Animé Tokyo Ghoul: « Un univers où la sensibilité côtoie la folie et la bestialité »

Tokyo Ghoul est un manga seinen de Sui Ishida qui mêle horreur et action. La première saison se compose de douze épisodes. En janvier dernier, la deuxième saison a commencé. Cette histoire tragique relate le destin de Ken Kaneki, un jeune étudiant mordu par une goule. Dans un Tokyo futuriste divisé en vingt et un arrondissements, ces créatures cannibales se cachent sous la forme d’êtres humains qu’elles ont contaminés. C’est également le récit d’un cercle de violence inéluctable entre humains et goules, chaque camp cherchant à venger ses morts.

Kaneki, un hybride fruit d’une expérimentation médicale

Grièvement blessé par Lise, une goule surnommée « la goulue », Kaneki va subir la transplantation d’une partie des chairs de cette créature pour pouvoir survivre. La saison 1 prend le temps de montrer tous les atermoiements du héros lorsqu’il se rend compte qu’il va devoir lutter contre l’envie irrépressible de dévorer des humains. C’est dans le vingtième arrondissement qu’il va intégrer un groupe de goules qui ne se nourrit que de cadavres de suicidés. L’évolution de Kaneki face à son statut d’hybride repose sur une double acceptation : accepter physiquement de se nourrir de chair humaine pour survivre et accepter spirituellement la présence de Lize. La première saison est le récit de cette double conversion et elle introduit magistralement une seconde saison qui s’annonce particulièrement prometteuse.

Contrôler sa gloutonnerie

Qui plus est, l’animé retranscrit parfaitement la dichotomie entre les préceptes de la mère du héros qui prônait l’altruisme, envers et contre tout, et ses réactions plus pragmatiques. Peu à peu, son jugement se colore de la gloutonnerie de Lize et de la cruauté qui sévit aussi bien chez les humains que chez les goules. Dans des épisodes particulièrement éprouvants, Kaneki apprend non sans douleur à contrôler sa soif de dévoration et ses métamorphoses. Dotées de pouvoirs extraordinaires, les goules représentent une menace pour l’humanité. Une organisation policière, le CGG, est chargée de maintenir l’équilibre. En effet, une population trop importante de goules signerait la destruction de Tokyo. Les inspecteurs Arima et Suzuya Juzo s’esquissent déjà comme des protagonistes majeurs de la seconde saison. Le premier est aussi glacial que le second est excentrique et perturbant lorsqu’il joue avec les sutures qui parcourent son épiderme.

Un conflit ouvert entre goules et humains

Tokyo Ghoul donne à voir des personnages complexes qui sont en perpétuelle évolution. Au terme de cette première saison, Ken Kaneki achève pour le meilleur et pour le pire sa métamorphose. Personnage à part entière, la ville de Tokyo et ses rues, où le danger peut surgir à tout moment, recèle une force dramatique essentielle. Oscillant entre le poignant et l’horreur, cet animé est à l’image de personnages toujours sur le point de perdre le contrôle. Cette tension permanente pour ne pas s’abandonner au plaisir d’un festin ignoble correspond à l’impératif de ne pas perdre totalement son humanité. En cela, les goules sont divisées en plusieurs organisations. Celle à laquelle appartient Kaneki, « l’Antique », défend la paix et le vivre ensemble entre humains et goules.

Aux frontières de la raison

Cette quête d’apaisement n’est pas toujours entendue par les autres goules et par les humains. Récit de l’acceptation des différences contre la vengeance et la peur, Tokyo Ghoul est un animé où la sensibilité côtoie la bestialité et la folie. Aux frontières de la raison, les humains comme les goules sont dévorés par une soif destructrice qui les apparente à des bêtes. Ken Kaneki va devoir trouver sa place au sein de la société des goules qui ont appris se mêler à la foule incognito.

Une bande-son entre fragilité et violence

Outre cette exploration de ce monde clandestin qui vit parallèlement à la société humaine, Tokyo Ghoul est une véritable réussite en ce qu’il ne se contente pas d’exhiber l’horreur. En effet, chaque personnage possède une histoire poignante qui est dévoilée au fur à mesure de l’intrigue, ce qui les rend particulièrement attachants. Dépliant les nuances des caractères, cet animé se révèle vite palpitant. Son générique d’ouverture est le titre « Unravel » interprété par le groupe japonais TK. Il mêle parfaitement la fragilité et la violence qui caractérisent les personnages. La bande-son de clôture est « The Saints » interprété par People In The Box. Malgré sa fin trop abrupte, Tokyo Ghoul aborde le cannibalisme sous un angle totalement différent de L’Attaque des Titans. Cet animé émouvant et captivant est à découvrir sans plus attendre !

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