The 7.39 : « Une minisérie sensible et fine sur la fugacité des amours »

Les fictions romantiques anglaises sont souvent de qualité. C’est le cas de la minisérie The 7.39 diffusée par BBC 1. Ecrite par David Nicholls, elle rassemble d’excellents acteurs comme David Morrissey, Sheridan Smith ou encore Olivia Colman. Ce téléfilm de deux épisodes vaut le détour car il décrit avec simplicité et sincérité une rencontre inattendue entre deux inconnus prenant le train tous les jours, à la même heure, pour se rendre à Londres.

Une intrigue dépouillée et poignante

Loin d’être une bleuette légère, The 7.39 met en scène avec authenticité cette romance interdite. Alors que Carl Matthews est marié et père de deux adolescents, Sally Thorn est fiancée et prépare activement son mariage. Tous deux se retrouvent à la croisée des chemins et s’interrogent sur leurs choix et leurs décisions futurs.

L’instantané d’une rencontre

Cette fiction saisit délicatement les premiers instants d’une rencontre. Les regards échangés, les sourires et les silences troublants accompagnent la complicité naissante. Nullement moralisateur, The 7.39 relate cette romance sans parti pris. Les répétitions ennuyeuses du quotidien s’effacent au fur et à mesure de ces retrouvailles journalières. Prendre les transports en commun devient alors un rituel espéré par les deux personnages qui partagent, le temps d’un trajet, leur spleen, leurs craintes et leurs hésitations.

Ténuité du bonheur

Auparavant insignifiant et pénible, le trajet répétitif se colore de l’attrait de la nouveauté. La surprise réside dans l’immédiateté de la compréhension mutuelle. A plusieurs reprises, Carl Matthews souligne la fadeur des quinze années où il a pris cette ligne régulièrement. Il aura suffi de la fulgurance de cette rencontre pour rendre savoureuses les minutes qui défilent. Très inspirée, la bande-son rythme habilement ces instants fugaces. Confrontés à l’emportement de leurs sentiments, les personnages savent que leurs choix auront des conséquences irrémédiables.

Une vivifiante mélodie sentimentale

Sans jamais sombrer dans le mélodramatique, cette minisérie mêle agréablement toutes les notes de la sensibilité. Comme le trajet en train, délimité temporellement, la relation qui se noue est précaire car elle repose sur les ambiguïtés et sur les indécisions des personnages. Cette romance est une fuite délicieuse qui étreint les héros avant leur retour dans une réalité quotidienne, faite de responsabilités et de non-dits. Par-delà la tentation de l’adultère, The 7.49 aborde symboliquement le besoin de deux individus de s’accorder une pause, le temps d’un trajet en train, pour contempler le chemin qu’ils ont déjà parcouru.

Une minisérie de grande qualité

Cette production anglaise, admirablement filmée, esquisse avec justesse les trajectoires parallèles de deux inconnus et de leurs familles. On suit leur crise existentielle en étant toujours surpris par l’exactitude avec laquelle sont rapportées les prémices de l’affinité. Cette rencontre ferroviaire représente un compartiment irréel dans des vies réglées où l’irruption de l’inconnu revêt les contours de celui qui porte des possibles illimités et qui sauvera peut-être. Bulles d’humour et de délicatesse se mêlent dans cette minisérie attachante. Un bel aparté à partager !

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