Intrusion : « Un thriller kafkaïen sur Arte ! »

 

Primée dernièrement au festival fantastique de Luchon, la mini-série Intrusion arrive ce 28 mai sur Arte. Ce thriller kafkaïen plonge le spectateur dans un univers oppressant aux frontières de la folie. La réalisation soignée de Xavier Palud revisite le thème du double en trois épisodes haletants.

Philippe Kessler, un pianiste en vogue, voit soudain sa vie basculée lorsqu’il s’imagine faire des fausses notes lors de ses concerts. D’hallucinations auditives en hallucinations visuelles, le musicien perd pied. Ces phénomènes semblent être liés à la disparition dix ans plus tôt de son frère jumeau Marc. L’intrigue navigue savamment entre réalité et psychose en brouillant les pistes. Éminemment complexe, la trame ne se laisse pas saisir facilement.

Une béance mentale vertigineuse

A nouveau envahi par cette blessure mal cicatrisée, le héros tente de lutter contre ses propres délires. Le double disparu se révèle terriblement présent. Dans les reflets, dans le regard des autres, Philippe Kessler ne se reconnaît plus comme hanté par une entité qui n’est pas lui. En proie à l’abîme vertigineux et terrifiant dévoilé par sa béance mentale, le héros n’a plus l’impression de vivre sa vie. Il semble dépossédé de son existence par un souvenir, par la culpabilité ou par le fantôme de son frère.

Un Black Swan dans l’univers de la musique classique

La mise en scène laquée de noir est un bijou esthétique froid et lisse. Comme dans le film Black Swan de Darren Aronofsky, lorsque les premiers doutes sur la réalité s’immiscent dans l’esprit du personnage, tout bascule. On se souvient notamment des jeux de miroirs lors des répétitions des danseuses de ballet.

Une esthétique lisse et sourdement monstrueuse

La mini-série Intrusion décline la même esthétique apparemment lisse et sourdement monstrueuse. En effet, dans l’ombre des coulisses le double terrifiant est à l’affût. Si Black Swan symbolisait la métamorphose de l’héroïne par le cygne noir, terrible et magnifique, Intrusion met en scène les hallucinations et le basculement du héros avec le même sens symbolique. La beauté sombre mime le double qui possède peu à peu le héros. Jonathan Zaccaï incarne avec brio ce héros tourmenté qui ne sait plus où il est en est.

Entre fantastique et paranoïa

Les interrogations fusent dès le premier épisode. Le héros est-il devenu schizophrène ? Est-il en réalité Marc, ce frère jumeau, et sa vie de pianiste n’est-elle qu’un délire ? Ou bien traverse-t-il tout simplement une grave phase de dépression ? Entre fantastique et paranoïa, ce thriller se révèle efficace et très prenant. Il maintient le suspense jusqu’au bout en préservant une fin inattendue.

« Unheimliche » : l’ inquiétante étrangeté

Intrusion maintient le doute en permanence sur les perceptions du personnage. Est-ce la réalité ou des hallucinations ? Dans cette fable sombre, l’onirisme côtoie la psychose. Magnifiquement interprété par un Jonathan Zaccaï inquiétant à souhait, le héros donne à voir une intériorité qui engendre une immersion exigeante et passionnante. A découvrir sans réserve ce 28 mai sur Arte !

Publicités