The Missing : « Un polar où la sensibilité côtoie la tragédie familiale sur France 3 »

Diffusée par BBC One, l’excellente série britannique, The Missing, arrive tous les jeudi soir sur France 3. Brillamment réalisé et très prenant, ce polar explore le drame d’une famille confrontée à la disparition de leur unique enfant.

Lors de vacances en France dans la bourgade fictive de Chalons du Bois, Tony Hughes, incarné par l’acteur irlandais, James Nesbitt et sa femme Emily (Frances O’Connor) doivent faire face à la disparition de leur garçon de quatre ans. Le père, lors d’un moment d’inattention, le perd de vue. C’est un soir de 2006, un soir de coupe du monde. Les rues sont en liesse car la France vient de battre le Brésil en quart de final.

Une famille dévastée

La disparition d’Oliver sonne en même temps la fin du couple parental. Le père brisé par la culpabilité se noie dans l’obsession de son fils comme il se noie dans l’alcool. La prouesse de la série est de donner à voir avec pudeur la détresse d’une famille confrontée au silence de la police qui ne l’informe qu’au compte-goutte et au harcèlement de la presse. Avec sensibilité et en évitant le pathos à outrance, The Missing délivre une leçon d’humanité. L’intrigue se répond avec finesse lorsqu’elle fait coïncider la trame narrative de 2006 avec celle qui a lieu huit ans plus tard. Alors que les recherches sur le petit Oliver ont été arrêtées, son père découvre avec l’aide d’un ancien policier à la retraite un nouvel indice qui va relancer l’enquête.

Une fresque poignante et terrifiante

Tout en lenteur, mais jamais ennuyeux, The Missing égrène la descente aux enfers d’un père alors que son ex-femme est parvenue à refaire sa vie en Angleterre. Si leur fils est porté disparu, le père s’est volatilisé en même temps en n’étant plus que l’ombre de lui-même. Les acteurs principaux portent cette fresque à la fois poignante et terrifiante. Se raccrochant à un mince espoir, Tony Hughes est épaulé par un policier français (Tcheky Karyo) qui se penche à nouveau sur l’enquête. Huit ans après, la mère, le père et le policier se retrouvent hagards et vieillissants pour connaître enfin la vérité. Entièrement tournée en Belgique, la série marie les paysages austères du Nord à la détresse du père errant.

La quête éternelle du père

En huit épisodes très subtils, l’intrigue se déploie en maintenant un dénouement inattendu et des effets de surprise efficaces à chaque fin d’épisode. La disparition tragique de l’enfant coïncide avec le début de l’enfer juridique et médiatique pour des parents qui vont aussi devoir affronter cela. Traversant ces épreuves avec courage, le couple parental se distend cependant inexorablement. C’est que l’on comprend peu à peu que la quête de Tony Hughes ne prendra jamais véritablement fin. En somme, la disparition de son fils a fait de lui un spectre qui revient hanté les lieux où son fils a disparu. Sa vie s’est arrêtée en 2006. Beauté des images et finesse d’écriture font de cette série puissante et sensible la belle surprise à découvrir ce jeudi soir 14 avril sur France 3 ! A voir absolument !

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