants de L’Attaque des Titans. En effet, ces insectes sont mus par leur instinct primaire qui les pousse à dévorer toutes formes de vie se trouvant sur Mars.

Les hybrides, dernier recours de l’humanité

Face à cette menace, il fallait des soldats d’élite. Terraformars propose donc une réflexion habile et réaliste sur la conquête spatiale. Le berceau de l’humanité n’étant plus viable, la première expérience de modification d’ampleur de l’eco-système martien a tourné au fiasco. Cependant, la Terre se meurt toujours. Aussi, le seul recours réside-t-il dans la réussite de ces « super-soldats ». En l’occurrence, l’originalité de Terraformars se signale dans cette approche de l’hybridité. Dans Fullmetal Alchemist, Shô Tucker, « le tisseur de vie », créait des chimères en alliant le code génétique d’animaux à celui d’humains. Il avait franchi toutes les règles éthiques en sacrifiant sa fille, en la fusionnant avec le chien de la famille pour créer une chimère, mi-humaine, mi-animale.

La création de surhommes et problèmes éthiques

Dans Terraformars, les chimères ou hybrides sont des humains dont le code génétique a été mêlé à celui d’insectes ou d’animaux. Leurs caractéristiques exceptionnelles leur permettront d’affronter les hordes de cafards qui peuplent Mars. Les transformations impressionnantes suscitent un mélange de gêne et de dégoût. Cet animé interroge la dimension éthique de ce programme. En effet, le héros Akari Hizamaru, dont la base d’hybridation est un papillon, perd son amie et bien-aimée à cause du virus A.E., d’origine extra-terrestre, qui fait des ravages sur Terre. Seuls les cafards pourraient permettre de trouver un vaccin. Alors que la jeune fille n’a pas survécu à son attente de greffe, Hizamaru est recruté par le capitaine Komachi pour « sauver les vies de centaines de personnes qui souffrent du même mal ».

Une ode au sacrifice et à l’abnégation

Terraformas met en scène des volontaires, têtes brulées ou désespérés qui n’ont plus rien à perdre, pour subir ses expérimentations aux effets définitifs. En acceptant de quitter l’humanité pour embrasser la monstruosité, ils sacrifient déjà leurs vies, avant même les premiers combats, pour sauver le reste de la population humaine et lui trouver une nouvelle planète et, en cela, un refuge. La violence des confrontations n’ôte rien à la profondeur de l’intrigue. On suit les doutes, les atermoiements et la mélancolie de personnages qui ne sont pas des super-héros mais des guerriers d’un nouveau genre.

Des personnages au passé poignant et complexe

Par l’entremise d’un rythme soutenu, les moments d’émotion et d’action se succèdent dans cet animé sombre et dérangeant. Ainsi, les personnages ne se réduisent pas à des soldats surentraînés et insensibles car chacun possède une histoire trouble et poignante. En outre, on guette avec impatience chacune de leurs métamorphoses. Que l’hybridation s’opère avec l’adn d’un frelon, d’une araignée, d’une fourmi, d’un papillon d’un crabe, d’un poulpe, d’une anguille, d’un criquet, d’une guêpe et d’autres êtres vivants, les transformations des personnages signalent leur passage de l’humanité à la bestialité.

Des décors spatiaux sombres et glaçants

En outre, les décors spatiaux sombres et lugubres ainsi que l’environnement martien désertique et aride campent un espace hostile où la planète-mère est lointaine. A la merci de cafards mutants, cette nouvelle équipe ne peut que faire appel à son courage et à son abnégation pour venir à bout de la menace. Nul secours ne viendra plus de la Terre. Au sein de cet espace déshumanisé, les membres de l’équipe créent des liens et se soudent en brigades solidaires. Avec sa personnalité, chacun tient son rôle pour mener à bien la mission.

Des mutants impitoyables et affamés

L’esthétique minimaliste des cafards martiens ne fait pas dans la surenchère pour les rendre effrayants et peu ragoutants. C’est que la terreur est induite par leurs mouvements groupés, leur voracité et leur caractère impitoyable. Terraspex signe la bande-son rock et déchaînée de cet animé avec deux titres « Amazing Break » et « Lightning the World ». Terraformars constitue donc un excellent divertissement aussi bien dans sa version animée que manga. Il ravira aussi bien les inconditionnels d’actions crues et d’intrigues sombres et bien ficelées, que les amateurs de science-fiction grâce à ces faux-airs de Starship Troopers et d’Alien. A découvrir sans plus attendre !

Animé Sword Art Online 2: Des guns et des gamers dans un feu d’artifice d’action!

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La seconde saison de Sword Art Online s’intitule Phantom Bullet. Fondé sur le « light novel » (des courts romans pour jeunes adultes) de Reki Kawahara, cet animé est une vraie réussite. On retrouve Kirito dans un nouveau jeu de combat, non plus dédié aux duels à l’épée dans un univers fantasy, mais aux armes à feu dans une ambiance résolument cyber-punk. Asuna apparaît par intermittences en hommage au duo qu’elle formait dans la première saison avec le héros. Alors que le premier arc explorait la complexité des liens amoureux et familiaux, le second met en lumière les relations amicales entre les personnages.

« Death gun » : quand la mort virtuelle devient réalité

Après être revenu du jeu virtuel dans lequel il était prisonnier, Kirito se connecte à nouveau à son Nerve Gear pour traquer « Death Gun », un mystérieux assassin. En effet, l’un des meilleurs joueurs de la plateforme, Zexceed, vient d’être retrouvé mort à son domicile. Sur son amusphere trônait Gun Gale Online (GGO). C’est que l’inexplicable s’est produit puisque lorsque son avatar a été détruit, ce joueur est également mort dans la réalité. Ce méchant détonnant chasse les meilleurs joueurs. Qui plus est, Kirito l’aurait rencontré dans la précédente saison. L’identité de cet autre survivant constitue la principale énigme de cet animé qui se déroule dans un univers plus sombre et plus violent.

Une frontière poreuse entre virtuel et réel

Dans ce second arc, la frontière entre la réalité virtuelle et le monde réel tend à s’estomper de plus en plus. Le héros et sa nouvelle co-équipière apparaissent tous deux plus à l’aise dans leurs vies virtuelles que dans le monde réel. Avec l’aide de Sinon, Kirito s’inscrit au tournoi « Bullets of the Bullets » dans le but d’attirer l’attention de « Death Gun ».

Sinon, une héroïne forte et fragile

Sinon est une jeune fille qui subit brimades et rackets de la part de ses autres camarades de classe. Traumatisée par un braquage durant lequel elle tue le malfrat, elle n’a jamais pu se remettre de ce cauchemar d’enfance qui revient la hanter dans la réalité. Dans le monde virtuel, elle est forte et ne ressent aucune peur. Comme Kirito qui défend l’hypothèse que les deux mondes interagissent entre eux, Sinon pense que l’aisance qu’elle acquerra dans le monde virtuel la rendra moins vulnérable.

Une bande-son jubilatoire

Sublimant cette deuxième saison, le thème d’ouverture « Ignite » est interprété par la chanteuse japonaise Eir Aoi. Il enflamme d’emblée cette intrigue explosive. C’est Luna Harune et son titre « Startear »qui a été choisi pour le thème final. A la fois sensible et cocasse, Sword art online fait son retour avec des scènes savoureuses sur l’avatar féminin de Kirito. Les situations burlesques s’enchaînent avant que la gravité de l’animé reprenne ses droits.

L’escrime avec des guns

Esthétiquement, Sword art online est toujours aussi soigné. On se passionne pour la personnalité complexe de Sinon qui préfèrerait vivre dans le monde virtuel de GGO. Les combats sont chorégraphiés de manière époustouflante. Grâce à son sabre laser, le héros ravit par ses pirouettes improbables et ses stratégies pour battre ses adversaires. Kirito possède en effet un armement hybride avec une épée et un pistolet mais il n’a rien perdu de ses réflexes et de sa science des déplacements. Ce deuxième opus est donc une digne suite du premier!

Animé Parasite : « L’extinction de l’humanité dans une fresque glaçante »

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L’année 2015 promet d’être prolifique pour redécouvrir l’excellent seinen (manga pour jeunes adultes) d’Hitoshi Iwaaki. Peu connu du grand public en France, les dix volumes du manga se sont écoulés à des millions d’exemplaires dans le monde entier. En octobre dernier, le studio Madhouse a proposé une adaptation animée de ce manga culte. En outre, en décembre la première partie du « film-live », Kiseijû : Sei no Kakuritsu, a été diffusée au Japon tandis que la seconde l’a été au début de l’année. En France, ce sont les éditions Glénat qui publient le manga.

« Ils ont faim de chair humaine »

Depuis des millénaires, l’humanité règne sans partage sur la planète Terre, exploitant ses ressources tant minérales, que végétales et animales. Par l’élevage, la société humaine a pourvu à ses besoins pour survivre. Mais, un jour d’étranges sphères extraterrestres, abritant des parasites, déferlent sur Terre. Rapidement, certains habitants sont infectés par ces entités venues d’ailleurs. Leur origine est inconnue. En prenant possession de leurs hôtes, elles massacrent méthodiquement toutes les personnes qu’elles croisent. La présentation donne le ton de cet animé horrifique : « They arrive in silence and darkness. They descend from the skies. They have a hunger for human flesh. They are everywhere. They are parasites, alien creatures who must invade – and take control of – a human host to survive” (“Ils arrivent silencieusement et dans les ténèbres. Ils viennent des cieux. Ils ont faim de chair humaine. Ils sont partout. Ce sont des parasites, des créatures extra-terrestres qui doivent envahir – en en prenant le contrôle – des hôtes humains pour survivre »).

Un héros hybride

Le héros Shin’ichi est un jeune lycéen dont le cerveau a miraculeusement été épargné, lors d’une infection. En effet, il a pu arrêter la progression de son parasite en garrottant son bras. Il va vivre alors une intrigante cohabitation avec cette créature qui a fusionné avec sa main droite. Baptisée Migy, cette entité octroie des capacités surhumaines à son hôte. A présent créature hybride, mi-humaine, mi-extraterrestre, Shin’ichi développe un attachement paradoxal pour cet être qui veut tout savoir sur l’humanité. A présent, investi d’une mission, le héros s’attache à sauver les humains qui n’ont pas été encore contaminés. Mais la progression des parasites est telle qu’elle met en péril la population humaine.

Alchimie entre gore et méditations sur l’humanité

La science fiction et l’horreur se mêlent dans cette histoire qui est véritablement passionnante. Bien que la parution des mangas se soit terminée en 1995, il n’en reste pas moins que la trame fourmille de réflexions distanciées sur le comportement de l’humanité, devenue au fil des millénaires, un super-prédateur incontesté et qui trouve là des rivaux voraces. La réussite de Parasite repose sur une savante alchimie entre des scènes crues, au gore assumé, et l’hypothèse dérangeante que l’humanité ne mériterait pas de survivre. En cela, l’arrivée des parasites ne représenterait plus qu’une évolution inévitable. Enfin les moments surréalistes de complicité et d’humour entre l’extra-terrestre et Shin’Ichi tempèrent la gravité de l’histoire par un peu de légèreté. Effectivement, ce tandem improbable va s’allier et partir en croisade contre les autres parasites qui constituent un péril immédiat pour l’humanité.

Les parasites : l’avenir de l’évolution

Sublimée par une animation de qualité, l’invasion démarre par l’éclosion des œufs qui laissent apparaître des vers qui pénètrent dans le corps humain pour contaminer le cerveau de l’hôte. Une fois cette phase accomplie, le besoin primaire de s’alimenter est l’obsession de ces ogres du troisième type. Habiles dans l’art du camouflage, les parasites peuvent se fondre dans la population en arborant différents visages. Leur comportement est purement instinctif, loin des tergiversations humaines.

Une invasion éclairée par différents points de vue

Parasite suscite l’intérêt par des personnages complexes. Satomi Murano, la meilleure amie du héros l’aide à surmonter sa nouvelle condition d’hybride. En outre, l’intrigue alterne habilement points de vue des parasites et contradictions humaines de manière à éclairer avec distance les événements. Il en résulte une inflexion philosophique qui rend cette histoire très intéressante. Les questions suscitées restent en suspens et succèdent à des scènes de combat ou de dévoration superbement réalisées mais parfois insoutenables.

Une intrigue résolument pessimiste sur les êtres humains

Les nombreux rebondissements captivent de bout en bout. En effet, l’action et le gore ne sont jamais gratuits et sous-tendent une observation d’ensemble des comportements humains. Cette distanciation fait tout le sel de cette histoire où le parti-pris est inexistant. Comme les yeux exorbités et globuleux des parasites, le regard et la subjectivité des spectateurs tiennent ici un rôle primordial. En cela, la trame subjugue car les massacres des parasites trouvent leur justification naturelle dans leur statut d’espèce conquérante et dominatrice, statut que l’humanité occupait précisément avant leur arrivée. Ce renversement des rôles marque que les prédateurs sont dorénavant des proies. Il permet également de mettre en perspective le manque d’empathie des humains envers les autres espèces.

Les parasites symboles d’une humanité excessive

Le visiteur spatial, Migy, se comporte comme s’il menait une étude scientifique de l’humanité. En ce sens, il en relève avec justesse les paradoxes, les contradictions et les incohérences. Pour ces parasites, l’Homme est une créature irresponsable et leur arrivée est donc un bienfait dans l’évolution de cette espèce. D’emblée, la trame surprenante séduit. Au fil de l’histoire, on assiste à l’évolution du héros et à la modification de sa perception des parasites. Finalement, leurs carnages peuvent-ils être comparés au bétail massivement abattu par les Hommes, à la surpêche, à la chasse excessive et à une extermination progressive des espèces menant à une Sixième grande extinction? En développant ces questions cruciales, Parasite recompose le paysage planétaire en soulignant de manière lancinante que l’espèce parasitaire serait, en réalité, l’Homme.

Une fresque éminemment dérangeante

Dès lors, la mission secrète de ces parasites serait de rétablir un équilibre entre l’Homme et son environnement naturel. Par conséquent, les extra-terrestres symbolisent, en creux, les avatars grimaçant et hideux d’une humanité prisonnière de ces excès. Ces super-prédateurs sont capables d’évoluer à l’infini. Pour accompagner leurs mutations, la bande-son sera composée par Ken Arai. Aux limites de l’insoutenable, Parasite, offre la fresque glaçante d’une humanité immodérée aux prises avec ses propres démons, symbolisés par les envahisseurs.

Mutations et chairs déformées

A ce propos, leur capacité de fusionner avec l’ADN de leur hôte n’est pas sans évoquer le chef-d’œuvre de John Carpenter, The Thing (1982). Dans une base de l’Antarctique, des scientifiques norvégiens découvrent un vaisseau spatial prisonnier des glaces. A son bord, une forme de vie métamorphe, capable d’imiter à la perfection l’ADN. Dès lors, les êtres infectés sont affreusement déformés, démantibulés, dans de répugnantes et d’atroce contorsions. La bande-annonce de l’adaptation cinéma du manga expose sans fard les mutations horribles des chairs. C’est Shota Sometani qui incarne Shin’ichi Izumi. D’ores et déjà, l’ensemble est à suivre absolument !