Série Aquarius : “Un thriller psychédélique dans l’Amérique des sixties”

Très attendue, la série Aquarius sonne le retour de David Duchovny sur le petit écran après l’arrêt de Californication. La nouvelle série de Mc Namara est une réussite non seulement parce qu’elle offre une plongée oppressante dans l’Amérique des sixties mais aussi parce qu’elle repose sur le psychopathe Charlie Manson, inquiétant et imprévisible à souhaits !

La nouvelle série de la chaîne américaine NBC s’appuie sur un duel à distance entre Sam Hodiak (incarné par un David Duchovny entre Fox Mulder et Hank Moody) et Charles Manson (le célèbre serial-killer incarné par Gethin Anthony). Nous sommes en 1967. Sam Hodiak, un ancien soldat devenu flic à Los Angeles, fait figure de dinosaure face à la nouvelle génération « love and peace ». Dès le pilote, le personnage qui représente l’ordre apparaît comme une étrangeté pour les hippies, au mieux comme un « totem », au pire comme la relique d’un monde autoritaire agonisant.

Une lutte entre deux mondes

Comme Netflix, NBC a choisi de mettre en ligne les treize épisodes tout de suite. L’originalité de la série est de confronter des univers antagonistes. Sam Hodiak est l’antithèse du détective hippie Doc Sportello de Thomas Pynchon apparu récemment sous les traits de Joaquin Phoenix dans le film Inherent Vice. L’arrière plan historique et social de l’Amérique des années soixante apparaît de manière subtile avec les manifestations et les images à la télé de la guerre du Vietnam. La hantise du gouvernement est de voir la contestation californienne contaminée les autres États.

L’envers du mode de vie « love and peace »

Sam Hodiak est contacté par Ken Karn. Sa fille Emma vient de disparaître. L’enquête doit rester officieuse. Avec l’aide de Brian Shafe, il s’infiltre dans ce monde marginal. D’emblée, Charles Manson apparaît comme un gourou, un manipulateur hors-pair de personnalités fragiles. Son rêve est de devenir plus célèbre que les Beatles. A la tête d’un harem hippie, la libération sexuelle s’apparente avec lui à de la prostitution et à du proxénétisme. La jeune Emma est une ingénue de seize ans et se révèle la proie idéale du prédateur. L’ambiance cool des fêtes, de la fumette et des coucheries laisse vite place au glauque. A vouloir renverser l’ordre, des règles souterraines se mettent en place où les plus forts et les plus malins comme Charles Manson et ses acolytes se repaissent des plus faibles. La loi du plus fort mais avec l’acquiescement des victimes : tel est le jeu sordide auquel s’adonne un psychopathe à la fois charismatique et repoussant.

Un monstre en quête de reconnaissance publique

La série commence par faire découvrir les prémices de la monstruosité avant que le serial-killer convainque ses fidèles de commettre des meurtres. Au-delà du destin noir de Manson, Aquarius est construit comme l’exploration d’une époque, de ses excès et de ses contradictions. La protection des plus influençables n’est en effet plus assurée. La bande-son est rythmée par les tubes de l’époque et accompagne habilement cette plongée psychédélique dans le monde hippie qui se voulait neuf et sans turpitude. Mais le sordide est là. De sorte que le flic intègre Sam Hodiak ressemble à une espèce en voie de disparition. L’époque est celle des policiers comme son collègue, mi-drogué, mi-policier, des hybrides parfois incontrôlables. Entre ces deux mondes qui se font face et qui s’influencent mutuellement, Sam Hodiak promène sa désinvolture. Ne semblant plus s’étonner de rien, il contemple sans ciller son époque évoluée. Duchovny joue parfaitement cette partition, entre le conservatisme du personnage et ses saillies déroutantes.

Des problématiques contemporaines

Dans un temps où la liberté souffle et où la transgression prime, l’autorité parentale est dépassée, l’autorité étatique remise en cause. Aussi, au-delà de la fresque réussie sur les sixties, Aquarius traite de problématiques contemporaines : les sectes, le harcèlement, l’emprise morale, les désillusions de la jeunesse et la contestation de l’ordre comme un rite initiatique et un passage obligé à l’âge adulte. La série mêle tout cela dans une ambiance inquiétante. La traque en train de se mettre en place s’avère passionnante. Aquarius est donc une belle découverte. A voir sans hésitation!

Aquarius : « Un duel à distance Duchovny/ Manson qui s’annonce captivant !»

Diffusé dès le 28 mai lors d’un épisode de deux heures, le polar événement de NBC se dévoile peu à peu. La bande-annonce indique que la traque du serial-killer Manson sera jalonnée de scènes glauques et terrifiantes. L’intrigue aborde son épopée sanglante au cours de plusieurs saisons. La première débute en 1967. Pour toute une génération, c’est l’époque de la libération sexuelle, de l’expérimentation de toutes sortes de drogues et de l’opposition à la Guerre du Viêt Nam.

Les communautés prônant un nouveau mode de vie fleurissent. Il s’agit de rompre avec l’ordre ancien et de créer un monde de paix, d’amour et de liberté. Inspirée de l’œuvre de John McNamara, la série met en scène Charles Manson comme une âme en peine allant de désillusion en désillusion à propos de la carrière musicale qu’il aurait adorée embrasser. Il incarne l’envers de l’utopie. Le duel à distance entre le sergent de police, campé par David Duchovny, et le tueur en série commence avec la disparition de la fille d’un avocat respecté.

Au cours de son enquête dans les communautés hippies, il s’aperçoit que l’omerta règne et que personne ne veut parler à un flic « old-school ». Pour faire avancer ses investigations, il fait alors équipe avec Brian Shafe, un enquêteur peu conventionnel qui s’infiltre dans ce monde qui vit de la drogue. Ils suivent la trace, peu après, de Charles Manson, un jeune leader charismatique d’une communauté qui s’apparente à une secte. Toujours à la recherche de jeunes femmes influençables, le gourou jalonne son parcours de viols et d’orgies. Ce jeu du chat et de la souris avec la police prend fin avec le carnage de Tate-LaBianca.

L’intrigue de la première saison commence deux ans avant que Charles Manson convainque des membres de sa secte de tuer sept personnes au cours de l’été 1969 à Los Angeles. Face à David Duchovny, Gethin Antony (Game of Thrones) incarne Charles Manson et Grey Damon (True Blood) campe Brian Shafe, son acolyte marginal. Dans un entretien accordé au journal Usatoday, la star d’X-Files livre des précisions sur son personnage.

Selon lui, le show ne se présente pas seulement comme un polar mais aussi comme une fresque de l’Amérique des années soixante. En pleine mutation, l’époque amène une ère nouvelle à laquelle est totalement étrangère le héros. Sam Hodiak appartient à l’ancien monde. Il regarde l’évolution de Los Angeles avec mélancolie car sa vision est inexorablement remplacée par celle des hippies. En effet, l’ordre est honni et est devenu synonyme de répression et d’oppression. Pour cet ancien soldat, traquer Manson revient à explorer et à s’immerger en territoires inconnus.

Au-delà du destin noir de Manson, Aquarius est construit comme l’exploration d’une époque, de ses excès et de ses contradictions. Hodiak, flic usé, incarne l’opposition entre ancienne et nouvelle ère. Dans cette ode mélancolique à l’ancienne Amérique, la nouveauté ne rime pas nécessairement avec progrès. Ce duel à distance Duchovny/ Manson s’annonce captivant. A ne pas manquer le 28 mai!