Penny Dreadful : « Une saison 2 délicieusement satanique ! »

Alors que Game of Thrones fait les beaux jours de la chaîne américaine HBO, Showtime tire son épingle du jeu avec Penny Dreadful. Alors que la série horrifique de John Logan commence sa seconde saison, on revient ici sur les causes de son succès. Pour rappel, la première saison voyait Sir Malcolm, un fortuné explorateur, s’entourer de personnalités aux dons exceptionnels pour retrouver sa fille, Mina, enlevée par des forces obscures.

Un casting de grande qualité

La réussite de Penny Dreadful repose, en premier lieu, sur un casting impeccable.Timothy Dalton incarne formidablement Sir Malcolm ravagé par la mort de ses enfants. Il donne la réplique à l’envoûtante Eva Green qui reprend son rôle de Vanessa Ives. Toujours aussi torturée, la jeune femme doit faire face au démon qui la possède sporadiquement. Le groupe, dans lequel on retrouve Josh Hartnett en loup-garou, et le serviteur mutique, va alors tout faire pour la protéger de sorcières qui ont pactisé avec Satan. Ces dernières sont menées par Madame Kali et veulent la livrer en offrande au Démon.

Vanessa Ives, la cible du Diable

Telle la guerrière d’un monde souterrain au bord de la folie, Eva Green livre une prestation grandiose. Tout en nuances, elle incarne une Vanessa Ives terrifiée. Vulnérable, la jeune femme livre ses dernières forces dans la guerre diabolique qui lui est déclarée. Comme un roseau sur le point de rompre, la silhouette malingre et le visage blafard, Vanessa Ives est minée par les forces démoniaques. Désormais, ces dernières la traque jour et nuit. Ne lui laissant aucun répit, elle sape ses ultimes défenses.

Un combat solitaire

C’est à ce siège des forces obscures auquel assistent ses compagnons totalement impuissants. Dans cette deuxième saison, l’intrépide Vanessa Ives n’est plus que l’ombre d’elle-même. A moitié possédée par une divinité égyptienne diabolique, la jeune femme ne peut qu’être saisie d’un vertige face à l’abîme qui s’ouvre sous ses pieds. Dans un mélange d’élégance, de gravité et d’horreur, Vanessa Ives se jette à corps perdu dans la bataille.

Des chasseurs traqués

Composée de 10 épisodes, cette nouvelle saison de Penny Dreadful réintroduit les mêmes personnages. On surprend notamment le Docteur Frankenstein en train de ressusciter Brona (l’amante d’Ethan Gardner) pour en faire la fiancée de sa créature. Cependant dans ce nouvel opus, les chasseurs deviennent les proies. Le Docteur Frankenstein est ainsi traqué par sa créature, comme Vanessa Ives l’est par Madame Kali et sa secte sataniste.

De l’horreur raffinée

Evitant la simple réunion de héros sur le modèle de la Ligue des Gentlemen extraordinaires, Penny Dreadful renouvelle la mythologie anglaise. Cette série met en scène une horreur raffinée. Elle procède d’un succès qui reprend les ingrédients des romans noirs ou romans gothiques du XIXe siècle. En cela, elle jette une lumière neuve sur Frankenstein (Harry Treadaway), Dorian Gray, les sorcières et l’égyptomanie. Ethan Gardner, dont on apprend au début de la saison 2 qu’il est un loup-garou et qu’il va peut-être quitter Londres, incarne à la fois le cow-boy sans peur et sans reproche et un meurtrier sauvage.

La théâtralisation du Mal

Avec brio, Penny Dreadful théâtralise toujours la part sombre des personnages. L’horreur est dramatisée comme un spectacle. Ainsi, la mise en scène du macabre passe par une alternance rythmique entre exhibition sanglante et massacre à peine dévoilé. Quand Vanessa Ives invoque le Seigneur dans une prière exaltée pour contrer les forces du Mal, l’appareil du cérémonial religieux théâtralise le combat intérieur de la jeune femme. De même, au début du premier épisode, Ethan se réveille ensanglanté dans le bar du port. Des cadavres l’entourent. Dans une vision hallucinée, il prend conscience des événements qui ont eu lieu pendant une de ces absences où il se métamorphose en loup-garou. Un peu plus tard, l’ironie tragique se poursuit, Ethan est traqué par un détective chargé de l’enquête. Qui plus est, le massacre a fait la une des journaux. La créature de Frankenstein, qui a trouvé du travail dans un musée de cire, concurrent de celui de Madame Tussauds, est chargée de scénariser le carnage.

Un Londres victorien tentaculaire ou la Cité monstrueuse

Partout, ces répétitions sonnent comme des échos dans un Londres tentaculaire. Dans cette ville effervescente, rude et crasse, la Révolution Industrielle bat son plein. Symboliquement, elle constitue un prédateur plus pernicieux encore pour les personnages. Sir Malcolm souhaite d’emblée quitter Londres et se retirer à la campagne. De même, Ethan est en danger s’il reste. Il confie à Vanessa vouloir faire le tour de l’Europe de l’Est. Elle-même pense à la fuite avant de se rétracter. C’est que nulle échappatoire n’est possible. Le Londres victorien est le théâtre sublime de cette tragédie gothique.

La poésie de l’horreur

Véritable « théâtre de la cruauté », Penny Dreadful instille un souffle poétique à l’horreur. Londres est une « fleur du mal » qui respire les gourbis crasseux, la misère et les compromissions innommables que doit accepter la populace. Dans ces rues fangeuses, le Mal rôde. Qu’il soit Ancien ou Moderne, le Démon possède de multiples visages. Incarnation de l’innocence, la créature monstrueuse de Frankenstein perçoit le mieux la dureté de cette société londonienne en mutation. Comme Elephant Man, sa mine disgracieuse cache un cœur pur et naïf.

Exhiber la monstruosité

Toujours au cœur de cette esthétique théâtrale, l’époque a la manie des expositions de monstres. Partout, les cabinets de curiosités fleurissent. L’engouement pour l’égyptologie procède d’un goût pour l’exhibition de momies. Pour rendre le spectacle plus sidérant encore, les pièces exhibées sont précédées d’un cérémonial. Simon Russel Beale incarne parfaitement l’égyptologue obsédé par l’antiquité la plus effrayante possible.

Penny Dreadful, un chant d’outre-tombe

En outre, la réussite de Penny Dreadful repose sur ses décors sombres et raffinés. Si le titre désigne des « romans de quatre sous », la série sublime la monstruosité en en faisant un objet esthétique. Comme dans un poème de Baudelaire, la Beauté du Mal innerve la série. La malice du Démon fait éclore des monstruosités physiques ou morales. Mythes, théâtre et histoire se mêlent dans une danse macabre. Cette dimension artistique et soignée fait de Penny Dreadful un chant d’outre-tombe. Le gore et le terrifiant éclatent dans un Gothique délicieusement sanglant.

Des personnages en quête de rédemption

Éminemment duels, les personnages sont troublés par leurs noirceurs intérieures qui peuvent se révéler incontrôlables. Ces dernières se manifestent tant moralement que physiquement. On ne pardonne rien dans Penny Dreadful. Ainsi, Sir Malcolm est irrémédiablement et éternellement responsable de la mort de son fils en Afrique et de celle de sa fille à Londres. En quête de leur rachat les personnages ont beau faire pénitence, aucun Dieu n’est là pour leur pardonner. Si l’on entend, à de multiples reprises, la langue des démons, qui serait une version inversée de la langue des anges, on n’entend ni Dieu ni ses serviteurs. Cette absence du Verbe divin tranche avec les malédictions, les imprécations de Madame Kali et de ses servantes. L’émotion étreint devant ces personnages démunis et désemparés face à l’Ennemi qui les guette.

Esthétique et références romantiques

Dans un autre registre que celui d’American Horror Story ou de The Strain, Penny Dreadful s’inscrit dans le créneau de l’horreur gothique. Sur ce point, il n’est pas anodin que le Docteur Frankenstein appelle sa créature Caliban, du nom du monstrueux et vil personnage de la pièce de Shakespeare, La Tempête. Dans la série, le théâtre est fondamentalement lié à la poésie. Le Docteur Frankenstein se fend régulièrement de citations du poète Shelley, incarnation par excellence du poète romantique. En l’occurrence, chacun dans leur registre, les personnages de Penny Dreadful sont des artistes maudits. Que cela soit Frankenstein et ses créations monstrueuses, Vanessa Ives et ses lettres enflammées à Mina, Dorian Gray et ses photographies maudites, Sir Malcolm et sa collection africaine, Ethan Gardner et son don pour les armes à feu : tous les personnages de la série veulent faire œuvre. Cet élan procède d’un hybris fondamental, celui de Faust, qui fait leur malédiction. Chacun à leur manière, leur œuvre est entachée par le péché. En se libérant de la peur de Dieu, ils sont devenus des êtres condamnés à l’errance et au malheur. Penny Dreadful relate cet impossible rachat des fautes.

Un impossible exorcisme

Dans cette saison 2, les héros sont désormais traqués par Satan et ses affidés. Cette guerre intérieure et extérieure s’annonce terriblement atroce et sanglante. En effet, la série horrifique prend une dimension nouvelle en annonçant le Diable comme ennemi principal derrière Madame Kali et ses servantes. Symboliquement, il s’agit d’exorciser les personnages des forces obscures qui les étreignent et qui les guettent dans l’ombre. Le cérémonial macabre s’invite dans une nouvelle saison qui s’inscrit d’emblée sous le signe de la crise. Tout cela fait de Penny Dreadful une série virtuose et atypique particulièrement passionnante ! Si Showtime a déjà dévoilé le premier épisode de cette saison, la suite est à découvrir dès le 3 mai ! A déguster !

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Série Penny Dreadful : Les premiers indices sur la saison 2 !

Alors que la campagne de promotion de la série phare de Showtime, Penny Dreadful, bat son plein, s’esquissent les premiers éléments de son second volet. On peut d’ores et déjà dresser un premier tableau de la création de John Logan, dont la seconde saison est diffusée à partir du 3 mai. La série horrifique avait laissé les héros désemparés après la mort de Mina, l’amie d’enfance de Vanesse Ives transformée en vampire. Dans ce deuxième opus, la trame se centre sur les démons intérieurs de chacun des personnages qui compose la série. Désormais, tous doivent affronter leur part de monstruosité.

Aussi, le groupe des chasseurs de démons se désagrège-t-il momentanément. Cet affaiblissement provoque un retournement de situation. Les héros ne traquent plus les créatures de la nuit mais ce sont eux qui sont à leur tour traqués. Dans leur fuite, ils entament un voyage, à la fois réel et symbolique, sur les traces de leurs passés. Madame Kali (Helen McCrory), la nécromancienne entraperçue dans la première saison, se révèle l’ennemi de l’ombre le plus puissant et le plus imprévisible pour les héros. Plus particulièrement, elle et sa fille, Hécate (Sarah Green), convoitent Vanessa Ives. A la tête d’une congrégation d’adulatrices du Diable, elles traquent l’héroïne pour la dépouiller de son âme humaine. Une fois cette étape accomplie, Amunet, la réincarnation d’une ancienne divinité égyptienne, pourra se réveiller totalement et exercer ses pouvoirs maléfiques et destructeurs sur le monde.

Plus vulnérable que dans la première saison, Vanessa Ives constitue de nouveau le pôle de tension autour duquel s’articulent les intrigues. C’est Lucifer, en personne, qui envoie ses serviteurs pour s’emparer de l’âme du personnage. Terrifiée et traquée, elle trouve soutien et force auprès du loup-garou Ethan Chandler (Josh Hartnett). Un triangle amoureux s’instaure avec Dorian Gray (Reeve Carney).

Qui plus est, on en sait plus sur les liens passés qui unissent Sir Malcolm (Timothy Dalton), le Docteur Frankenstein (Harry Treadaway) et Sembene (Danny Sapani), le serviteur peu loquace. Cette seconde saison souligne les interactions entre les personnages. Il s’agit de mettre en évidence que les membres du groupe deviennent les membres d’une même famille. On assiste notamment au retour de l’égyptologue Ferdinand Lyle (Russell Beale) et aux arrivées d’un inspecteur de Scotland Yard (Douglas Hodge) et de Johnny Beauchamp, un homme mystérieux au passé trouble.

Après avoir perdu sa fille, Sir Malcolm fait l’impossible pour sauver Vanessa Ives des griffes de Madame Kali et de sa troupe infernale. Quant au Docteur Frankenstein, il ramène Brona (Billie Piper) à la vie, elle qui avait succombé à la tuberculose à la fin de la première saison. Frankenstein fait d’elle l’épouse de sa Créature (Rory Kinnear). Celui-ci vit cependant dans la hantise qu’elle ne retrouve les souvenirs de son ancienne vie. En l’occurrence, dans un décor ténébreux et sanglant, l’horreur culmine dans les offensives des forces obscures qui minent tous les personnages.

Cette deuxième saison s’annonce tout aussi passionnante que la première. On plongera donc à nouveau avec plaisir dans les bas-fonds londoniens du XIXe siècle. Spiritisme, égyptologie et messes noires signalent la fascination pour le surnaturel intrinsèque à l’époque. La cruauté, éminemment troublante, atteint son paroxysme avec les sacrifices humains perpétrés par les suppôts sanguinaires du Démon. A la manœuvre dans l’ombre, Lucifer ourdit des pièges et des plans machiavéliques par l’entremise de ses zélées servantes. Que de dangers en perspective pour ces chasseurs de démons devenus gibiers des forces obscures ! A ne manquer sous aucun prétexte à partir du 3 mai sur Showtime !

Penny Dreadful : Les 19 plus belles répliques de Vanessa Ives (Eva Green) en gifs

1. « I write in hope that one day you will answer me and that everything can again be like it was… Though I know that can never be »: « J’écris dans l’espoir qu’un jour tu me répondras et que tout puisse redevenir comme avant… Bien que je sache que cela n’arrivera jamais ».
2. « Don’t ask permission. If you want to do something do it, because it is your desire, not my allowance. You must risk rejection »: « Ne demande pas la permission. Si tu veux faire quelque chose fais-le, parce que c’est ton désir, non par indulgence. Tu dois prendre le risque de déplaire ». 
3. « And what’s your part in all of this?
– My part is my own »: 
« Et quel est ton rôle dans tout cela?
– Mon rôle m’appartient, à moi seule ».
4. « No more let Life divide what Death can join together »: « Ne laisse plus la Vie séparer ce que la Mort peut réunir ».

5. « Your father loves you very much and would do anything to save you. But I love you in a different way. I love you enough to kill you »: « Ton père t’aime énormément et ferait n’importe quoi pour te sauver. Moi je t’aime d’une autre manière. Je t’aime assez pour te tuer ».

6. « You have to give them names or they’ll never come to life »: « Tu dois leur donner un nom ou elles ne viendront jamais à la vie ».
7. « I have a complicated history with the Almighty »: « J’ai une histoire compliquée avec la Toute-Puissance divine ».

8. « Mr. Gray, I am not the woman you think I am. And with you, I am not the woman I want to be »: « Monsieur Gray, je ne suis pas la femme que vous pensez que je suis. Et en votre compagnie, je ne suis pas la femme que je veux être ».

9. « Things are so rarely what they seem »: « Les choses sont si rarement ce qu’elles semblent être ».

10. « It’s an invitation »: « C’est une invitation ».
11. « Let us murder the people tonight »: « Laisse-nous tuer des gens ce soir ».
12. « Perhaps it has always been there, this thing, this demon inside me. Or behind my back, waiting for me to turn around »:
« Peut-être que cela a toujours été là, cette chose, ce démon en moi. Ou derrière mon dos, attendant que je me retourne ».
13. « I want to be the mother of Evil »: « Je veux être la mère du Mal ».
14. « There are things within us all that can never be unleashed »: « Il y a des choses en nous qui ne doivent en aucun cas être libérées ».
15. « I believe in curses. I believe in demons. I believe in monsters »: « Je crois aux malédictions. Je crois aux démons. Je crois aux monstres ».
16. « We here have been brutalized with loss. It has made us brutal in return. There is no going back from this moment »:
« Jusqu’ici nous avons été rudoyés en pure perte. Cela nous a rendu à notre tour plus agressifs. A partir de ce moment-là il n’y a plus de retour en arrière ».
17. « I don’t remember clouds when we were young. Were there any, my dearest Mina? Just beyond the horizon, perhaps? Or was it all seashore and sandcastles? Such a thought is naive, I know. But aren’t memories always that? »:
« Je ne me rappelle pas les nuages quand nous étions jeunes. Y en avait-il un seul, ma très chère Mina? Juste au-delà de l’horizon, peut-être? Ou tout cela n’était que rivages et châteaux de sable? Une telle pensée est naïve, je sais. Mais les souvenirs ne le sont-ils pas toujours? »
18. « To be beautiful is to be almost dead, isn’t it? »: « Etre belle c’est être presque morte, n’est-ce pas? »
19. « Do you believe there is a demimonde? A half world between what we know and what we fear? »:
« Croyez-vous qu’il existe un monde souterrain. Un monde partagé entre ce que nous connaissons et ce que nous craignons? »