Bates Motel : « La saison 3 met en scène la psychose de manière éminemment dérangeante !»

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Depuis 2013, la série Bates Motel est diffusée sur la chaîne américaine A&E. Narrant l’adolescence trouble de Norman Bates, le tueur psychopathe du célèbre film d’Hitchcock, la série entre enfin dans le vif du sujet avec une saison 3 qui suit les errements du héros en proie au délire. Le dernier épisode de ce nouvel arc narratif est diffusé ce soir, l’occasion de faire le bilan de cette excellente saison.

Malgré les digressions parfois observées dans les deux premières saisons, Bates Motel se centre avec brio sur la folie du personnage principal dans ce nouvel arc narratif. L’inexorable avancée de la pathologie et l’aveuglement coupable de Norma rendent compte de la tragédie qui va se jouer. L’enjeu est d’arriver à la scène finale, terriblement sidérante, du film Psychose où l’on retrouve le cadavre momifié de Norma. Assumant enfin son statut de prequel du chef-d’œuvre d’Hitchcock, la série met en scène un héros qui devient de plus en plus agressif. Ses crises et ses absences nombreuses inquiètent son entourage. Sa mère tente de le faire examiner par un psychiatre. Dylan et son propre frère, avec qui elle s’est momentanément réconciliée, la préviennent de l’imminence du danger. Tous craignent que la violence larvée en Norman ne se déchaîne sur elle.

D’autant plus que le héros perçoit souvent une image machiavélique de sa mère qui lui susurre des aberrations. Présentés avec retenue dans un décor sombre et soigné, les délires de Norman instaurent une atmosphère éminemment troublante. On le sent de plus en plus incontrôlable. En outre, on assiste pour la première fois au travestissement de Norman. Dylan sait désormais qu’il se prend pour Norma lors de ses crises de folie. La tragédie repose sur l’impuissance des personnages qui ont conscience de l’imminence de la catastrophe sans pouvoir l’arrêter. Fonctionnant comme un compte à rebours terrifiant, la saison 3 lance de manière convaincante le dernier arc narratif de la série.

Éminemment dérangeante, la relation mère/fils va en se détériorant. Norma est coupable, sans l’avoir voulu consciemment, de la transformation monstrueuse de son fils. Le basculement dans la folie s’opère sous les coups de boutoirs d’une mère possessive, intrusive et culpabilisante. Les scènes où le fils et la mère dorment ensemble distillent une secrète horreur où l’on perçoit que l’inceste non-dit se précise de plus en plus. Norman finira même par avouer à sa mère qu’il la désire. Elle-même victime d’inceste, son aveuglement coupable et sa manière de fuir les problèmes signe son arrêt de mort imminent.

Ainsi, la fuite en avant se poursuit dans un motel de plus en plus morbide où Norman se réfugie dans la taxidermie. Merveilleusement reconstitué, le motel labyrinthique aux meubles dépareillés est une mise en abyme de la folie du héros. Freddie Highmore et Vera Farmiga sont époustouflants dans cette troisième saison. Ils n’en font jamais trop. Reste que dans cette série, l’horreur n’est pas exhibée comme dans American Horror Story dans une course effrénée vers le gore, au contraire elle est instillée dans les personnalités respectives de la mère et du fils, clairement aliénés tous les deux.

Sur le modèle du film Psychose, la série suggère la violence et la psychose et instaure une terreur latente qui envahit peu à peu les couloirs de l’inquiétant motel. La gestation du monstre s’accélère avant sa naissance éclatante. On assiste dans un mélange de répulsion et de curiosité à l’inéluctable transformation de Norman. La série ressemble à la descente aux Enfers qui résulte d’une vie familiale délétère et d’un cadre terriblement mortifère. La saison 3 annonce la fin terrifiante, à voir !

Série Gotham : « Le final sanglant dévoile la noirceur de la ville »

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On revient ici sur le dernier épisode de la saison 1 de Gotham et l’on dresse un bilan de la série. Attention spoilers.

La série Gotham a eu du mal à convaincre dès ses commencements. La faute à une multitude d’intrigues parfois mal ficelées et à trop de méchants sur lesquels la trame s’attarde de manière trop superficielle. D’ores et déjà renouvelée pour une saison 2, la série semble cependant avoir trouvé un nouveau souffle avec ce final riche en rebondissements sanglants.

A la fin de cette saison, la ville de Gotham a un nouveau patron. Le Pingouin qui terminait dans l’eau sur les ordres de Fish Mooney dans les premiers épisodes devient le roi de la pègre locale tandis que son ennemie jurée sombre dans les eaux troubles du fleuve. Les macchabées s’entassent tout au long de cet épisode signé Bruno Heller. Comme s’il fallait solder les comptes définitivement, la guerre des gangs voit la disparition de Falcone, de Maroni et de Fish.

Le monde souterrain de la ville subit des soubresauts. Selina Kyle embrasse le côté obscur dans cet épisode, comme Barbara qui sombre dans la folie ainsi que Nigma qui va devenir « L’Homme-Mystère ». Ce dernier incarné par Cory Michael Smith est l’un des méchants les plus charismatiques, avec le Pingouin. Bruno Heller promet déjà pour la saison 2 de nouveaux personnages emblématiques comme le Chapelier Toqué, Mister Freeze et un traitement plus important de l’histoire du Joker et de Poison Ivy. Le Pingouin pourra-t-il contrôler seul Gotham ? Telle est la question qui sera le fil rouge de la seconde saison.

Dans ce final, Bruce Wayne découvre des secrets de famille, notamment sur les agissements de son père. Sur ce point, l’ouverture de la « batcave » est un clin d’œil assez déroutant à l’univers Batman. Son père menait déjà une double-vie grâce à laquelle il pouvait contrôler les sombres secrets de son entreprise. Ce final voit aussi Gordon acquérir de nouvelles responsabilités dans la police de Gotham.

Si la série Gotham tente d’effacer dans ce final des enquêtes policières parfois trop longues et des intrigues en demi-teinte, elle n’atteint malheureusement pas à la qualité de Daredevil. En l’occurrence, cette production pèche par son côté brouillon et superficiel. En refusant de choisir un seul grand méchant, elle ne peut creuser en profondeur les parcours respectifs des personnages. Malgré cela, Gotham reste un divertissement honnête. En attendant une seconde saison plus convaincante, le dernier épisode plus dynamique donne espoir pour la suite !

American Horror Story Bilan saison 4: « Un clou du spectacle poignant pour les Freaks !»

American Horror Story “Freak Show” s’est achevé, l’occasion de dresser le bilan de cette quatrième saison poignante. Malgré une inspiration parfois absente et l’impression d’une intrigue stagnante, cette série reste unique dans le paysage audiovisuel américain. Sans surprise, le final est à l’image de l’ensemble de la saison : il laisse un goût d’inachevé. La thématique des « freaks » était-elle un faux pas ? Ne recouvrait-elle pas trop l’ensemble des saisons précédentes ? Quoi qu’il en soit, American Horror Story a tenté une nouvelle fois de délaisser l’horrifique et le gore. Mais, alors que dans « Convent », la série était parvenue à fédérer un plus large public autour de la dimension surnaturelle, « Freak Show » s’est avéré rempli d’hésitations scénaristiques et de répétitions.

Une saison et un final bicéphales

Cela est particulièrement visible dans le dernier épisode. Dandy Mott a enfin réalisé son rêve : il vient de racheter le cabinet de curiosités d’Elsa Mars. D’emblée, on comprend que le personnage incarné par Finn Wittrock a une trajectoire parallèle à celle de l’héroïne. Il représente son avatar masculin. On peut même aller plus loin en soulignant qu’ils se disputent à distance le titre « de plus grand monstre ». Plusieurs parallèles sont flagrants : Dandy et Elsa rêvent d’être des stars, ils y parviennent tous deux, non sans ironie tragique. En tant que nouveau directeur, Dandy se révèle aussi tranchant et tyrannique qu’Elsa. Enfin, cette saison 4 est une saison bicéphale à l’image des siamoises Bette et Dot Tattler et d’Edward Mordrake. Les double-faces se répondent et représentent un Janus antique et terrifiant qui nécessite des sacrifices.

Dandy et Elsa : le roi et la reine des monstres

Dans cette trajectoire parallèle, Elsa et Dandy constituent deux faces différentes d’une même pièce. En signant l’acte de vente de son cabinet de curiosités, Elsa a sacrifié ses « protégés » en les livrant au psychopathe. Elle participe donc symboliquement au grand massacre perpétré par Dandy qui exécute froidement et méthodiquement la majorité des « freaks » d’une balle dans la tête. Ces deux « étoiles » de la monstruosité vont conclure de « deux clous du spectacle » distincts le « Freak Show ». Dans ce treizième épisode, les survivants de la tuerie, Desiree, Jimmy, Bette et Dot réalisent le rêve de Dandy en lui offrant d’être la star d’un spectacle à sa mesure. La mise en scène de cette vengeance est corrélée à leur volonté de faire de la mort de Dandy une catharsis, un spectacle expiatoire devant un parterre choisi.

Premier clou du spectacle : « No mercy »

Prisonnier d’un cercueil de verre qui se remplit d’eau, Dandy doit réussir à s’échapper comme un nouvel Houdini. Sous les yeux des rescapés, il subit le destin des « freaks » flottant dans des cylindres remplis de formol pour ébahir les visiteurs du musée des horreurs. La mort de Dandy résonne alors étrangement car elle est le résultat d’une vengeance, de la justice des « freaks », mais aussi d’une réalisation des rêves de Dandy. En effet, l’assistance est subjuguée ironiquement par son numéro qui est aussi le clou du spectacle. American Horror Story « Freak Show » tient ici son premier final. Cette fin qui bégaye partage l’épisode en deux temps. On peut d’ailleurs regretter que les “freaks” aient été exécutés sans réelle exploitation scénaristique. Il s’agissait de clore les bans. Tout le monde doit mourir et on ne s’embarrasse pas de sentiment. Aussi, la tragédie de leur destin ne touche-t-elle pas autant qu’elle le devrait. On reste de marbre et on attend la deuxième partie.

Second clou du spectacle : Du rêve à la réalité insipide

Cette seconde partie débute par une ellipse. Huit ans après ces événements, on retrouve Elsa Mars au sommet de sa gloire. Elle a réussi à conquérir Hollywood. Partout, résonne sa voix, s’affiche son visage, à la télé ou bien dans des publicités. The Elsa Mars Hour Show est devenu incontournable. La destinée maudite d’Elsa semble enfin s’être levée, elle est mariée, riche et célèbre. Tous ses rêves se sont réalisés. Elsa Mars, le phénix toujours renaissant, a occulté toutes les avanies subies en Allemagne, et notamment son passé d’actrice porno et de dominatrice. Dès lors, le final d’American Horror Story pêche par le fait qu’il ne surprenne pas. Massimo réapparaît pour lui annoncer qu’il va mourir, Elsa lui révèle qu’elle s’ennuie, qu’elle n’est pas heureuse, qu’elle est seule et que son rêve le plus cher : « être aimé », s’est évanoui.

Mourir sur scène dans sa propre mise en scène

Symboliquement déjà morte, Elsa accepte de faire son show le soir d’Halloween pour embrasser la malédiction de Mordrake. Elle va mourir sur scène et s’y prépare avec sérénité. En entonnant « Heroes » de Bowie, Jessica Lange retrouve le relief qui fait tout le sel de ses prestations. Elsa Mars – que l’on n’a pas toujours suffisamment vu car il y avait trop de personnages et trop d’histoires personnelles qui interféraient avec la trame principale – révèle tout son éclat. En permanence, oscillant entre l’étoile noire et l’étoile scintillante, on retrouve, le temps de cette prestation, l’émotion et la tragédie liée à une destinée hors du commun surnageant au milieu de flots de sang. Malheureusement, on ne le perçoit que de manière fugace en toute fin d’épisode. Cela fait peu.

Elsa Mars : l’étoile des monstres est née

D’autant plus que, fidèle à ce principe de redondance, l’apparition d’Edward Mordrake et de sa troupe de « freaks » devient sympathique. Il s’agit d’emporter Elsa Mars en pleine gloire. Cette mort sur scène est suivie d’une représentation de l’au-delà où tout est pardonné. Elsa y retrouve Ethel, l’autre partie d’elle-même, ainsi que « Ma Petite » et toute la troupe qu’elle chérissait et qui la chérissait en dépit de tout. Ainsi, la morale se clôt de manière attendue sur une Elsa Mars de retour parmi les siens. Sa poursuite de la célébrité était un miroir aux alouettes, un autel sur laquelle elle a sacrifié sa vie et celles des pauvres hères qu’elle recueillait. Reste qu’après le massacre propret perpétré par Dandy, sans horreur, sans hurlement, sans torture, le rideau tombe une deuxième fois sur la scène du « Freak Show ». Après Dandy, c’est au tour d’une Elsa Mars désincarnée de faire son numéro pour l’éternité devant une salle toujours remplie. Et c’est avec l’introduction d’Ethel, une Madame Royale resplendissante, qu’Elsa Mars fait son entrée sous les vivats. L’étoile des monstres brille désormais au firmament sur l’air de « Life on Mars ».

Des monstres heureux et intégrés à la société

La quiétude et le bonheur effacent alors la tragédie du premier final en forme d’hécatombes. Le bonheur d’Elsa, enfin adulée du public et qui a retrouvé l’amour de ses compagnons, rejoint celui des survivants. Bette et Dot attendent un enfant de Jimmy, tandis que Desiree a réalisé aussi son rêve de fonder une famille. Après l’hécatombe, la paix des morts rejoint celle des vivants dans une happy end qui occulte la tragédie. On passe alors d’une extrémité à l’autre dans ce double clou du spectacle. Le premier final éminemment sombre s’estompe sous les lumières du second.

« The Show must go on »

Pour conclure, même si le « Freak Show » a montré des signes indéniables d’essoufflements et de tâtonnements narratifs, American Horror Story reste une série atypique et unique. On ne sait encore rien de la nouvelle direction que prendra la cinquième saison. Mais, on espère retrouver le casting toujours impeccable de cette série de qualité, même si Jessica Lange ne rempilera pas pour une nouvelle prestation. On espère enfin qu’American Horror Story renouera avec le gore, le glauque et l’horrifique proposés de manière intelligente et complexe dans les deux premières saisons. Et, on attend avec impatience la suite de cette série que l’on regardera toujours avec beaucoup d’intérêt. Car comme le dit la chanson « The Show must go on » !

Saison 3 Banshee : « Orange mécanique d’une Amérique crépusculaire »

Produite par Alan Ball, à qui l’on doit notamment True Blood et Six Feeth Under, l’excellente série de Cinémax esthétise l’ultra-violence de manière magistrale. Jamais gratuites les tueries trashs ou les scènes de sexes composent l’univers esthétique d’une intrigue sombre et complexe.  Banshee, c’est le nom d’un des innombrables bleds que compte cette Amérique rural fantasmée où marginaux bouseux, affairistes véreux et citoyens respectables se côtoient. Entre ville et campagne, ces territoires couverts de forêts sombres et mystérieuses abritent des personnages qui cherchent à échapper à leurs passés.

Dans la saison 3, Banshee est en état de guerre. Menée par un chef charismatique, la tribu indienne des Redbones est sur le sentier de la guerre. En quête de vengeance, les natifs qui sont relégués à la marge de la société, s’attaquent à Kai Proctor, le parrain local, toujours poursuivi, toujours relâché par la justice. Au milieu de ce chaos, on retrouve avec plaisir Lucas Hood, Carrie et Job.

Bien loin d’être réductible à une simple série B, les scènes de violences crues et de bagarres sont orchestrées avec maestria. Ode à la désespérance et aux destinées brisées, Banshee est avant tout le récit d’un engrenage tragique duquel les personnages sont inévitablement prisonniers. Dans cette saison 3, la chute mortelle s’accélère. La multiplication des morts et des confrontations renforcent la solitude de héros et d’héroïnes « déjà morts », comme la nièce de Proctor ou encore la sœur du chef indien assassiné.

Jonathan Tropper et David Schickler placent sur le même plan femmes et hommes à l’apparente indestructibilité. En réalité, leurs failles sont immenses. La réussite de Banshee repose sur cette respiration entre émotions et scènes gores. Cette série se signale également par sa bande-son rock’n’roll et blues qui vient rythmer admirablement les rebondissements de l’intrigue et les instants plus mélancoliques, où les personnages s’interrogent sur la pente fatale qu’ils suivent malgré eux. Les répliques acides fusent et contribuent à l’ambiance sombre et volontairement déstructurée de Banshee. Pour chacun des personnages, il est trop tard pour se prendre au sérieux, pour faire un drame de quoi que ce soit et pourtant ils conservent une éthique personnelle qui leur évite de sombrer totalement.

Particulièrement pessimiste, Banshee lance un lancinant « no future ». Nombre des combattants sont des combattantes. Les femmes font jeu égal avec les hommes. A l’ombre de Banshee, le monde apparaît sans issue et sans pitié. Nul répit n’est laissé aux personnages traqués par les figures d’un passé qu’ils tentent de laisser derrière eux. Cette dystopie particulièrement sombre explore l’impossibilité de tout recommencer à zéro. L’atrocité des confrontations rend compte d’un univers qui confine à la bestialité comme dernière manière de se sentir exister.

Tout est spectaculaire dans Banshee : la cruauté psychologique, les fusillades sanglantes, les vengeances inexorables et sans pitié, le désespoir des personnages et le vertige qui les saisit devant les cadavres désarticulés de leurs proches. Cette guerre totale et sans merci commande des sacrifices inimaginables. Devant le nombre de redbones tués durant ses opérations, leur chef déclare, sans ciller, qu’ils sont morts pour une cause juste. Dans cette troisième saison, l’engrenage fatal et sanglant s’accélère. Peu à peu, les identités d’emprunt et les postures se fracturent pour laisser entrevoir des individus démunis et qui ne savent comment s’en sortir.

« Tout ce que tu touches se transforme en sang » déclare son adjoint au sheriff Hood. La mécanique de l’horreur fonctionne à plein et emporte les innocents. Les méthodes de Lucas Hood ne sèment que mort et désolation dans la ville de Banshee. Ultime déclaration de guerre, on ne respecte plus les défunts du camp ennemi. L’atmosphère sanglante rend compte d’une inexorable chute vers le chaos sublimé par une bande son inquiétante. En réalité, l’expiation ne semble pouvoir être atteinte que par le spectacle de l’horreur comme une catharsis collective. Au-delà du sexe et du gore, Banshee est le chant d’outre-tombe de personnages déjà morts. Ces mort-vivants, errants, répètent leurs erreurs comme ils répètent leurs casses, tournent en rond, trébuchent entre deux tueries et entre deux coucheries. Banshee est la fresque sublime d’une Amérique crépusculaire, où seule la voie du sang, du tribal au tripal, est encore possible. A découvrir de toute urgence !