The Lizzie Borden Chronicles : « La série gore qui met en scène un psychopathe au féminin »


Inspirée d’un fait divers réel de 1893, la nouvelle série de Lifetime relate les faits qui se sont déroulés après la relaxe de Lizzie Borden. Elle avait été accusée des meurtres de son père et de sa belle-mère. Lors des huit épisodes, on suit les péripéties fictives de cette jeune femme, une psychopathe au féminin, qui sème les cadavres dans la bourgade de Fall River dans le Massachussetts. Lizzie est incarnée par la très convaincante Christina Ricci. Celle-ci essaie de reprendre une vie normale en compagnie de sa sœur Emma (Clea DuVall). Tant bien que mal, elle s’accommode de l’infamie et de la réputation sulfureuse qui l’accompagnent désormais. Malheureusement, les ennuis ne tardent guère puisque l’associé de leur père, William Almy, (John Heard) réclame le remboursement immédiat des dettes contractées par le défunt.

L’apparence glaciale de Lizzie et ses saillies imprévisibles apportent une coloration, parfois déjantée, à cette série horrifique. Les morceaux de hard rock accompagnent de manière tonitruante les mises à mort. Cet anachronisme nuance l’horreur par un humour noire qui la met à distance. Sous ses faux airs de jeune fille sage, Lizzie cache un esprit torturé et pervers. Lancé sur sa trace, un détective, Charles Siringo interprété par Cole Hauser, plonge dans son passé pour la dévoiler. C’est lui l’ennemi principal de la défiante Lizzie.

La plupart des scènes sont fictionnelles et proviennent des rumeurs qui ont courues à l’époque sur cette femme qui aurait été acquittée à tort. Christina Ricci reprend ici le rôle qu’elle jouait dans un téléfilm à succès. L’originalité de The Lizzie Borden Chronicles repose sur les chroniques sanglantes d’une psychopathe au féminin. Dexter, Hannibal et Bates Motel représentent le psychopathe comme un anti-héros qui a fini par sombrer dans le mal absolu. Lizzie s’inscrit, quant à elle, dans cette veine tout en refusant les circonvolutions autour de la culpabilité de l’héroïne. D’emblée, aucun doute n’est possible, elle est coupable des meurtres perpétrés dans son entourage. L’arrivée d’un demi-frère menaçant et incontrôlable (Andrew Howard) la plonge à nouveau dans un délire meurtrier. Jouant de séduction et de perversité, Lizzie est insaisissable. Dans cette voie sanglante et déjantée, elle s’abandonne à ses pulsions les plus horribles.

Cette série met en scène le trash et le gore de manière complaisante. Les crânes défoncés à la hache ou les corps démembrés sont symboliquement autant de poupées brisées. Véritable femme-enfant, Lizzie jouée par Christina Ricci, est un terrifiant petit monstre. Cette représentation de la violence qui mêle désinvolture et grotesque n’est pas sans rappeler le film Abraham Lincoln, Chasseur de vampires. Dans cette série, les exagérations permettent de mettre à distance ce théâtre de la cruauté.

On retrouve dans le deuxième épisode Jonathan Banks dans le rôle de Mr. Flowers (Mike dans Better Call Saul). La rencontre entre ces deux animaux à sang froid, Lizzie et Mr. Flowers, vaut le détour. Cette série horrifique ne révolutionne pas le genre mais propose tout de même une variante intéressante de la figure du psychopathe. En abordant la cruauté et le gore sous le prisme féminin, la série met en scène un prédateur femelle monstrueux, qui détone dans le paysage de l’époque quasiment exclusivement masculin. A découvrir !