Série The Divide : « Au coeur des divisions raciales de la société américaine »

La chaîne WE TV vient de lancer une nouvelle série policière, The Divide. Dans la veine de la série Rectify, cette fiction se déroule au cœur du couloir de la mort et interroge toutes les facettes de la justice américaine. Ce thriller que l’on doit à Richard La Gravenese parvient d’emblée à intriguer. En effet, même si la trame de départ peut sembler convenue, la série possède d’intéressantes qualités qui lui permettent de se démarquer des stéréotypes du genre.

Christina Rosa, une héroïne jusqu’au-boutiste

La personnalité de son héroïne porte cette production. La jeune Christina Rosa (Marin Ireland : Homeland) est étudiante-avocate dans une association qui s’emploie à réviser les jugements des condamnés à mort. Dans cette optique, sa démarche s’inscrit dans une course contre la montre. Dès que l’ombre d’une preuve se profile, Clark Rylance (Paul Schneider), le chef de cette équipe de la dernière chance, et Christina mettent tout en œuvre pour reporter la date de l’exécution. Deux semaines avant l’injection létale d’un homme impliqué dans le massacre d’une famille noire, Christina tente de refaire le test ADN.

The Divide ou la hantise des divisions entre communautés

Directement calquée sur les travaux de l’Innocence Project qui travaille sur les dossiers litigieux dans lesquels des innocents sont victimes d’erreurs judiciaires, The Divide se compose de huit épisodes. D’emblée, le pilot nous plonge de manière tonitruante dans les arcanes du pouvoir de cette ville qui risque de se diviser entre les communautés. Dans la galerie des personnages, le procureur afro-américain de la ville, Adam Page, occupe une place prépondérante. Celui-ci est partagé entre son devoir et sa rivalité avec Clark, ancien camarade d’université. Ce dernier combat pour la justice mais non sans arrière-pensées, contrairement à la jeune Christina, parallèlement confrontée à l’exécution prochaine de son propre père. Sa fougue, sa verve et sa persévérance séduisent car elles cachent une vulnérabilité poignante. Ce qui n’empêche pas ses visites auprès de la victime qui a assisté au meurtre de sa famille d’être particulièrement dérangeantes. En effet, elle n’hésite pas à remettre en cause la parole du témoin de manière abrupte.

Traquer les erreurs judiciaires

The Divide met donc en scène les failles du système judiciaire américain. Elle élabore une fresque bien menée des conséquences pour la société et pour les familles d’une erreur judiciaire. Jusqu’au-boutiste, Christina mène la révision des procès tambour battant. Le rythme rapide et l’enchaînement des rebondissements garantissent à The Divide un excellent suspens. Alors que le dossier semblait clos, l’affaire recèle des replis où pourraient se cacher les coupables véritables. Christina remonte donc le cours des enquêtes pour réclamer, dans un premier temps, la suspension des exécutions, puis dans un second temps, l’acquittement.

Une atmosphère sombre et oppressante

En toile de fond de cette trame, la question raciale qui se fait lancinante et qui hante l’Amérique : une famille noire qui a vécu l’horreur a-t-elle accès à une justice équitable ? Lui rendra-t-on justice de manière aussi efficace qui si elle était blanche ? C’est la crainte de ce deux poids deux mesures qui sert de fil directeur à The Divide. A mi-chemin entre le thriller et la fresque sociétale, cette série éclaire de manière convaincante les fêlures secrètes de la société américaine. Ces dernières renvoient également aux souffrances des personnages, tous incarnés par des acteurs de qualité : Clarke Peters (Treme) ou encore Ann Dowd (Master of Sex).

Dans une ambiance au réalisme sombre, The Divide offre une exploration impeccable des arcanes d’un appareil judiciaire faillible. Elle constitue une série policière qui offre ainsi une alternative crédible à la décevante série Legends qui recycle les vieilles ficelles des productions d’espionnage. A suivre sans plus attendre !

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