Série Z Nation : « Des zombies revivifiés grâce au second degré »

La nouvelle série de zombies, Z Nation, s’inscrit résolument dans l’action. Son côté bourrin est parfaitement assumé et se révèle jouissif. Cette production de la chaîne américaine Syfy montre crument et sans ambages un monde post-apocalytique peuplé de zombies. Cette production « revivifie » des zombies devenus passablement fades au fil des adaptations télévisées ou cinématographiques.

Des zombies revivifiés

Z Nation assume de ne pas se prendre au sérieux. Entre la série Z et le show horrifique, les zombies sont affamés, courent après leurs proies et se révèlent des prédateurs diablement rusés. L’histoire commence par des tests cliniques sur des prisonniers opérés dans l’urgence avant que les zombies ne pénètrent dans l’immeuble. D’emblée, les balles et les hurlements fusent. Mark Hammond (Harold Perrineau, vu dans Lost) doit traverser des Etats-Unis dévastés pour amener le cobaye qui a survécu jusqu’à Los Angeles où se trouve le laboratoire de la dernière chance.

Ironie et décalages au cœur de cette série prenante

Les survivants se raccrochent à cet espoir. Parmi eux, un sémillant et mystérieux agent militaire, reconverti en animateur radio, ravive la flamme. Z Nation joue avec gourmandise sur les décalages. Tous les personnages sont désinvoltes ou mettent à distance les types de personnages habituels de ces productions catastrophico-horrifiques. L’ironie point derrière le déluge d’hémoglobine et les armes de guerre. Paradoxalement, cette dimension apporte pourtant une vision réaliste de l’apocalypse. Devant un tel événement, comment pourrait survivre l’humanité restante si ce n’est en tournant en dérision une situation a priori désespérée ?

L’auto-dérision comme arme anti-zombie

Qu’ils soient traumatisés, marginaux ou fous, les personnages témoignent des ravages de la catastrophe. Face à une pandémie incontrôlable et incompréhensible, les fous ne seraient-ils pas les mieux armés ? La fameuse « nef des fous » d’Erasme trouve ici un écho avec la troupe des survivants. En l’occurrence, dans cette série, on fait fi des bons sentiments. Mark Hammond qui est présenté comme un militaire martial et vigoureux, chef tout droit désigné, est en réalité une fausse piste car il meurt sous les morsures d’un nourrisson fraîchement transformé en zombie.

Une série qui ose

Au sein des outrances inhérentes au genre, Z Nation a le mérite d’oser et de proposer des scènes atypiques. Tout n’est pas parfait mais on suit avec plaisir cette nouvelle série car le rythme haletant ne laisse aucun répit. La panique et la désorientation visibles sur les visages des survivants gardent le spectateur dans une tension habile qui ne réduit pas cette série à un concours de shoot de zombies. L’une des scènes marquantes est la dévoration de Mark Hammond par le nourrisson-zombie. La série dévoile l’horreur de la transformation d’un être au début de sa vie en mort-vivant. Sans s’attarder sur les effets spéciaux, parfois cheap, il n’en demeure pas moins que le nourrisson ne survit pas miraculeusement au milieu du cataclysme, bons sentiments obligent, et que celui que l’on présentait comme le chef sera victime de ces mêmes « bons sentiments » en voulant tuer le nourrisson mort-vivant.

Un ultime espoir au sein du chaos

La route sera semée d’embûches et de zombies jusqu’en Californie. L’ex-prisonnier, anti-héros par excellence, détient le sort de l’humanité dans ses globules rouges et cache un sombre secret qui pourrait mettre en péril la mission. Même les militaires, sans hiérarchie véritable, n’hésitent pas à éliminer des survivants trop nombreux qui mettraient en péril les faibles rations. Ce pur divertissement est jouissif car il ne fait pas dans la dentelle. Road-movie qui ne se prend pas au sérieux, Z Nation est une relecture ironique et savoureuse du genre. Elle se présente comme un cauchemar oscillant entre l’horrifique et le délirant. En complément de Walking Dead, rien n’empêche donc de se laisser séduire par cette nouvelle série où l’on ne s’ennuie pas. A voir !

Publicités