American Horror Story Hotel: « Une nouvelle saison qui se cherche! »

La série horrifique de Ryan Murphy reprend du service avec une cinquième saison. Le premier épisode est un florilège un peu indigeste d’étrangetés. Sans véritable fil conducteur, il livre les différentes pièces d’un puzzle dont on ne sait encore rien. Critique d’une nouvelle saison qui se cherche.

Un pastiche de Shining

 

Un hôtel désuet, rappelant sans cesse le Shining de Kubrick, sert de cadre mystérieux à l’intrigue. En perte de vitesse, American Horror Story espère renouer avec son succès en prenant la suite des premières et deuxièmes saisons. Après la maison hantée, l’asile d’aliénés des années cinquante, la saison 5 propose un pastiche de l’Overlook Hotel. Reprenant ainsi les légendes des auberges sanglantes et désolées, le réalisateur veut revenir aux racines de l’horreur. En effet, un lieu emblématique, un décor étrange, une ambiance terrifiante, tels sont les ingrédients essentiels d’American Horror Story.

Jessica Lange manque à l’appel

 

Le départ de Jessica Lange, véritable égérie de la série, sonne le glas de sa période faste. Même s’il y avait du bon et du moins bien, son aura portait l’âme de la série. C’est Lady Gaga qui a la lourde tâche de reprendre le flambeau. Si Jessica Lange usait avec brio de toutes les gammes de son jeu d’actrice pour incarner des personnages horribles mais aussi écorchés par la vie, Lady Gaga est pour l’instant figé. Elle fait du « Lady Gaga ». En l’occurrence, la dimension plastique et esthétique prime sur la profondeur.

L’horreur jusqu’à l’écœurement sans la terreur

Comme dans ces clips, l’horreur et l’étrangeté passent par l’image sidérante. C’est le cas, dans la scène de sexe à quatre où le glauque prime sur l’horreur. Le couple infernal qui dévore ses victimes ne laisse aucune chance aux spectateurs de pouvoir compatir au sort infligé aux innocents. Lady Gaga et son look ultra sophistiqué n’est pas sans évoquer Catherine Deneuve dans Les Prédateurs.

Un procédé trop énumératif

 

Chacune des chambres est hantée par un esprit maléfique. Deux touristes suédoises vont l’apprendre à leurs dépens dès les premières minutes. Des scènes de tortures sont esquissées dans la veine de Saw. Il n’en demeure pas moins qu’American Horror Story se cherche une nouvelle âme. Il s’agit de faire du neuf en distillant les fondamentaux du cinéma horrifique. Pour l’instant, l’alchimie n’opère pas car les scènes qui se veulent excessivement horribles ont un parfum de déjà-vu. Les personnages récurrents de la série apparaissent peu dans ce nouvel épisode. Une succession de disparitions sordides dans les chambres au décor glauque rythme cette entrée en matière. Sous l’égide de Lady Gaga, qui incarne la créature de l’hôtel, les âmes des enfants et des adultes se retrouvent prisonnières.

Des indices mystérieux

 

Alors que l’hôtel est sur le point d’être vendu, un policier en perdition y trouve refuge. Marqué par la disparition de son fils, il errait déjà de manière fantomatique à l’extérieur. Pour lui, l’hôtel est un refuge. Surgit alors une interprétation parallèle. Les mystères distillés ne constituent pas une trame d’ensemble. Ils sont semés comme des indices. Renouant davantage avec la dimension horrifique, American Horror Story se recentre sur ce qui fait son succès.

Une galerie de personnages underground

 

Il faut espérer que tout cela se décante au fil des épisodes et que la saison parvienne à trouver son identité propre. En effet, si elle se contente de compiler les références de films comme Shining, Seven ou encore Les Prédateurs, le passage en revue va vite s’avérer lassant. Pour l’instant, AHS Hotel présente une galerie de personnages underground qui errent dans les couloirs sans fin d’un hôtel sans âge. Entre les enfants-vampires, une junkie cynique, une momie perverse, un monstre luxurieux et une femme de ménage chargée du grand nettoyage après chaque orgie, les types de personnages sont des incontournables.
Pour l’instant, on reste un peu sur notre fin.

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Série Fear the Walking Dead : « Le succulent prequel de The Walking Dead!»


La série dérivée de The Walking Dead a été lancée le 23 août dernier sur la chaîne américaine AMC.Voici la critique du  pilote qui annonce une série très prometteuse.

En relatant les prémices de la mystérieuse épidémie qui fait revivre les morts, Fear the Walking Dead se centre sur la panique croissante des habitants de Los Angeles. Les cas suspects se multiplient à travers la mégalopole. Les Walkers apparaissent lors d’images sporadiques qui viennent clôturer une tension habilement distillée. Leur décomposition n’a pas eu le temps de survenir. Ainsi, leur apparence est encore à moitié humaine et le sang coule à flots.

Robert Kirkman joue sur la connaissance des spectateurs de l’intrigue de The Walking Dead. L’univers post-apocalyptique laisse place à une pré-apocalypse. Les habitants ne sont pas encore des survivants. En insistant sur le décalage entre la ville, sa normale frénésie et ses citadins préoccupés par leur quotidien, et les faits anormaux qui éclatent un peu partout, la série instille un vertige entre ce qui est et ce qui survient.

Très habilement menée, l’intrigue met en scène des personnages d’emblée attachants et qui échappent à la caricature de la famille lambda américaine. En effet, ils ont suffisamment de profondeur pour faire oublier le canevas, somme toute habituel, de la famille recomposée. Dans ce prequel, les zombies sont avant tout des humains infectés par une mystérieuse maladie. La peur repose sur l’inconscience des habitants, le Mal qui avance et l’impossibilité de comprendre les causes de l’épidémie.

Fear the Walking Dead revient donc sur la pandémie avec brio. On suit avec plaisir les péripéties de cette famille qui fait partie de celles qui commencent à concevoir l’inconcevable avant que le Mal ne s’abatte totalement. Très sobre et réaliste, la série refuse la surenchère. Sa subtilité entraîne dans un vertige insondable et inexorable. En effet, on contemple un monde en sursis qui va sombrer. Les indices anormaux sont savamment distillés de manière à indiquer que l’horreur est sur le point de s’abattre. C’est que les morts-vivants attendent leur heure dans l’ombre. Leurs quelques incursions sont rapidement annihilées, mais pour combien de temps encore ? Fear the Walking Dead annonce finement l’avènement des morts. A suivre sans hésiter !

Vidéos: Les 8 nouvelles séries US de la rentrée 2015!

 

Les séries font aussi leur rentrée, découvrez les trailers des nouveautés les plus prometteuses et des retours les plus attendus dans un florilège d’images! 

1/ Scream Queens sur Fox le 22 septembre:

2/ Ash vs Evil Dead sur Starz le 31 octobre:

3/ The Bastard Executioner sur FX le 15 septembre:

4/ Public Morals sur TNT le 25 août:

5/ Narcos sur Netflix le 28 août:

6/ Minority Report sur Fox le 21 septembre:

7/ Limitless sur CBS le 22 septembre:

8/ Wicked City sur ABC le 27 octobre:

Pour commencer 2016:

 Vinyl sur HBO:

 Westworld sur HBO:

Et des retours très attendus!

La saison 2 de The Knick sur Cinemax le 16 octobre:

La saison 2 de Z Nation le 11 septembre:

La saison 5 d’American Horror Story Hotel sur FX le 7 octobre:

La saison 2 de Manhattan sur WGN America le 13 octobre:

La saison 2 de The Leftovers sur HBO le 4 octobre:

Série Dark Matter : « Perdue dans l’espace, la matière noire des souvenirs! »

Disponible sur Syfy France le 16 juin, la nouvelle série Dark Matter est le nouveau space-opera proposé par Joseph Malozzi et Paul Mullie, scénaristes de la franchise Stargate. Composée de treize épisodes, cette production n’est pas sans rappeler les films Pandorum et, dans une moindre mesure, Lost in space. Analyse d’une série de science-fiction ambitieuse et enthousiasmante.

Inspirée du comic book du même nom, Dark Matter (Matière Noire) se révèle une plongée troublante au cœur de l’équipage d’un vaisseau spatial dérivant dans l’espace. Les personnages sont désignés par des numéros de un à six dans l’ordre de leurs réveils car ils n’ont plus aucun souvenir. Qui sont-ils ? Pourquoi ont-ils embarqué ? Vers quelle destination ? Telles sont les premières interrogations qui innervent ce premier épisode très dense.

Un mystérieux équipage

A bord du vaisseau, l’atmosphère oppressante et son architecture évoque le Nostromo de Ripley. Sur ce point, Syfy a d’ailleurs mis en ligne les croquis du script. En outre, l’humour décalé de cet équipage hétéroclite n’est pas sans rappeler l’Alien de Jean-Pierre Jeunet. A bord, la vie des inconnus s’organisent peu à peu pour survivre et découvrir ce que cache ce vaisseau-fantôme. Même si leurs identités restent un mystère, les personnages ne tardent pas à découvrir quelles sont leurs facultés, qu’elles soient scientifiques, informatiques ou physiques. Rapidement, ils découvrent un androïde qui, en se connectant à l’ordinateur central du vaisseau, leur dévoile qu’ils sont des mercenaires chargés d’éradiquer une colonie minière.

En quête de rédemption

Bénéficiant d’une diffusion mondiale, Dark Matter abrite un casting de qualité pour incarner des personnages hauts-en-couleur. On retrouve notamment Roger Cross (The Strain), Mélissa O’Neil, Zoie Palmer (Lost Girl) et Jodelle Ferland. Quatre ans après l’arrêt de la franchise Stargate, David Hewlett (Rodney McKay dans Stargate Atlantis) apparaît dans un rôle récurrent. Il incarne Talbor Calchek, l’agent de liaison de l’équipage. Dans l’intrigue, la rédemption est centrale. En effet, il s’agira pour les six personnages (2 femmes et 4 hommes) de déterminer s’ils vont accomplir leur mission ou venir en aide aux habitants.

Une architecture labyrinthique

Avec dynamisme Dark Matter mêle parfaitement thriller et science-fiction et révèle de nouveaux mystères au fur et à mesure de l’intrigue. Ainsi, les membres de l’équipage découvrent une étrange porte qu’ils ne peuvent ouvrir. Avec eux, on scrute les recoins sombres et caverneux du vaisseau spatial, en s’attendant à voir surgir tôt ou tard un « Alien ». Plus précisément, le mérite de Dark Matter est d’exploiter avec adresse l’atmosphère inquiétante du vide intersidéral. Et à la différence de Defiance, de The 100 ou de Falling Skies, la série s’éloigne de l’orbite terrestre.

Un dédale mémoriel

Le vaisseau spatial symbolise le dédale mémoriel dans lequel sont perdus les membres de l’équipage. La perte de leurs souvenirs entre en résonance avec l’absence de direction du vaisseau. Perdus spatialement et temporellement, la désorientation des personnages sourd à travers l’intrigue prometteuse. Que vont-ils découvrir sur eux-mêmes, sur leurs destinations, sur leurs pertes de mémoire ? La porte close marque spatialement le seuil qu’ils ne parviennent pas à franchir. Les six mercenaires vont devoir ainsi faire le deuil de ceux qu’ils étaient avant. Leur réveil cryogénique s’apparente, en cela, à une seconde naissance. La quête d’identité se fond alors dans la volonté de l’équipage de retrouver sa route.

La matière noire: l’oubli et l’espace

Parallèlement au vide intergalactique, l’oubli symbolise aussi cette mystérieuse « matière noire » que l’équipage ne parvient pas à ressaisir. Tentant de redevenir maîtres de leurs destins, les six personnages devront faire cause commune pour déjouer la menace que le vaisseau-fantôme abrite. Entre action, tensions politiques et trahisons, Dark Matter se révèle un huis-clos spatial efficace et plus dynamique qu’Ascension. Refusant toute idée de franchise, les scénaristes ont d’ors et déjà indiqué que le fil de l’intrigue connaîtra un dénouement définitif lors de l’épisode final.

Un contexte politique trouble: « Un Westeros spatial? »

On suit donc avec plaisir cette aventure spatiale car la conceptualisation, notamment de la base spatiale et du vaisseau est une réussite. En outre, l’univers colonisé par l’humanité, au fur et à mesure que les planètes étaient découvertes, recèle des mystères insondables auxquels seront confrontés les personnages. Comme une traînée de poudre, l’exploitation des ressources de chaque planète entraîne des bouleversements irréversibles et des conflits fratricides. Corrompues et malfaisantes, les autorités galactiques ourdissent des plans machiavéliques pour réaliser un but mystérieux que seuls les six pourront contrecarrer. Alliant humour et gravité, Dark Matter ne sombre jamais dans la caricature. Avec Killjoys, Syfy annonce donc ses ambitions pour l’été en proposant deux séries enthousiasmantes. Dark Matter est à découvrir sur Syfy France dès le 16 juin !

UnReal : « La série qui exhibe avec brio les rouages de la télé-réalité !»

Diffusée par la chaîne américaine Lifetime, la série UnReal dévoile les coulisses sordides d’une émission de télé-réalité du type The Bachelor. En multipliant les personnages complexes et les situations explosives, UnReal est une véritable réussite. La prestation de Shiri Appleby qui incarne Rachel Goldberg est savoureuse. Analyse d’une des très bonnes séries à suivre dès maintenant.

Dans une villa à Los Angeles, une équipe tourne une nouvelle saison de l’émission Everlasting. Le prince charmant de service accueille ses prétendantes sur le perron de son « palais ». La mécanique semble parfaite, sans le moindre accroc. Pourtant la productrice de l’émission ne tarde pas à faire entendre sa gouaille railleuse et autoritaire. La scène ne lui convient car le célibataire n’est pas assez charmeur à son goût.

Manipulation et artificialité

L’artificialité du programme repose sur les interventions incessantes de cette chef d’orchestre peu commode. Comme une chorégraphie, les techniciens s’affairent autour des participantes. Elles sont venues là pour trouver l’amour. C’est le discours officiel. En réalité, elles deviennent des actrices malgré elles, manipulées par Rachel Goldberg, qui est là pour rendre le programme passionnant.

Exhiber les rouages de la télé-réalité

Très vite, les mécanismes de la télé-réalité sont disséqués de manière savoureuse. Tous les coups sont permis pour que les participantes donnent ce que le public veut voir. Rachel doit susciter les retournements de situation qui constitueront les temps forts du show. Dans une tonalité impitoyable, on voit la torture mentale s’abattre sur des candidates choisies précisément pour leurs névroses. C’est que chacune doit tenir son rôle. La méchante de service doit en mettre plein la vue, comme la bimbo mexicaine et la mère dépressive.

Une héroïne ambigüe

Rachel est la meilleure dans son job. Pourtant, la saison précédente a été marquée par sa crise de nerfs alors que le mariage entre les « amoureux » avait lieu. A la fin de l’émission, Rachel détruit le mécanisme de l’émission pour révéler à la candidate la supercherie. Heureusement pour Rachel, faire éclater la vérité a fait exploser l’audimat. Elle repart donc une nouvelle fois dans cet univers qui l’écœure : celui du mensonge et de la manipulation. En tous cas, le « Bachelor » comme les candidates font confiance à Rachel qui entre d’emblée dans leur intimité grâce à des informations transmises par oreillettes. Particulièrement ambigüe, l’héroïne oscille entre empathie et cruauté.

Un envers du décor sordide traité avec subtilité

Les coups bas et le passé des prétendantes, exhibé de manière horrible, contribuent vite à fissurer la parfaite image du programme. La réalité sordide des coulisses se déversent peu à peu sur le tournage. A force de chantages ou de manipulations, les acteurs malgré eux obéissent aux injonctions qu’on leur donne. Comme une exhibition malsaine de plus en plus trash, le show vire à l’infect. Le « conte de fées » se transforme alors en cauchemar. Sexe, beuveries, disputes et crises de larmes, voilà ce que veut voir le public. La dictature de l’audimat déshumanise rapidement l’émission.

Les ravages d’une mécanique dévastatrice

Reste que le cynisme ravageur de la série exhibe avec brio les blessures de chacun des personnages. Dès lors, l’émission n’est plus que la simple exhibition sordide des travers et des espoirs des uns et des autres. Nul respect de part des techniciens, ni de la directrice de la production, le temps c’est de l’argent. Dans cet univers sans foi ni loi, la belle histoire d’amour se transforme en cloaque putride. Si Rachel est de retour, c’est qu’elle poursuit le but de détruire de l’intérieur cette émission infernale. Elle trouve dans le « prince charmant », un allié inattendu pour faire cesser cette mécanique dévastatrice.

Une critique brillante et intelligemment menée

Brillamment interprétée, complexe, drôle et tragique, la série UnReal est un régal. C’est une fresque à la fois touchante et cruelle sur le phénomène « télé-réalité », du voyeurisme des téléspectateurs aux moyens peu ragoûtants de la production pour parvenir à ses fins, les séquences s’enchaînent. Le sadisme n’est jamais loin, notamment avec la productrice totalement amorale. Elle est la garante du fonctionnement de la machine « divertissement » et elle ne doit à aucun prix la laisser s’enrayer. Au milieu de ce cloaque où tous ont vendu leurs âmes, l’héroïne ne perd pas de vue sa mission qui confine au salut public. Véritable réussite, la série UnReal est à découvrir sans plus tarder !

Sondage: Votez pour le jeu vidéo que vous aimeriez voir en série!

Selon vous quel jeu vidéo ferait la meilleure adaptation série? Quel est celui que vous aimeriez voir adapté en série? Pour le savoir, participez au sondage ci-dessous et  votez! La liste est non exhaustive et subjective.

Vidéos : Les 10 séries qui auraient mérité une seconde saison !

Alors que l’avenir de la série Constantine reste flou car on ne sait si elle sera  éventuellement produite par une autre chaîne, on voulait revenir sur les très bonnes séries annulées seulement après une saison. Petit passage en revue des séries qui auraient mérité de se poursuivre et dont la fin reste bâclée faute d’audience! Au programme regrets, nostalgie et bonheur de les découvrir si vous ne les connaissez pas encore!

1/ Dracula (NBC)

Adaptation modernisée et romancée des aventures de Dracula par Bram Stoker. Le comte Dracula vit à Londres en pleine Révolution Industrielle sous la fausse identité d’Alexander Grayson. Il cherche à venger la mort de sa bien-aimée des siècles auparavant par l’organisation secrète de l’ordre du Dragon qui combat les vampires. On retrouve les personnages traditionnels du mythe: Jonathan Harker, Mina Murray et même Van Helsing, le célèbre chasseur de vampires. Une ambiance soignée, des décors gothiques, une intrigue sanglante et un Jonathan Rhys-Meyers séduisant et charismatique contribuent à faire de cette série un très bon divertissement. Dommage qu’elle se soit terminée sans véritable fin. Les dix épisodes sous de faux airs de la série Tudors étaient très convaincants.

2/ Death Valley (MTV)

Totalement déjantée et magistrale d’humour noire, la série Death Valley se compose de douze épisodes jouissifs. La vallée de San Fernando est envahie par des créatures surnaturelles. Vampires, zombies et loups-garous se mêlent dans une ambiance foutraque, carnavalesque et décalée. Face à cette invasion, les policiers de l’UTF, un groupement chargé de lutter contre les non-morts, doivent endiguer le phénomène à la vallée avant qu’il ne se propage  sur tout le territoire des Etats-Unis. Cette comédie horrifique est un ovni original et déjanté qui méritait une suite.

3/ Flashforward (ABC)

Adaptation très réussie du roman du même nom de Robert J. Sawyer, la série n’aura duré que 22 épisodes. Au cours d’un black-out de 2 minutes et 17 secondes à travers le monde, chaque personne découvre son futur avec une vision. Palpitante, la série offre un scénario travaillé et parfaitement construit abordant intelligemment les problématiques du destin, de l’espace-temps et de la physique quantique. Très originale, l’intrigue pâtit cependant d’une fin décevante. Une suite aurait été bienvenue!

4/ Terra Nova (FOX)

Produite par Steven Spielberg et composée de treize épisodes, cette série plonge le spectateur dans un univers dévasté par la pollution. Nous sommes en 2149, la Terre se meurt sous les effets de la pression humaine. La végétation a disparu, la sécheresse est constante, la planète bleue est devenue un enfer. Une bienheureuse expérience a pour conséquence que des scientifiques parviennent par hasard à créer un vortex spatio-temporel (sans paradoxe temporel) s’ouvrant 85 millions d’années auparavant. C’est le Crétacé. L’environnement y est hostile et dangereux mais c’est la seule chance de survie pour une humanité en sursis. La famille Shannon fait partie de la dixième expédition de colons vers Terra Nova. Il leur faudra alors lutter contre les dinosaures mais aussi contre une colonie dissidente. A la fin de la première saison, de nombreuses questions restent sans réponse. La fresque était pourtant originale: des humains trouvant refuge à l’ère du Crétacé pour fuir un futur apocalyptique. La série méritait une exploitation plus importante de ses concepts originaux.

5/ Last Resort (ABC)

Composée de treize épisodes, la série suit l’équipage d’un sous-marin nucléaire qui a refusé de lancer un missile sur le Pakistan. Ils deviennent alors les ennemis des Etats-Unis et se réfugient sur une île qu’il déclare état indépendante en brandissant la menace nucléaire. Chaque membre d’équipages va devoir vivre loin de sa famille en étant les parias de leur propre pays. Avec une aussi bonne idée de départ, la série n’a malheureusement pas eu le temps de développer pleinement son potentiel!

6/ Cult (The CW)

Treize épisodes passionnants retracent le parcours de Jeff, un journaliste d’investigation et de Skye, assistante de production de la série à succès Cult. Un groupe de fans semble confondre réalité et fiction. En effet, ces fanatiques vouent un véritable culte à la série et reproduisent dans la réalité les crimes qui y sont commis. Dans une ambiance paranoïaque et oppressante, Jeff essaie de percer la disparition de son frère Nate. Virant à l’obsession, sa quête le porte à suspecter tout le monde. Trouble et malsaine, l’intrigue méritait une suite!

7/ Camelot (Starz)

Adaptation de l’œuvre de Thomas Malory, Le Morte d’Arthur, Camelot est une série qui retranscrit la destinée d’Arthur de manière beaucoup plus sombre que la série Merlin. Faisant la part belle à la rivalité qui oppose Arthur à sa demi-sœur, la fée Morgane, la série permet à Eva Green de faire montre de l’étendue de son talent. Elle est formidable dans le rôle de l’ambitieuse et froide magicienne, prête à tout pour reconquérir le pouvoir. Le jeune Arthur fait face aux maléfices de Morgane et doit prendre des décisions difficiles pour sauver un royaume en perdition. On retrouve tous les personnages du mythe: Ygraine, Guenièvre, les chevaliers de la Table Ronde dans un Camelot légendaire et inquiétant. Dommage qu’il n’y ait pas de seconde saison pour développer et améliorer ce mythe fondateur et palpitant que la version sombre sublimait.

8/ The River (ABC)

Huit épisodes seulement pour cette plongée fantastique en pleine Amazonie. Caméra à l’épaule, Oren Peli, l’un des créateurs de Paranormal Activity, transporte le spectacle dans une jungle inexplorée, malsaine et dangereuse. L’atmosphère mystique n’est pas sans rappeler celle du film Cannibal Holocaust. La série se présente comme un faux-documentaire où l’horreur va bientôt faire son apparition. Emmet Cole, un célèbre explorateur qui voyage à travers le monde avec femme et enfant, filme ses aventures et est célèbre dans tous les Etats-Unis. Chacun suit ses aventures à la télé avec assiduité. Très populaire et en quête d’exclusivités, il se lance à la recherche d’une magie ancestrale cachée dans les profondeurs de la jungle amazonienne. Il ne reviendra jamais de son voyage. Sa famille lance alors une expédition de secours pour le retrouver et parcourt les canaux mystérieux des affluents de l’Amazone. Dans une ambiance enfiévrée et inquiétante, la série maintient le suspense et introduit une dose de fantastique qui ne sombre jamais dans le ridicule. La peur, l’inquiétude et la surprise sont au rendez-vous. Vraiment dommage qu’il n’y ait pas de suite!

9/ Firefly

« Space western » de 14  épisodes, Firefly est une création sensationnelle de Josh Whedon. En 2517, l’humanité s’est installée dans un nouveau système solaire. On suit les aventures de l’équipage du vaisseau Serenity composé de renégats, de parias et de marginaux. Refusant d’avoir un maître, ils errent à travers l’espace et luttent contre l’Alliance. C’est une excellente série de science-fiction qui séduit d’emblée par ses personnages attachants, notamment  le commandant Malcolm Reynolds (Nathan Fillion). L’ambiance de solidarité, de gentillesse (non niaise) et de drôlerie dans l’équipage fait que l’on a l’impression d’en faire partie. Un film clôt les aventures esquissées dans l’unique saison. Firefly en aurait mérité bien plus!

10/ Mob City (TNT)

Mob City relate la lutte sanglante dans l’Amérique d’après-guerre entre le mafieux Mickey Cohen et la police. La reconstitution parfaite des années 40, tant sur le plan des costumes que des décors, donne un cachet indéniable à cette série. Une série sur la pègre qui aurait mérité un traitement plus long. Dommage.

The Whispers : « Une série de science-fiction conventionnelle où Spielberg fait du Spielberg »


Après Extant, Steven Spielberg produit une nouvelle série de science-fiction The Whispers diffusée sur la chaîne américaine ABC. Comme dans sa précédente production, on retrouve ses thèmes fétiches : une invasion extra-terrestre, des enfants et un environnement familial au bord de l’implosion. Replaçant les codes habituels du genre, The Whispers reste un divertissement sans grandes ambitions mais honnête pour tous ceux en quête d’une nouveauté science-fiction.

Des enfants meurtriers

Des enfants sont possédés par une mystérieuse entité dans tous les Etats-Unis et commettent des atrocités. Cette fois, ce ne sont ni des démons ni Satan lui-même qui possèdent les petites filles comme dans l’Exorciste, mais un être venu de l’espace. Poursuivant un mystérieux but, il manipule les enfants de manière à ouvrir un vortex au-dessus de la Maison Blanche pour que « les humains voient la lumière ». En effet, l’ami pas si imaginaire que cela des enfants dénommé Drill communique par l’entremise d’ampoules ou de néons. Claire Bennigan (Lily Rabe excellente dans American Horror Story) part à la poursuite de cet être mystérieux.

Un tissu d’invraisemblances

Récemment veuve, cet agent du FBI spécialisé dans le comportement des enfants, est une paria sur le retour. Cette grosse affaire est l’occasion pour elle de se remettre en selle. Les cas d’enfants en contact avec Drill semblent se multiplier. Au même moment, Wes son amant, lui apprend que l’on a retrouvé l’épave de l’avion de son mari en plein désert alors que son plan de vol se cantonnait au Cercle Polaire. D’invraisemblances en invraisemblances et de déjà-vu en déjà-vu, The Whispers avance malgré tout. Sans être trop exigeant, on finit par se laisser prendre au jeu des acteurs qui est plutôt bon. L’ennui gagne cependant devant l’absence d’originalité de The Whispers qui reprend sans les réinventer les thèmes de l’invasion extra-terrestre et des enfants meurtriers.

Une série de science-fiction conventionnelle

Malheureusement, The Whispers réutilise toutes les grosses ficelles de l’univers science-fiction. Cependant, le pilote se laisse regarder en jouant la carte du divertissement familial saupoudré d’un zeste de fantastique. On retrouve un personnage principal, pétri de bons sentiments, des enfants inquiétants juste ce qu’il faut et des scientifiques pas plus intrigués que cela de découvrir un vaisseau spatial en plein désert. Cette nouvelle série intéressera les aficionados des thèmes traités à la manière de Spielberg et qui sont réinvestis ici. Pourtant, on ne peut s’empêcher d’être saisi par l’ennui et par la lassitude dans ce premier épisode. Il faut espérer que la suite soit plus convaincante. En effet, pour l’instant, la série ne se signale pas par son originalité : entre un homme suspect couvert de tatouages mystérieux, le secret de famille de l’héroïne pas vraiment surprenant et les agissements d’un « alien » invisible déambulant dans les pavillons de l’Amérique bourgeoise, on n’est pas vraiment vernis. Naviguant dans ce premier épisode entre ridicule et déjà-vu, The Whispers ne s’avère pas plus palpitante que cela et est une adaptation pour le moment décevante de la nouvelle de Ray Bradbury, L’Heure H!

Série Aquarius : “Un thriller psychédélique dans l’Amérique des sixties”

Très attendue, la série Aquarius sonne le retour de David Duchovny sur le petit écran après l’arrêt de Californication. La nouvelle série de Mc Namara est une réussite non seulement parce qu’elle offre une plongée oppressante dans l’Amérique des sixties mais aussi parce qu’elle repose sur le psychopathe Charlie Manson, inquiétant et imprévisible à souhaits !

La nouvelle série de la chaîne américaine NBC s’appuie sur un duel à distance entre Sam Hodiak (incarné par un David Duchovny entre Fox Mulder et Hank Moody) et Charles Manson (le célèbre serial-killer incarné par Gethin Anthony). Nous sommes en 1967. Sam Hodiak, un ancien soldat devenu flic à Los Angeles, fait figure de dinosaure face à la nouvelle génération « love and peace ». Dès le pilote, le personnage qui représente l’ordre apparaît comme une étrangeté pour les hippies, au mieux comme un « totem », au pire comme la relique d’un monde autoritaire agonisant.

Une lutte entre deux mondes

Comme Netflix, NBC a choisi de mettre en ligne les treize épisodes tout de suite. L’originalité de la série est de confronter des univers antagonistes. Sam Hodiak est l’antithèse du détective hippie Doc Sportello de Thomas Pynchon apparu récemment sous les traits de Joaquin Phoenix dans le film Inherent Vice. L’arrière plan historique et social de l’Amérique des années soixante apparaît de manière subtile avec les manifestations et les images à la télé de la guerre du Vietnam. La hantise du gouvernement est de voir la contestation californienne contaminée les autres États.

L’envers du mode de vie « love and peace »

Sam Hodiak est contacté par Ken Karn. Sa fille Emma vient de disparaître. L’enquête doit rester officieuse. Avec l’aide de Brian Shafe, il s’infiltre dans ce monde marginal. D’emblée, Charles Manson apparaît comme un gourou, un manipulateur hors-pair de personnalités fragiles. Son rêve est de devenir plus célèbre que les Beatles. A la tête d’un harem hippie, la libération sexuelle s’apparente avec lui à de la prostitution et à du proxénétisme. La jeune Emma est une ingénue de seize ans et se révèle la proie idéale du prédateur. L’ambiance cool des fêtes, de la fumette et des coucheries laisse vite place au glauque. A vouloir renverser l’ordre, des règles souterraines se mettent en place où les plus forts et les plus malins comme Charles Manson et ses acolytes se repaissent des plus faibles. La loi du plus fort mais avec l’acquiescement des victimes : tel est le jeu sordide auquel s’adonne un psychopathe à la fois charismatique et repoussant.

Un monstre en quête de reconnaissance publique

La série commence par faire découvrir les prémices de la monstruosité avant que le serial-killer convainque ses fidèles de commettre des meurtres. Au-delà du destin noir de Manson, Aquarius est construit comme l’exploration d’une époque, de ses excès et de ses contradictions. La protection des plus influençables n’est en effet plus assurée. La bande-son est rythmée par les tubes de l’époque et accompagne habilement cette plongée psychédélique dans le monde hippie qui se voulait neuf et sans turpitude. Mais le sordide est là. De sorte que le flic intègre Sam Hodiak ressemble à une espèce en voie de disparition. L’époque est celle des policiers comme son collègue, mi-drogué, mi-policier, des hybrides parfois incontrôlables. Entre ces deux mondes qui se font face et qui s’influencent mutuellement, Sam Hodiak promène sa désinvolture. Ne semblant plus s’étonner de rien, il contemple sans ciller son époque évoluée. Duchovny joue parfaitement cette partition, entre le conservatisme du personnage et ses saillies déroutantes.

Des problématiques contemporaines

Dans un temps où la liberté souffle et où la transgression prime, l’autorité parentale est dépassée, l’autorité étatique remise en cause. Aussi, au-delà de la fresque réussie sur les sixties, Aquarius traite de problématiques contemporaines : les sectes, le harcèlement, l’emprise morale, les désillusions de la jeunesse et la contestation de l’ordre comme un rite initiatique et un passage obligé à l’âge adulte. La série mêle tout cela dans une ambiance inquiétante. La traque en train de se mettre en place s’avère passionnante. Aquarius est donc une belle découverte. A voir sans hésitation!

Game of Thrones (5.08) : « Jon Snow au cœur d’une bataille grandiose et épique »

Attention spoilers. Alors que la cinquième saison progressait pas à pas et flirtait avec le contemplatif, l’épisode 8 offre du grand spectacle avec une bataille épique entre les wildlings et les White Walkers à la tête de leur armée de morts-vivants. Récapitulatif de cet épisode dantesque !

Cersei Lannister, toujours dans sa geôle, subit les harcèlements des tenants de la Foi pour qu’elle avoue ses fautes. Affamée et assoiffée, elle en vient à lécher l’eau répandue sur le sol. La reine déchoit peu à peu tout en promettant la mort à ses geôlières. Pendant ce temps, Tyrion a une entrevue très prometteuse avec Daenerys qui l’accepte comme conseiller. Elle lui avoue vouloir détruire la roue qui relie les familles régnantes de Westeros les unes avec les autres autour de la conquête du Trône de Fer. Sansa découvre grâce à Reek que ceux qu’elle croyait morts ne le sont pas. Au même moment, Arya continue son apprentissage auprès du Dieu Multiface en apprenant à observer son environnement. Jon Snow, quant à lui, arrive à Hardome pour convaincre les wildlings de le suivre. Il en va de leurs vies.

Cet épisode magistral offre un spectacle dantesque avec la bataille finale. Jon Snow peine à convaincre les wildlings de s’allier à lui et à mener la guerre pour Stannis Baratheon, quand l’armée des morts-vivants attaquent les villageois. Comme un capitaine vulnérable, Jon Snow frôle la mort dans un duel avec un White Walker. Magnifiquement épique, le combat se déroule dans une tempête de neige qui précède l’arrivée pêle-mêle des morts sanguinaires.

Cette menace qui sourde derrière le Mur, Jon Snow la formule en confessant que ni les rois du Sud, ni la Garde de Nuit, ni les wildlings ne seront de taille. Avec ce discours de raison, il remporte une partie des adhésions. Alors que l’évacuation commence vers les navires, des bourrasques de neige annoncent le fléau invincible. Les wildlings et les membres de la Garde de Nuit s’activent pour faire tenir coûte que coûte le rempart de bois.

La bataille grandiose offre des moments de rares cruautés. Par exemple, des enfants morts-vivants dévorent une combattante à vif. Rarement une plongée dans une bataille aura été aussi prenante, la tension est palpable. Hurlements, corps démembrés par des êtres décharnés : tout contribue à montrer l’inhumanité. C’est que cette bataille n’est pas l’accroche d’une guerre, c’est un massacre. La résistance des wildlings ne tient pas longtemps. A couper le souffle, les images emportent vers de terrifiantes ténèbres. A la fois spectateur et acteur dans la bataille, Jon Snow est juché sur la proue d’une barque à la fin de l’épisode.

Il contemple la débâcle et frémit devant le chef des White Walkers qui se tient sur la rive. En silence, les morts massacrés reviennent à la vie sous les yeux effarés de Jon Snow. L’armée des morts se fait de plus en plus nombreuse et menaçante sur les rives. Plus largement, cette bataille magistrale, qui conclut avec brio cet épisode 8, annonce les velléités de conquête et de destruction totale des White Walkers. Cette menace terrifiante est traitée avec brio et marque de manière lancinante que la bataille autour du Trône de Fer semble face à ce fléau une vulgaire querelle de clocher. De quoi susciter un regain d’intérêt mérité pour cette cinquième saison!

Séries : Les 20 nouveaux génériques les plus envoûtants!

1.Transparent :

Un universitaire, la soixantaine, révèle à sa famille sa transsexualité. Ce qui va pousser chacun des membres de la fratrie à se dévoiler aussi. Les réactions varient entre rejet et acceptation.

2.Bloodline :

Quand le retour du frère maudit réveille des querelles enfouies dans une famille apparemment bien sous rapport. Lire la critique.

3.Outlander :

On suit les aventures de Claire, une infirmière marquée par les horreurs de la Seconde Guerre Mondiale alors qu’elle soignait des soldats britanniques. Après la fin du conflit, elle retrouve son mari, historien, qu’elle n’a que très peu vu ces cinq dernières années. Au cours d’une promenade sur la lande écossaise, elle s’approche des mégalithes autour desquels a eu lieu la cérémonie étrange. C’est alors que la jeune femme est inexplicablement transportée en 1743. Lire la critique.

4.Daredevil:

Le parcours initiatique de Matt Murdock (Charlie Cox), avocat aveugle, le jour, justicier, surnommé «le diable rouge», la nuit, luttant contre le crime à Hell’s Kitchen. Lire la critique.

5.Turn, saison 2:

Les premiers espions au service de l’Amérique pour qu’elle remporte son indépendance face aux Anglais.

6.Power:

Propriétaire d’une boîte de nuit, “Ghost” trempe aussi dans le trafic de drogues. Les ennuis commencent lorsqu’il souhaite arrêter les stupéfiants pour se consacrer au business de la nuit et à sa famille.

7.Manhattan:

Récit de la première création de la bombe atomique et des essais nécessaires pour faire basculer la Seconde Guerre Mondiale en faveur des États-Unis. Contre la montre pour remporter le conflit. Histoire se passe avant Hiroshima et Nagasaki et relate la vie quotidienne des familles de chercheurs enfermées en plein désert dans un endroit classé secret défense. Lire la critique.

8.Texas Rising:

Le combat entre Américains et Mexicains pour se départager le Texas. Lire la critique.

9.I Zombie:

Une jeune étudiante, Liv, souffre de zombisme. Pour survivre, elle est employée dans une morgue. En ingérant les cerveaux des cadavres, leurs souvenirs lui apparaissent. Elle peut ainsi collaborer avec un détective et résoudre des meurtres. Lire la critique.

10. The Man in the High Castle

Et si les Nazis et leurs alliés avaient remporté la Deuxième Guerre Mondiale et occupaient les Etats-Unis? Adaptation de l’uchronie de Philip K. Dick, la série relate le parcours d’un groupe de résistants.

11. The Missing

Un couple anglais en vacances en France, leur enfant disparaît. Les recherches du père et de la police sont retranscrites sur huit années. Lire la critique.

12.Bojack Horseman:

Gloire et déchéance d’une ex-star de sitcom Bojack. Ce dernier traîne sa dépression, son alcoolisme et son goût pour les drogues dures dans tout Hollywood. Lorsque son éditeur lui demande d’écrire ses mémoires, les ennuis s’accélèrent. Lire la critique.

13. Marco Polo:

Les aventures du jeune Marco Polo inspirées du Livre des Merveilles auprès du Grand Khan en pleine période de troubles dans cet empire entre Asie et Moyen-Orient. Lire la critique.

14. Dominion

Le combat des anges Michael et Gabriel sur Terre. Traquée, l’humanité a pu compter sur l’aide de l’archange Michel pour contrer les attaques incessantes de Gabriel et de son armée d’humains possédés par l’esprit d’anges démoniaques. Malgré l’aide du premier des Archanges, les Hommes ont perdu cette bataille. Ils se sont réfugiés dans des villes forteresses comme Vega. Lire la critique.

15.Wayward Pines:

Ethan Burke, un agent secret, se retrouve prisonnier d’une mystérieuse ville. Parmi les habitants se mêlent les membres d’une organisation étrange qui poursuivent des objectifs indéterminés. Lire la critique.

16. Better Call Saul:

Les aventures de l’avocat véreux Jimmy Mc Gill à Albuquerque avant qu’il ne devienne Saul Goodman, l’avocat des causes perdues et des mafieux. Lire la critique.

17. Deadline Gallipoli

L’histoire des premiers reporters de guerre durant le conflit des Dardanelles à travers plusieurs points de vue. Un nouvel hommage envers les disparus de la Grande Guerre. Lire la critique.

18. Gangland Undercover

Tirée d’une histoire vraie, la série relate l’immersion de Falco, un repris de justice, dans un gang de motards tueurs, trafiquants de drogues et sans limite. Lire la critique.

19. Poldark

Après son retour de la guerre d’Indépendance Américaine, Poldark revient sur ses terres en Angleterre. Il découvre ses biens délabrés et sa fiancée mariée. Poldark va devoir retrouver sa place parmi la communauté alors qu’on le croyait mort. Lire la critique.

20. American Horror Story Freak Show

Dans les années cinquante, Elsa Mars dirige l’un des derniers spectacles ambulants exhibant des monstres. Son affaire est sur le point de faire faillite alors qu’elle doit faire face à l’hostilité des habitants qui soupçonnent les freaks d’être de mèche avec un clown tueur semant les cadavres dans la bourgade de Jupiter. Lire la critique.

Intrusion : « Un thriller kafkaïen sur Arte ! »

 

Primée dernièrement au festival fantastique de Luchon, la mini-série Intrusion arrive ce 28 mai sur Arte. Ce thriller kafkaïen plonge le spectateur dans un univers oppressant aux frontières de la folie. La réalisation soignée de Xavier Palud revisite le thème du double en trois épisodes haletants.

Philippe Kessler, un pianiste en vogue, voit soudain sa vie basculée lorsqu’il s’imagine faire des fausses notes lors de ses concerts. D’hallucinations auditives en hallucinations visuelles, le musicien perd pied. Ces phénomènes semblent être liés à la disparition dix ans plus tôt de son frère jumeau Marc. L’intrigue navigue savamment entre réalité et psychose en brouillant les pistes. Éminemment complexe, la trame ne se laisse pas saisir facilement.

Une béance mentale vertigineuse

A nouveau envahi par cette blessure mal cicatrisée, le héros tente de lutter contre ses propres délires. Le double disparu se révèle terriblement présent. Dans les reflets, dans le regard des autres, Philippe Kessler ne se reconnaît plus comme hanté par une entité qui n’est pas lui. En proie à l’abîme vertigineux et terrifiant dévoilé par sa béance mentale, le héros n’a plus l’impression de vivre sa vie. Il semble dépossédé de son existence par un souvenir, par la culpabilité ou par le fantôme de son frère.

Un Black Swan dans l’univers de la musique classique

La mise en scène laquée de noir est un bijou esthétique froid et lisse. Comme dans le film Black Swan de Darren Aronofsky, lorsque les premiers doutes sur la réalité s’immiscent dans l’esprit du personnage, tout bascule. On se souvient notamment des jeux de miroirs lors des répétitions des danseuses de ballet.

Une esthétique lisse et sourdement monstrueuse

La mini-série Intrusion décline la même esthétique apparemment lisse et sourdement monstrueuse. En effet, dans l’ombre des coulisses le double terrifiant est à l’affût. Si Black Swan symbolisait la métamorphose de l’héroïne par le cygne noir, terrible et magnifique, Intrusion met en scène les hallucinations et le basculement du héros avec le même sens symbolique. La beauté sombre mime le double qui possède peu à peu le héros. Jonathan Zaccaï incarne avec brio ce héros tourmenté qui ne sait plus où il est en est.

Entre fantastique et paranoïa

Les interrogations fusent dès le premier épisode. Le héros est-il devenu schizophrène ? Est-il en réalité Marc, ce frère jumeau, et sa vie de pianiste n’est-elle qu’un délire ? Ou bien traverse-t-il tout simplement une grave phase de dépression ? Entre fantastique et paranoïa, ce thriller se révèle efficace et très prenant. Il maintient le suspense jusqu’au bout en préservant une fin inattendue.

« Unheimliche » : l’ inquiétante étrangeté

Intrusion maintient le doute en permanence sur les perceptions du personnage. Est-ce la réalité ou des hallucinations ? Dans cette fable sombre, l’onirisme côtoie la psychose. Magnifiquement interprété par un Jonathan Zaccaï inquiétant à souhait, le héros donne à voir une intériorité qui engendre une immersion exigeante et passionnante. A découvrir sans réserve ce 28 mai sur Arte !

The Missing : « Un polar où la sensibilité côtoie la tragédie familiale sur France 3 »

Diffusée par BBC One, l’excellente série britannique, The Missing, arrive tous les jeudi soir sur France 3. Brillamment réalisé et très prenant, ce polar explore le drame d’une famille confrontée à la disparition de leur unique enfant.

Lors de vacances en France dans la bourgade fictive de Chalons du Bois, Tony Hughes, incarné par l’acteur irlandais, James Nesbitt et sa femme Emily (Frances O’Connor) doivent faire face à la disparition de leur garçon de quatre ans. Le père, lors d’un moment d’inattention, le perd de vue. C’est un soir de 2006, un soir de coupe du monde. Les rues sont en liesse car la France vient de battre le Brésil en quart de final.

Une famille dévastée

La disparition d’Oliver sonne en même temps la fin du couple parental. Le père brisé par la culpabilité se noie dans l’obsession de son fils comme il se noie dans l’alcool. La prouesse de la série est de donner à voir avec pudeur la détresse d’une famille confrontée au silence de la police qui ne l’informe qu’au compte-goutte et au harcèlement de la presse. Avec sensibilité et en évitant le pathos à outrance, The Missing délivre une leçon d’humanité. L’intrigue se répond avec finesse lorsqu’elle fait coïncider la trame narrative de 2006 avec celle qui a lieu huit ans plus tard. Alors que les recherches sur le petit Oliver ont été arrêtées, son père découvre avec l’aide d’un ancien policier à la retraite un nouvel indice qui va relancer l’enquête.

Une fresque poignante et terrifiante

Tout en lenteur, mais jamais ennuyeux, The Missing égrène la descente aux enfers d’un père alors que son ex-femme est parvenue à refaire sa vie en Angleterre. Si leur fils est porté disparu, le père s’est volatilisé en même temps en n’étant plus que l’ombre de lui-même. Les acteurs principaux portent cette fresque à la fois poignante et terrifiante. Se raccrochant à un mince espoir, Tony Hughes est épaulé par un policier français (Tcheky Karyo) qui se penche à nouveau sur l’enquête. Huit ans après, la mère, le père et le policier se retrouvent hagards et vieillissants pour connaître enfin la vérité. Entièrement tournée en Belgique, la série marie les paysages austères du Nord à la détresse du père errant.

La quête éternelle du père

En huit épisodes très subtils, l’intrigue se déploie en maintenant un dénouement inattendu et des effets de surprise efficaces à chaque fin d’épisode. La disparition tragique de l’enfant coïncide avec le début de l’enfer juridique et médiatique pour des parents qui vont aussi devoir affronter cela. Traversant ces épreuves avec courage, le couple parental se distend cependant inexorablement. C’est que l’on comprend peu à peu que la quête de Tony Hughes ne prendra jamais véritablement fin. En somme, la disparition de son fils a fait de lui un spectre qui revient hanté les lieux où son fils a disparu. Sa vie s’est arrêtée en 2006. Beauté des images et finesse d’écriture font de cette série puissante et sensible la belle surprise à découvrir ce jeudi soir 14 avril sur France 3 ! A voir absolument !

« Mr Pickles, la série animée malsaine et déjantée qui s’apparente à un Sodome et Gomorrhe télévisuel »

Sur la chaîne américaine Adult Swim, coutumière des shows sulfureux, la série animée Mr Pickles n’est pas passée inaperçue. Pastiche cru et hyper gore de Lassie et de Rintintin, elle met en scène une famille ordinaire les Goodman qui vivent sans le savoir avec un chien démoniaque qui enchaîne les horreurs. Cette série déjantée est à prendre pour ce qu’elle est : une collection de tableaux sadiques et horrifiques sans de véritables liens scénaristiques entre eux. Comme un Sodome et Gomorrhe télévisuel, Mr Pickles est une fresque infernale qui oscille entre le malsain et le déjanté. Pour les plus de dix-huit ans.

Voyage au bout de l’Enfer

Mr Pickles, le chien des Goodman adore les cornichons. Cet adorable chien passe en réalité son temps à révérer le Diable lors de rites sacrificiels et à éviscérer des gens pour le plaisir. Si South Park est une série animée également coutumière de la vulgarité et des scènes d’orgies sataniques, de plus ou moins mauvais goût, comme dans le « Noël des petits animaux de la forêt», elle le fait de manière sporadique. Au contraire, Mr Pickles, composée de dix épisodes, repose entièrement sur l’exhibition d’une cruauté sans retenue. Trash au possible et voisine des slashers cinématographiques, Mr Pickles ne fait pas dans la dentelle. Comme dans le théâtre de la cruauté au XVIe siècle où les crimes s’enchaînent sur le plateau au point de paraître cocasses tant il y a de cadavres, la série animée joue sur le plaisir coupable du spectateur à contempler une fresque sanglante.

Sexe, boucherie et difformités

Dans cette perspective, le chien gentillet, membre de la famille modèle des séries acidulées, se transforme en un monstre de perversité obsédé sexuel, boucher et « forniqueur invétéré ». Si l’overdose est proche et qu’elle n’est pas sans susciter le malaise, c’est que les créateurs de la série, Will Carsola et Dave Stewart, déversent de manière ininterrompue des vomissures et des ignominies en proposant une galerie de personnages affreux. La famille Goodman nage au milieu des autres habitants de la bourgade: obèse accroc à la mayonnaise, la peau cireuse et tombante, ou encore voisine hystérique et dégénérée en la personne de l’envahissante Linda. Tous sont difformes et monstrueux comme le jeune maître monstrueusement aveugle et niais de Mr Pickles. Les difformités physiques côtoient les déviances morales les plus affreuses.

Une relecture hallucinée du Jugement Dernier de Jérôme Bosch

De ce fait, si la niche de Mr Pickles se révèle l’antre de la Bête maléfique, seul le grand-père inaudible essaie de révéler ce terrible secret. L’antre immense recèle des cadavres et abrite des disparus tourmentés en permanence. Cette vision de l’Enfer n’est pas sans rappeler plusieurs peintures de Jérôme Bosch : La Messe Noire ou encore L’Enfer musical avec au centre le célèbre Homme-Arbre. Comme ces hallucinations démoniaques et esthétisées, la série animée Mr Pickles est une plongée au sein d’une humanité qui a inexorablement chuté. Elle propose une relecture hallucinée du triptyque de Jérôme Bosch intitulé Le Jugement Dernier. Dès lors, la ville elle-même est une nef des Fous car elle est peuplée de décérébrés.

Un conte cynique et absurdement noir

Misant sur une chaîne ininterrompue de transgressions, allant de la zoophilie, à l’éviscération en passant par les expérimentations insoutenables, Mr Pickles se vautre dans le vice et dans le sang. Le second degré incarné par le générique tonitruant où un chanteur de Heavy Metal félicite Mr Pickles par un « good boy » endiablé, donne le top départ de 45 minutes d’horreur traitées par un second degré qui n’empêche pas la gêne. Aussi, est-on partagé entre la surprise provoquée par des scènes originales et le malaise du à la répétition incantatoire. Cette fable extrêmement noire sur la nature humaine sombre souvent dans une vomissure absurde. Cette anti-comédie assume ses déviances pour susciter un rire étrange, sorte de ricanement incrédule. C’est qu’il faut regarder Mr Pickles comme une variation autour du cauchemar éveillé. Les personnages sont en cela hallucinants et hallucinés. Nul besoin de faire sens pour cette série. Ce n’est pas son but. Précisément, elle exhibe la modernité comme une absurdité infecte. La devise punk « no future » s’accole parfaitement à cette série animée, sorte d’American Dad trash et gore. Malsaine et cynique, la série assume de mettre en scène un suppôt de Satan sous l’apparence d’un chien invincible et malicieux.

Un éloge du rire sardonique

La représentation du sang et de la cruauté n’est pas neuve, Mr Pickles le fait de manière trash pour caricaturer avec outrance les séries familiales acidulées et les dérives de notre époque. Le meilleur ami de l’Homme devient ici son pire ennemi. Comme dans une messe noire, Mr Pickles inverse tous les codes. Clairement, le contre-pied vise autant à choquer qu’à surprendre. Le rire n’intervient pas forcément devant la crudité de certaines scènes. Reste que l’on ne peut enlever à Mr Pickles de représenter un carnage avec cynisme et avec second degré pour mettre à distance une horreur démesurée. Comme dans Titus Andronicus de Shakespeare où le héros éponyme traverse les tourments les plus atroces et finit par rire de ses malheurs, l’outrance de la cruauté amène un rire sardonique. On ne rit pas de bon cœur devant Mr Pickles, on est maltraité par cette série, sidéré et estomaqué par certaines scènes violentes et gore. C’est le seul but de Mr Pickles. Pour les estomacs bien accrochés et à prendre au troisième degré. Âme sensible s’abstenir. Pour les plus de dix-huit ans.