The 100 : Survivre à l’Apocalypse, mais à quel prix ?

France 4 diffuse le 8 mai prochain à 20H50 la première saison de The 100, l’occasion de revenir sur la série post-apocalyptique phénomène. S’adressant a priori aux ados, la série recèle une profondeur et soulève des cas de conscience qui en font un excellent divertissement grand public. La chaîne américaine The CW adapte ainsi en série télé le roman éponyme de Kass Morgan. La première saison de 29 épisodes présente la situation dramatique des rescapés de l’Apocalypse. Après une guerre nucléaire qui a ravagé la Terre, la rendant inhabitable, les survivants se réfugient dans les stations orbitales.

Une Arche en ruine

Trois générations plus tard, l’Arche, l’agglomérat de toutes les stations, est en bien piteux état. Si rien n’est fait, ses habitants vont mourir peu à peu. Avant l’inéluctable fin, les membres du gouvernement envisagent de sacrifier des innocents pour donner plus de temps aux autres pour survivre. Cependant, 97 ans après la guerre nucléaire, ils décident de tenter une expérience. Cent prisonniers mineurs sont envoyés sur la planète pour tester leurs chances de survie.

Un Tchernobyl à l’échelle de la planète

Privés de communication avec la Terre, des personnages charismatiques comme Clarke, Wells, le fils du chancelier, Finn, Bellamy et Octavia vont tenter d’organiser la vie du groupe et de faire face aux périls qui les attendent dans cet univers hostile. En effet, comme un Tchernobyl à l’échelle de la planète, les effets de la radiation ont donné naissance à un monde aussi dangereux que fascinant. Les animaux et les plantes ont muté, comme les humains qui n’ont pu s’enfuir.

La survie, mais à quel prix ?

La survie de l’espèce humaine dépend de leur capacité à survivre. Même si The 100 met en scène des héros beaux et brillants, elle ne sombre pas dans la caricature. En effet, la série propose un parallèle intéressant entre la situation sur l’Arche, menacée par l’autoritarisme du vice-chancelier, et les velléités de Bellamy. Ce dernier proclame qu’il n’y a plus de règle tout en imposant aux autres ses vues. Peu à peu, les cadavres des survivants s’accumulent. Mélange entre Lost et The Labyrinth, The 100 met en scène des personnages complexes. Certains sont prêts à sacrifier les autres pour survivre, d’autres défendent l’humanité et la compassion.

La figure du chef

Ce dilemme interroge la figure du chef, incarnée par Bellamy, dans ses vulnérabilités et ses contradictions. Il perçoit Wells, le fils du chancelier, comme un rival et comme un traître. Tenté par la tyrannie, Bellamy s’entoure d’abord de bad guys qui terrorisent les autres membres du groupe menant les 100 au bord de l’anarchie. Finalement, la mort de plusieurs de ses compagnons proches rééquilibrent les rapports de force de sorte que Clarke, plus modérée et plus pragmatique, obtient l’attention de Bellamy. Sa sœur, Octavia, incarne quant à elle un feu-follet incontrôlable qui a soif de vie et de liberté.

Le carnage qui gronde

Grâce à un rythme haletant, The 100 multiplie les rebondissements et les tensions. La musique intervient de manière cohérente et bienvenue lors des moments-clés de l’intrigue. Aussi bien sur Terre que dans l’espace, la menace de la tuerie se fait de plus en plus pressante. De manière latente, les ados comme les adultes sont prêts à s’entretuer. Le cannibalisme apparaît également en filigrane sous les traits de la peuplade mystérieuse qui menace le groupe. On ne s’ennuie pas dans cette série qui fait la part belle aux coups de théâtre, aux péripéties et aux dangers. Teintée d’histoires d’amour, l’intrigue ne sombre jamais dans la bleuette caricaturale de sorte que les romances en deviennent touchantes.

Des huis-clos oppressants

En mode survivaliste, cette série post-apocalytique propose un diptyque entre la situation des jeunes et celles des adultes dans la station orbitale. Les noirceurs et les compromissions des personnages se dévoilent peu à peu. De ce fait, la sensation d’enfermement en devient plus terrible. En effet, les jeunes prisonniers ne célèbrent pas longtemps leur liberté dans les espaces immenses qui s’offrent à eux. La forêt menaçante contribue aux huis-clos. Devant les dangers immédiats, les 100 érigent un mur pour les protéger. L’enfermement symbolique se poursuit. Comme celui dans la station spatiale qui devient de plus en plus intolérable. Les enjeux et les multiples interrogations abordés dans cette première saison rendent cette série passionnante. D’ailleurs, la série a été renouvelée pour une seconde saison actuellement diffusée aux Etats-Unis. A ne pas manquer sur France 4, le 8 mai prochain !

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