Série Broadchurch saison 2 : Un palpitant retour où le mystère s’épaissit !

Olivia Coleman et David Tennant de retour à Broadchurch @ITV

La série Broadchurch revient pour une seconde saison avec un premier épisode aussi sombre que palpitant. La chaîne France 2 prévoit la diffusion des huit épisodes à partir du 20 avril. Après l’arrestation et les aveux de Joe Miller à la fin de la première saison, l’intrigue se centre à présent sur son procès. Atterrés et meurtris par le meurtre du jeune Danny Latimer, dont on avait retrouvé le corps sur une plage, les habitants de la bourgade anglaise sont confrontés à la volte-face de l’accusé qui plaide finalement non-coupable. En effet, il refuse d’endosser seul la responsabilité de ce crime car, selon lui, personne n’est innocent.

Ce canevas de départ place cette saison 2 dans une exploration du passé de chacun des habitants. Des secrets inavouables, de vieilles rancœurs et de ténébreux méfaits vont alors refaire surface et bouleverser la tranquillité de Broadchurch. On retrouve avec plaisir Olivia Coleman et David Tennant, toujours aussi excellents dans leurs rôles respectifs d’Ellie Miller et d’Alec Hardy. Dans la petite ville, faussement placide, sourdent des drames larvés qui surgiront avec violence.

L’atmosphère sombre et glaçante est magnifiée par une bande-son crépusculaire. C’est que le dénouement ne semble pas total. Broadchurch brouille les cartes d’emblée en instaurant le doute sur la culpabilité de Joe Miller. La bataille s’annonce d’ailleurs sans merci entre les deux avocates chargées de l’affaire. Avocate de la défense, Sharon Bishop (Marianne Jean-Baptiste) est une femme qui ne s’embarrasse pas d’amabilités. Elle est motivée par le retentissement de ce procès et son adjointe décèle déjà des failles dans le dossier de l’accusation. Face à cette avocate de premier plan, la famille Latimer sollicite, quant à elle, l’intervention de Jocelyn Knight (Charlotte Rampling), une ancienne avocate qui reprend du service après une mystérieuse affaire qui l’a profondément marquée.

Dans cet excellent premier épisode, les non-dits ménagent les pistes qui seront explorées dans cette saison. Avec la rivalité des avocates, qui culmine lors du procès, les blessures des habitants et particulièrement celles d’Ellie Miller, Broadchurch, esquissent un panorama aussi complexe que déroutant de la petite ville. Distillés avec parcimonie, les indices et autres retournements de situation scandent un déroulement soigné et millimétré. La série réussit à retranscrire de manière poignante les incidences d’un tel drame sur la population locale.

Les qualités de la première saison, tant dans le jeu des acteurs, de l’ambiance que des décors, sont conservées. Et s’esquisse déjà, parallèlement au meurtre de Danny Latimer qui paraissait résolu mais qui ne l’est peut-être pas totalement, une affaire antérieure qui motive la présence d’Alec Hardy : le mystère de Sandbrook. Deux adolescentes ont été enlevées. La première a été retrouvée morte, la seconde est officiellement disparue. Le mystère plane et s’épaissit autour du principal suspect de l’époque dont l’alibi vient de voler en éclats.

A Broadchurch, la vérité se dérobe même quand elle parait assurée. Toutes les hypothèses sont désormais envisageables pour éclaircir les affaires de Sandbrook et de Broadchurch. Menée avec brio, l’intrigue haletante lance parfaitement cette seconde saison que France 2 va diffuser dès le 20 avril. A ne pas manquer!

Série Powers : « Ce polar nouvelle génération mêle parfaitement thriller et science-fiction »

Les épisodes de la série événement de Playstation Network sont disponibles depuis le 10 mars. Après Amazon et Netflix, c’est le baptême du feu pour la firme de Sony qui souhaite à son tour se positionner sur le marché des séries télé. Powers est une adaptation des comic books éponymes de Brian Michael Bendis et Michael Avon Oemig. La série offre à tous les amateurs du genre une approche neuve des super-héros et de leurs super-pouvoirs.

Quand les super-héros deviennent des super-vilains

Dans un futur proche, la ville de Chicago est secouée par la multiplication de méfaits perpétrés par des hommes aux capacités exceptionnelles. Le silence glaçant sur les scènes de crimes est seulement interrompu par le va et vient de deux détectives spécialement mandatés pour résoudre ces affaires très spéciales. Confrontées à la possible impunité de ces êtres extraordinaires, les autorités ont crée une section dans le département des homicides appelée « Powers ». Celle-ci réfère aux différents pouvoirs  que les criminels ont utilisés pour commettre leurs forfaits.

Le duo de flics enquêtant sur des meurtres hors-normes: Charlto Copley (Christian Walker), Susan Heyward (Deena Pilgrim)@Playstation Network

Un polar fantastique et anxiogène

Particulièrement anxiogène, la série Powers mêle habilement polar et fantastique. Cette nouvelle production aborde d’une nouvelle manière les responsabilités qui incombent à ceux qui possèdent des dons surnaturels. Que se passe-t-il si des super-pouvoirs ne servent pas à faire le bien mais à commettre des crimes ? Ce phénomène croissant inquiète les autorités locales. Comme une épée de Damoclès, le risque est permanent.

Un Chicago fantasmé menacé par des pouvoirs inquiétants et dangereux

Particulièrement intimiste, la série se centre sur Christian Walker (Sharlto Copley vu dans District 9) et sur sa partenaire, Deena Pilgrim (Susan Heyward vue dans the Following). Le premier, ancien super-héros, a intégré les forces de police après avoir mystérieusement perdu ses pouvoirs. Les confrontations avec les super-vilains réussissent le pari de redonner aux super-héros une dimension monstrueuse et inquiétante. Malgré leurs capacités extraordinaires, leurs désirs et leurs aspirations restent égocentrés. De surcroît, le héros tourmenté entretient un lien étrange avec ceux qui ont choisi le profit facile et les meurtres à bon compte. Ces derniers, totalement incontrôlables, sont esclaves de leurs pulsions. Ils se sont peu à peu détachés de leur humanité. En effet, dans les films et séries récents, les super-héros, malgré leur face obscure, ne sont pas des anarchistes, ils protègent la société et ses citoyens. Ils cherchent à concilier leur aspiration à la normalité et leur identité super-héroïque. Ici, il n’en est rien puisque les « héros » ne constituent pas un groupe homogène. Parmi eux, certains agissent en super-prédateurs lorsqu’ils prennent conscience de leurs capacités. Leur mégalomanie menace la ville toute entière ainsi que l’harmonie relative avec les humains dépourvus de pouvoirs.

De gauche à droite: Michelle Forbes (Retro Girl), Charlto Copley (Christian Walker), Susan Heyward (Deena Pilgrim), Olesya Rulin (Calista), Eddie Izzard (Wolfe) et Noah Taylor (Johnny Royale) @Playstation Networks

Une anarchie et une paranoïa rampantes

Powers ménage une tension inquiétante en laissant planer la menace d’un massacre d’envergure. La série réactualise le canevas traditionnel des super-héros en les associant aux peurs de l’inconnu et de l’incontrôlable. De manière réaliste et intimiste, Powers interroge plus largement sur les problèmes nouveaux posés par des êtres hors-normes, capables de détruire la société. Souvent les récentes fictions américaines ne donnent que des variantes de l’Armageddon. Face à cela, le super-héros incarne celui sur lequel on peut toujours compter, le rempart ultime et invincible contre le Mal. Mais, qu’advient-il lorsque c’est lui qui le commet ? Qui pour protéger les citoyens lambda ? Dans leurs fragilités et leurs pénombres, les deux détectives apparaissent parfois démunis face aux pouvoirs qu’ils doivent contrer. En l’occurrence, des super-capacités sans principe renvoient au néant et à la destruction. Ce qui sauve Christian Walker et Deena Pilgrim, c’est la solidité de leurs convictions. Dans ce monde où les super-héros peuvent devenir des criminels, quelles marges de manœuvre restent-ils à la police ?

Des personnalités atypiques

Michelle Forbes, Eddie Izzard, Noah Taylor, Logan Browning et Olyesa Rulin complètent le casting. Tous constituent une galerie de personnalités atypiques qui suscitent un vif intérêt. Cette série distille intelligemment une atmosphère néo-noire où transparaît la peur d’une anarchie rampante. En effet, pourquoi respecter les lois quand on est superpuissant ? Aussi, la division « Powers » se doit-elle de maintenir la paix coûte que coûte. Dans des décors ténébreux et aseptisés, Powers ne sombre jamais dans le risible. Les super-capacités sont dévoilées par bribes. En choisissant de montrer leurs conséquences plutôt que de les exhiber, la série instille une atmosphère paranoïaque. Ce polar, nouvelle génération, se joue brillamment des codes habituels propres au genre. A découvrir !

Série True Detective : Les premiers indices sur la saison 2

url cg

Alors que le tournage de la seconde saison de la série déjà culte, True Detective, bat son plein, s’esquissent les premiers éléments de son second volet. On peut d’ores et déjà dresser un tableau de la nouvelle création de Nic Pizzolatto dont la diffusion est prévue à l’été 2015 par la chaîne américaine HBO. Finie l’atmosphère lugubre des marécages de Louisiane, place au soleil californien.

Comme pour la première saison, Nic Pizzolatto a travaillé sur l’écriture de tous les épisodes de ce second chapitre. Le synopsis énigmatique essaime des indices intéressants sur la place plus importante des rôles féminins. Des femmes fortes seront aux prises avec « l’histoire secrète et clandestine du système de transports américains ». Plus précisément, un trio d’enquêteurs devra résoudre le meurtre atroce de Ben Caspar, un homme de 52 ans dont le cadavre a été retrouvé sur l’autoroute. Sur sa poitrine, s’étalent des symboles sataniques gravés à même son épiderme. Ce haut fonctionnaire, en charge des transports d’une petite ville de Californie, était en train de négocier un accord qui aurait révolutionné le système autoroutier. Trois membres des forces de l’ordre, aux personnalités opposées et aux origines diverses, se retrouvent alors en charge de cette affaire. Mais ils découvriront bientôt que ce crime a des ramifications plus occultes et plus dangereuses que ce qu’il paraissait au premier abord. En effet, ayant un goût prononcé pour la lubricité brutale, Ben Caspar pourrait être impliqué dans les cérémonies rituelles d’une confrérie occulte et mystique.

A l’égal du duo formé par Matthew Mcconaughey et Woody Harrelson, le trio d’enquêteurs devra faire face à ses propres ténèbres. Colin Farrell incarnera Ray Velcoro, un ripou écartelé entre ses responsabilités au sein de la police et « ses deals » avec le chef de la mafia locale (Vince Vaughn). Le second enquêteur sera Paul Woodrugh, un jeune vétéran cocaïnomane, incarné par Taylor Kitsch, qui a été suspendu pour avoir agressé sexuellement une jeune femme arrêtée en état d’ivresse. Enfin, le Shérif Ani Bezzirades (Rachel Mac Adams) incarnera, quant à elle, une alcoolique et une joueuse invétérée lorsqu’elle n’est pas en service.

Les toutes premières photos du tournage de la seconde saison où Colin Farrell apparaît dans la peau du shérif Ray Velcoro @ Pacific Coast News Online

Nic Pizzolatto précise que l’intrigue ne se déroulera pas à Los Angeles mais dans une bourgade reculée de Californie pour saisir l’atmosphère oppressante et pestilentielle du lieu. Selon HBO, la seconde saison sera toujours aussi sombre et révèlera les anfractuosités monstrueuses de l’âme humaine. Cependant, le malsain et l’étrange devraient prendre le pas sur l’horreur dans ce second volet qui s’annonce très prometteur. En effet, la fiction se centrera autour d’une mystérieuse confrérie formant une élite pervertie. Comme dans la première saison, la dimension sexuelle sera centrale puisque les marques sataniques proviendraient de Bacchanales sordides. Il y aurait là un lien essentiel avec la première saison où Cohle et Harte traquaient un psychopathe vivant à la marge, puisque dans cette seconde saison, le trio d’enquêteurs frapperait au cœur même de la société.

Pour compléter la distribution, Vince Vaughn incarnera Frank Semyon, un mafieux local sur le déclin, suspecté du meurtre de son associé. Véritable gangster, il gravite dans les hautes sphères et bénéficie de protections de sorte qu’il n’est jamais inquiété. Cet ancien homme d’affaires travaille avec des politiciens corrompus pour faire construire un chemin de fer qui amènerait richesses et prospérité à la côte californienne. Michael Irby jouera le rôle d’Elvis Ilinca, le coéquipier du Sherif Ani Bezzirades (Rachel Mac Adams). Quant à Ryley Smith, il campera Steve Mercier, son petit ami. Micheal Hyatt et Yara Martinez seront aussi de l’aventure en incarnant, pour la première, Katherine Davis procureur de l’État, et pour la seconde, Andrea, une immigrée mexicaine. Enfin, Adria Arjona campera Emily, la compagne de Paul Woodrugh (Taylor Kitsch). Elle vient s’ajouter aux autres seconds rôles occupés par Kelly Reilly, Abigail Spencer, Leven Ramblin, ou encore Christian Campbell qui jouera le rôle de Richard Brune, un thérapeute. Tant le casting que le synopsis laissent se profiler une seconde saison très alléchante ! En attendant, le premier volet de True Detective arrive sur Canal + le 23 avril. A découvrir ou à revoir absolument!