The Heroic Legend of Arslân: “Entre réalisme historique et fantasy, un animé sublimé”

L’animé d’heroic-fantasy, The Heroic Legend of Arslân, est actuellement disponible en simulcast sur Wakanim. Cette excellente adaptation du manga de Yoshiki Tanaka, Les Chroniques d’Arslân, bénéficie d’une réalisation soignée et d’une esthétique séduisante.

Une Perse médiévale fantasmée

Au cœur d’une passionnante fresque aux colorations d’un Orient médiéval fantasmé, cet animé de qualité suit les pérégrinations du jeune prince Arslân, héritier de la couronne de Parse. Son père, le retoutable roi Andragoras, dirige d’une main de fer ce prospère royaume à la frontière entre l’Orient et l’Occident. Sous les assauts répétés des invasions lusitaniennes, le roi convoque le frêle Arslân pour sa première bataille. Lors de cette confrontation sans merci, la puissante armée de Parse est irrémédiablement défaite. La débâcle est cinglante, le royaume perdu. Se soustrayant à l’infamie ultime, être fait prisonnier par les vainqueurs, le jeune prince s’enfuit en compagnie d’individus loyaux et fidèles à Parse.

Quête identitaire et souffle épique

Ainsi débute l’errance du prince Arslân, obnubilé dès son plus jeune âge, par la nécessité de devenir un souverain équitable, puissant et respecté. Désormais sans royaume, la route initiatique du héros résonne comme une traversée du désert essentielle à sa maturité. Cette quête est double. Il s’agit à la fois de rassembler des troupes pour reconquérir le royaume perdu de Parse mais aussi de se former pour devenir un meneur. Dans cette aventure, Arslân est accompagné par les personnages traditionnels de l’univers heroic-fantasy. Ainsi, son entourage se compose de Darium, un chef de cavalerie qui excelle dans le maniement de l’arc, de Narsus, un stratège militaire hors pair, du ménestrel Ghib, de la prêtresse Farnaghis et enfin d’Alfrid. Tous sont ligués contre Hilmes, qui se proclame comme le nouveau maître de Parse car la capitale, Ecbatâna, est elle aussi tombée aux mains des Lusitaniens.

Des combats chevaleresques

Cette épopée guerrière retrace la destinée troublée d’un prince. Fini le jeune enfant puéril et gâté, place au récit d’apprentissage d’un prince en quête de sa couronne perdue. Les décors absolument magnifiques plongent d’emblée le spectateur dans cet univers médiéval et fantastique. Les aventures d’Arslân sont rythmées par des combats dantesques. The Heroic Legend of Arslân renouvelle de manière splendide le destin d’Arslân.

Un paria à la reconquête de son trône

On doit la sublime bande-son à Taro Iwashiro. L’opening rock ouvre l’animé sur la martialité et le caractère guerrier de sa trame. Comment devenir un bon guerrier, et par là un bon roi ? Parallèlement, l’ending se centre davantage sur les aventures périlleuses qui jalonnent le parcours d’Arslân et de ses compagnons. Curieusement, dans cette quête identitaire, le jeune héros semble trouver un équilibre momentané dans celui du paria contraint à l’exil et à la fuite. En effet, au sein de la Cour de Parse, Arslân n’avait jamais réellement trouvé sa place. Malhabile à l’épée, maladroit au combat et incapable d’humeur belliqueuse, le jeune prince chétif suscitait l’inquiétude de sa mère et le mépris affiché de son père, le roi Andragoras.

La dignité des vaincus

Contraints à l’errance, les vaincus repartent à l’assaut de leur gloire perdue. Esthétiquement somptueux, l’animé invite à la contemplation des nouvelles contrées visitées par la troupe de parias. Ce voyage esthétisant est un prétexte à la mise en scène de l’évolution d’un personnage qui n’a, a priori, aucunement l’étoffe d’un souverain. Dans un univers âpre et périlleux, Arslân devra prendre des décisions difficiles et agir en chef. Car il en va de la survie des derniers représentants de Parse.

Querelles religieuses, économiques et idéologiques

Si Lusitania et Parse s’affrontent, les objets du litige sont multiples. Il s’agit d’une guerre religieuse, économique et idéologique. Alors que Parse, dont le nom n’est pas sans évoquer la Perse Antique, est un royaume païen, prospère mais esclavagiste, le royaume de Lusitania révère le Dieu Yahldabôth (signifiant « Sainte Ignorance ») mais convoite les richesses de Parse. Par l’entremise d’un otage lusitanien, l’animé dévoile d’emblée les contradictions inhérentes aux idéologies guerrières et aux propagandes de chaque camp. Le Lusitanien prétend que leur guerre est juste car les Parses sont esclavagistes. La guerre serait une œuvre de libération. De plus, en les convertissant de force, les païens accéderaient enfin au bonheur en révérant un Dieu unique. Les limites de la liberté sont clairement posées d’emblée comme l’enjeu du destin d’Arslân.

Une ode au pragmatisme et à la rationalité

L’intolérance des deux bords conduit à l’inévitable : la cohabitation devient impossible et l’un des deux royaumes doit être détruit. Si Arslân rêve de reconquête, il se garde de la vengeance. Les deux camps ne sont ni totalement bons, ni totalement mauvais. Dans les interstices, se nichent les exactions perpétrées par les uns et les autres, évitant ainsi toute forme de manichéisme. En effet, Arslân fera des compromis avec son ennemi juré. Les impératifs politiques priment dans cette peinture de la reconquête. Enfin, si l’anticléricalisme point derrière la critique de Lusitania, c’est l’anti-esclavagisme qui disqualifie Parse. Rien n’est jamais acquis dans ce récit épique qui vaut le détour. Cette complexité est également l’apanage de la personnalité déroutante d’Arslân. Souffle historique, batailles épiques, aventures et rebondissements rendent cet animé très plaisant à suivre ! La version française du manga sera publiée par les éditions Kurokawa en mai prochain! A découvrir sans attendre !

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